Q&R: ZIMBABWE – Combattre le choléra à peu de frais

HARARE, 26 jan (IPS) – Environ 50.000 cas de choléra ont été enregistrés au Zimbabwe par l’Organisation mondiale de la santé, et le nombre de décès s’élevait à 2.755 le 21 janvier.

Des organisations humanitaires internationales et régionales travaillent avec des agents de santé zimbabwéens et des volontaires pour ralentir la propagation de l’épidémie, mais les ressources humaines et financières sont exploitées au point de rupture. Farid Abdulkadir, directeur des opérations au Zimbabwe de la Fédération internationale des sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant Rouge, a déclaré à IPS que l’appel d’urgence au choléra de son organisation pour 9,2 millions de dollars, lancé à la fin décembre 2008, a atteint seulement 40 pour cent de son objectif. IPS: Quels sont les derniers chiffres des victimes?

Farid Abdulkadir: Actuellement, nous parlons de plus de 2.700 personnes qui sont mortes de choléra dans plusieurs parties du pays. Il y a également plus de 50.000 personnes affectées par le choléra. La pandémie est en hausse et les pluies auxquelles on assiste dans le pays ont aussi aggravé la situation. IPS: Que fait la Croix-Rouge pour maîtriser l’épidémie?

FA: Jusque-là, nous avons lancé des opérations de cholera composées de trois activités principales. La première est la promotion de l’hygiène ciblant des gens dans les écoles et les marchés sur comment prévenir et éviter d’être en contact avec le choléra. [Nous sommes en train d’expliquer] comment identifier les symptômes du choléra et ce qu’il faut faire lorsque quelqu’un les présente.

Nous avons également lancé une opération en termes d’approvisionnement en eau potable à travers la purification. Nous avons préparé deux millions de litres d’eau dans plusieurs parties du pays à travers l’unité d’urgence qui est en train de purifier l’eau avec du chlore qu’elle distribue à la communauté. La dernière composante est d’appuyer le ministère de la Santé avec des médicaments supplémentaires et d’augmenter leur capacité d’accueil à pouvoir faire face aux nombres accrus de malades dans les hôpitaux.

IPS: A quoi s’attend-on par la suite puisque l’épidémie se développe? Augmente-elle rapidement ou est-elle en voie d’être maîtrisée?

FA: La vérité est que les cas de choléra sont en croissance à cause d’un système sanitaire qui a été surexploité, d’un système hydraulique qui ne fonctionne pas correctement et des pluies qui sont en train de tomber. Comme vous le savez, le Zimbabwe est confronté à beaucoup de problèmes économiques et à un taux d’inflation qui comprend plusieurs zéros. Vous parlez de plusieurs facteurs qui entretiennent le choléra, qui est une maladie évitable et guérissable et qui est en train de tuer plus de gens qu’il ne devrait. IPS: Maintenant, vous avez affirmé que vous travaillez avec le ministère de la Santé, parlez-nous de vos relations de travail avec le gouvernement du Zimbabwe.

FA: Je peux vous dire que le personnel du ministère de la Santé travaille 24 heures sur 24 dans des circonstances difficiles pour faire face à la situation de choléra.

Il existe des faiblesses dans le système du fait des problèmes économiques, mais nous travaillons avec eux. Nous leur avons donné des allocations pour leur permettre de continuer d’aller et de venir. Ils se sentent motivés; ils sentent que les gens ne sont pas en train de les laisser seuls dans ce combat. Il y a une croissance massive des opérations à travers les deux collègues qui sont venus renforcer le système et le personnel existant qui travaille au sein du ministère de la Santé. IPS: Qu’en est-il de l’appui des autres acteurs de la communauté internationale des donateurs? Recevez-vous assez de financement?

FA: La vérité est que le niveau de notre financement est très faible. Nous avons des fonds qui peuvent nous permettre de tenir encore un mois, mais le problème est que les ressources qui arrivent sont très minimes, ce qui ralentira indéniablement l’opération. Nous devons maintenir les trois composantes de l’opération au même moment. Nous avons une qui traite de la prévention, assurant que la maladie est guérie à la source et, bien sûr, fournissant des services de santé à la communauté parce que celle-ci en a besoin et l’exige. Notre plus grand problème a été le niveau de financement auquel nous sommes confrontés, et nous encourageons toutes les communautés et les gens partout à aider le Zimbabwe à combattre le choléra. IPS: Pouvez-vous expliquer le type d’appui qu’il faut?

FA: Le soutien requis est en termes de médicaments, de produits chimiques pour la purification de l’eau, et de matériel de promotion de l’hygiène. Puis, en termes d’entretien pour les ministères de la Santé et des Ressources en Eau pour maintenir le tempo et l’énergie dans la lutte contre le choléra.