ABUJA, Nigeria, 8 déc (IPS) – Les chefs d'Etat et de gouvernement ont accepté une augmentation dans le financement des initiatives de la société civile à travers un accroissement du budget de la Fondation du Commonwealth.
La Fondation du Commonwealth est une institution indépendante du Commonwealth qui appuie la société civile et des initiatives des populations dans les pays membres. La fondation commence par devenir un "Commonwealth des peuples".
La fondation a été créée en 1965, mais est devenue beaucoup plus active dans les années récentes. La conférence des chefs d'Etat et de gouvernement (CHOGM) à Coolum, en Australie, il y a deux années, lui a donné mandat pour un rôle plus puissant.
L'augmentation précise du budget n'a pas encore été annoncée, mais elle ne devrait pas être "négligeable", a indiqué un responsable. La Fondation du Commonwealth a actuellement un budget de 4,3 millions de dollars par an.
L'augmentation du budget fait suite à une présentation, par le directeur de la Fondation du Commonwealth, Colin Ball, aux chefs d'Etat et de gouvernement, vendredi.
Comme l'a fait remarquer Ball, les gouvernements doivent "reconnaître la nécessité de revoir le niveau des contributions fixées que les membres apportent en vue de créer les ressources nécessaires pour faire le travail".
Actuellement, la fondation consacre ses ressources beaucoup plus à l'appui aux priorités et tâches inhérentes aux décisions de la CHOGM, mais elles sont insuffisantes, a-t-il affirmé.
"Un accroissement modeste, avec plus de contributions volontaires des gouvernements aux activités spécifiques de la fondation, serait d'une grande assistance", a-t-il souligné.
Le président nigérian Olusegun Obasanjo, qui assurait la présidence du Commonwealth, a demandé aux dirigeants s'ils n'avaient aucune objection à l'augmentation du budget de la fondation.
Il n'y en avait aucune. Obasanjo a déclaré que cela signifiait que l'accroissement du budget était maintenant accepté.
Ball a exhorté les chefs de gouvernement à visiter le marché populaire installé au centre Yar'Adua où le Forum populaire du Commonwealth se tient.
Le marché se tenait plus comme un symbole de la présence des populations dans le processus de la CHOGM.
"Durant les trois premiers jours seulement, plus de 34.000 personnes ont visité le marché du Commonwealth", a indiqué Ball.
"Ici, et à travers notre travail durant les deux dernières années, la société civile nous demande de faire encore plus pour renforcer la qualité et l'étendue de son engagement ainsi que des partenariats avec les gouvernements et le Commonwealth", a-t-il déclaré. "Nous avons besoin de vos encouragements et nous vous conseillons d'en tenir également compte".
Les chefs de gouvernement avaient environ une heure dans leur programme pour une visite facultative du marché du Commonwealth installé par le Forum populaire du Commonwealth. "J'exhorte tous ceux qui sont présents à y participer, à voir la société civile en action et à tenir compte de leur voix et de leurs messages", a poursuivi Ball.
L'heure qui aurait pu être consacrée à cette visite a été absorbée par des réunions tardives et une cérémonie de plantation d'arbres. Mais ce n'était pas une heure dépourvue entièrement d'intérêt au marché. Les dirigeants de la Tanzanie et de la Barbade ont visité le marché tôt dans l'après-midi, et les dirigeants de la Papouasie Nouvelle Guinée et du Lesotho ont visité le centre Yar'Adua où le Forum populaire du Commonwealth a organisé la plupart de ses réunions.
Plus tôt vendredi, c'étaient les épouses qui ont visité le marché et le centre. Le Prince Philip, le mari de la Reine Elizabeth II qui est le chef officiel du Commonwealth, a visité le marché, et Cherie Blair, l'épouse du Premier ministre Tony Blair, a visité le centre Yar'Adua.
Pour les activistes de la société civile, le faible taux de participation parmi un nombre total de 54 chefs de gouvernement était une indication supplémentaire que la plupart des dirigeants avaient plus de temps pour la politique et les affaires que pour les activités directes des populations.
Les groupes de la société civile tentent de se faire comprendre par les chefs de gouvernement, même s'ils ne peuvent pas les rencontrer.
"Plusieurs déclarations, rapports et communiqués vous parviendront sur ces activités", a déclaré Ball. "J'espère que dans votre propre communiqué, les dirigeants reconnaîtront ces contributions et rassureront ainsi la société civile que sa voix est en train d'être entendue".
A part l'acceptation d'une augmentation des fonds, les chefs de gouvernement ont accepté un "cadre d'action" proposé par la fondation. Ce cadre prévoit la reconnaissance à la société civile "des contributions positives et essentielles qu'elle apporte au développement et à la démocratie".
Il envisage le renforcement de la société civile, plus de participation citoyenne dans la gouvernance et une plus grande facilitation de la contribution de la société civile aux priorités du Commonwealth.

