HARARE, 31 mars (IPS) – Tandis que la course aux élections générales du Zimbabwe de samedi a été entachée d'irrégularités, le processus électoral lui-même s'est relativement mieux déroulé, selon le Réseau de soutien à l'élection du Zimbabwe (ZESN), qui comprend 38 organisations de la société civile.
Les élections présidentielles, législatives, sénatoriales et municipales se sont tenues le 29 mars, la première fois que tous ces quatre scrutins sont organisés ensemble. Le président Robert Mugabe, Morgan Tsvangirai — leader de la principale faction de l'opposition, le Mouvement pour le changement démocratique — et le candidat indépendant Simba Makoni étaient les principaux candidats à la présidence, alors que 17 partis ont disputé le reste des scrutins. Le ZESN a déployé 8.000 observateurs pour surveiller le vote. Au cours d'une conférence de presse dans la capitale Harare, il a indiqué que le scrutin a été gâché par moins d'incidents de violences ouvertes que cela a été le cas pour les élections antérieures.
Ce réseau a en outre souligné qu'à travers le Zimbabwe, l'ouverture des bureaux de vote s'est faite en grande partie sans de graves problèmes, et que le processus électoral était principalement sans inconvénients : 71 pour cent du vote l'ont été sans problèmes, 26 pour cent affectés par des problèmes mineurs et trois pour cent par des difficultés majeures. Les problèmes sont liés en partie aux électeurs allant à un bureau erroné pour voter et à la présentation de documents d'identification incorrects. Le journaliste Elles van Gelder s'est entretenu dimanche à Harare avec le président du ZESN, Noël Kututwa, pour en savoir plus sur l'évaluation faite par le réseau sur le scrutin. IPS: La décision de Robert Mugabe d'autoriser la police dans les bureaux de vote, soi-disant pour aider des électeurs handicapés et illettrés, a été fortement critiquée par l'opposition. A-t-elle en fait conduit à des cas d'intimidation?
Noël Kututwa (NK) : Il y a eu une présence de la police à l'intérieur et à l'extérieur des bureaux de vote et il y a eu des rumeurs d'intimidation. Juste la présence de la police, principalement dans des régions rurales, est assez suffisante pour l'intimidation. La police du Zimbabwe est associée à la perpétration de violences, la menace les Zimbabwéens ordinaires… Si vous avez des problèmes, la police n'est pas une autorité auprès de qui vous allez rechercher protection. IPS: Y a-t-il eu des difficultés du fait du manque d'information des électeurs?
NK : L'information des électeurs a été nettement inadéquate. On nous a interdit de faire l'éducation des électeurs, donc c'était seulement la ZEC (Commission électorale du Zimbabwe) qui faisait l'éducation des électeurs, et cela était très limité. Ils ont déployé des éducateurs d'électeurs à travers le pays, mais ceux-ci n'étaient pas non plus très bien formés et donnaient de fausses informations aux électeurs. Des électeurs n'étaient pas bien préparés. IPS: Avez-vous des craintes au sujet des irrégularités dans le processus de dépouillement?
NK : Tout le monde est préoccupé. Les résultats sont en train de prendre du temps. Pour les dernières élections, les résultats ont commencé à tomber à partir de minuit du jour du scrutin. Voilà une question importante. Si les résultats sortent lundi, c'est très tard. IPS: Le retard n'est-il pas causé par le fait que quatre élections se tiennent en même temps?
NK : Non, cette élection a très bien tourné, les choses se sont très bien déroulées — même à notre surprise. Il n'y a pas eu de problèmes dans le vote, alors pourquoi devrait-il y avoir de problèmes dans le dépouillement? Le nombre le plus élevé d'électeurs à un bureau de vote dont j'ai entendu parlé jusqu'ici est de 1.500. Donc, nous espérions que les résultats s'y retrouvent. IPS: Il y avait des craintes que le nombre des bureaux de vote dans des régions urbaines — connues pour être des bastions de l'opposition — s'avèrerait trop réduit. Y a-t-il eu assez de bureaux de vote, en définitive?
NK : Oui il y en a eu.

