MAPUTO, 4 août (IPS) – Avec un taux de prévalence du VIH de plus de 12 pour cent, le Mozambique est l'un des nombreux pays africains confrontés au défi d'assurer un traitement aux citoyens qui risquent de mourir des maladies liées au SIDA.
Toutefois, le projet de construction de la toute première usine de fabrication des médicaments génériques anti-rétroviraux (ARV) peut offrir quelque espoir à cet effet. Le Mozambique bénéficie de l'assistance du Brésil dans cette initiative. Les deux pays ont signé, le mois dernier, un accord visant à examiner la faisabilité d'une telle usine. "Nous sommes actuellement au niveau du processus de la recherche du cabinet devant réaliser les études", a déclaré à IPS, Francisco Luz, conseiller à la coopération de l'ambassade du Brésil au Mozambique. "Notre engagement est d'entreprendre l'étude de faisabilité et d'aider le gouvernement mozambicain à mobiliser les fonds nécessaires pour la construction de l'usine pharmaceutique", a-t-il ajouté. Selon Martinho Dgedge, porte-parole du ministère de la Santé du Mozambique, les frais de réalisation de l'étude de faisabilité s'élèveront à environ un demi-million de dollars; l'étude durera environ 10 mois. Il a mis également en garde contre le fait que la construction de l'usine ne sera probable que lorsqu'il existera un marché tant au Mozambique qu'en dehors du pays.
"Ce qui importe, c'est de savoir si l'usine peut également vendre (ses produits) dans la région", a indiqué Dgedge. Les personnes vivant avec le VIH/SIDA ont salué la nouvelle selon laquelle des efforts évoluent pour déterminer la faisabilité d'une usine d'ARV (l'initiative a été avancée pour la première fois en novembre 2003). "Une usine de production des ARV contribuerait énormément à réduire la progression du VIH et des décès causés par des maladies liées au SIDA", a dit Arlindo Fernandes, président de l'Association Kindlimuka, une organisation qui s'occupe des personnes ayant contracté le virus.
Actuellement, 75 pour cent des membres de ce groupe comptant 500 personnes, reçoivent un traitement ARV. L'année dernière, le pays a dépensé plus de quatre millions de dollars dans le cadre de l'acquisition des médicaments du SIDA pour traiter quelque 7.000 personnes. Selon Dgedge, environ 20.000 personnes vont bénéficier des ARV au cours de l'année 2005 dans la mesure où l'Etat a fait une provision budgétaire de sept millions de dollars pour le traitement cette année. La Fondation Clinton de l'ancien président américain Bill Clinton, a également négocié avec des fabricants d'ARV génériques afin de s'assurer que le Mozambique pourra obtenir des médicaments aux meilleurs prix possibles. L'Irlande octroie aussi des fonds au pays pour acquérir des ARV. En outre, une organisation non gouvernementale italienne — la Communauté de Sant'Egidio – offre des traitements ARV aux Mozambicains. Elle assure actuellement différents types d'assistance à 9.200 personnes séropositives, dont 4.200 sont à une étape nécessitant de traitement anti-rétroviral. Dans le cadre de son Programme DREAM (Drug Resource Enhancement Against AIDS and Malnutrition), Sant'Egidio assure gratuitement aux personnes souffrant du SIDA des provisions de médicaments ARV, des suppléments alimentaires et des filtres d'eau. Le programme connaît également un taux élevé de succès dans la prévention de la transmission du VIH de la mère à l'enfant.
Toutefois, avec les niveaux d'infection au Mozambique qui s'élèvent à 500 nouveaux cas de SIDA par jour, les programmes de traitement actuellement disponibles auront des difficultés pour réduire les effets de la pandémie du VIH, qui compromet le développement dans la mesure où des agents professionnels décèdent de la maladie — tandis que des enfants deviennent des orphelins. Les statistiques officielles indiquent que le nombre de personnes vivant avec le VIH/SIDA est de 1,2 million environ. Fernandes affirme que les membres de son groupe, qui ont bénéficié des traitements ARV, ont été plus tard en mesure de mener une vie normale, mais ils continuent d'être victimes des effets de la discrimination. D'autres ont été licenciés après être tombés malades, et ils n'ont pas pu trouver de nouveaux emplois. Au cours d'une récente visite au Mozambique cependant, le président Clinton a insisté sur la promotion du traitement ARV – puisque les Mozambicains seront peu enclins à faire le test du VIH s'ils continuent de considérer le SIDA comme une condamnation à mort. "S'ils savent qu'ils peuvent être traités et vivre une durée de vie normale, cela constituera une grande motivation pour eux", a souligné le président Clinton.

