POLITIQUE-AFRIQUE DE L'OUEST: Miss et chefs d'Etat de la CEDEAO appellentau dialogue en Côte d'Ivoire

KOUMASSI, Ghana, 22 déc (IPS) – Six Miss de la CEDAO lancent un "appel pressant aux belligérants de la crise en Côte d'Ivoire pour un dialogue franc et sincère afin de sortir nos frères et sœurs de ce beau pays des souffrances qu'ils endurent".

Réunies à Koumassi, dans le nord du Ghana, du 18 au 20 décembre, pour une concertation, les six Miss des pays membres de la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'ouest (CEDEAO) ont abordé divers problèmes de la sous-région. Les Miss du Bénin, du Burkina Faso, de Côte d'Ivoire, du Ghana, du Mali et du Togo ont notamment dénoncé la persistance de la crise en Côte d'Ivoire.

Depuis le 19 septembre 2002, la Côte d'Ivoire traverse une crise politico-militaire sans précédent qui a divisé le pays en deux parties, faisant de nombreuses victimes civiles.

"Cette crise n'a que trop duré, il faut que nos frères de la Côte d'Ivoire se donnent enfin la main", déclare Murielle Agossa, Miss Bénin 2003.

"J'ai mal de voir tant de haine, j'ai le cœur meurtri devant tant d'atrocités", a souligné, presque en larmes, Georgette Badiel, Miss Burkina 2002. Selon elle, l'Afrique "est malade des guerres ravageuses". Fatoumata Traoré, Miss Mali 2002, se demande "pourquoi l'Ivoirien tuerait son frère ivoirien". "L'Afrique serait-elle condamnée dans ses bégaiements?", ajoute-t-elle.

"Nous ne devons pas rester les bras croisés face à une telle situation", indique Sheila Diogo, Miss Togo 2003, au cours de cette réunion qui a coïncidé avec le 27e sommet ordinaire des chefs d'Etat de la CEDEAO organisé à Accra, la capitale du Ghana. Le sommet des dirigeants de la CEDEAO s'est également penché sur le conflit en Côte d'Ivoire et sur les autres situations conflictuelles de la sous-région. Pour Mohamed Ibn Chambas, secrétaire exécutif de la CEDEAO, l'Afrique de l'ouest est l'une des dernières régions du monde où la pauvreté s'accroît au lieu de se résorber.

"Nous avons dépensé beaucoup d'énergie pour résoudre les conflits et restaurer la paix dans les régions troublées, pour que notre organisation régionale puisse se concentrer sur son principal objectif, le développement", s'est plaint Olusegun Obasanjo, président du Nigeria.

Selon Obasanjo, la situation en Côte d'Ivoire est encore inquiétante, le conflit s'enlise, créant des problèmes supplémentaires pour toute la communauté et les pays voisins. Il estime que les peuples iraient mieux si les ressources pouvaient être consacrées à la lutte contre la pauvreté et la misère.

Ibn Chambas avertit que le conflit en Côte d'Ivoire peut rejaillir sur d'autres pays de la sous-région, ce qui peut avoir des conséquences graves sur la paix et la sécurité dans la zone CEDEAO.

"L'image de notre sous-région, qui apparaît comme politiquement instable et déchirée par les conflits, ne reflète pas les succès admirables accomplis par la CEDEAO au cours de l'année écoulée, particulièrement dans le secteur économique", a déclaré John Kufuor, président du Ghana, qui a été réélu pour un second mandat d'un an à la tête de la communauté ouest-africaine.

A la fin de leur rencontre de Koumassi, les six Miss des pays de la CEDEAO ont rendu public un communiqué final qui dit : "Conscientes que la contribution de tous ne peut que permettre l'accélération des résultats, nous prenons l'engagement de nous impliquer davantage dans la lutte contre ces maux". "Notre sous-région a beaucoup de défis à relever et donc, il faut que nous nous donnions la main pour y arriver", souligne yannick Azébian, Miss Côte d'Ivoire 2002.

"Arrêtons de nous entretuer pour faire face aux fléaux qui déciment les populations", estime Foussena Djagba, directrice d'entreprise basée au Ghana. Elle propose que des moyens soient mis à la disposition des Miss afin qu'elle puisse mener à bien leurs actions. "C'est bien que les Miss prennent le devant des choses pour crier leur ras-le-bol face à ce qui se passe", dit-elle.

Badiel, Miss Burkina, affirme : "Nous pensons qu'on n'est pas Miss pour être Miss, notre sous-région a besoin de nous".

Les reines de beauté de l'Afrique de l'ouest s'engagent à travailler ensemble pour lutter contre les maux dont souffre la sous-région. Au cours de leur rencontre de Koumassi, elles ont débattu également du VIH/SIDA qui, selon elles, a un impact négatif sur le développement socio-économique et culturel de la sous-région. Elles ont discuté, en outre, des difficultés liées au faible taux de scolarisation des jeunes filles. "La scolarisation de la jeune fille est très importante parce qu'elle a un rôle à jouer dans la société", fait remarquer Diogo, Miss Togo.

Les Miss demandent aux chefs d'Etat et aux partenaires au développement de voir la question de plus près et de soutenir la scolarisation de la jeune fille.