LIBREVILLE, 18 juil (IPS) – Les pays membres l'Association de gestion des ports de l'Afrique de l'ouest et du centre (AGPAOC) se sont réunis à Libreville, au Gabon, pour se pencher sur l'évolution de la sécurité et de l'environnement des places portuaires sous-régionales.
Face à la redistribution des trafics imposée par les grands armements et pour rendre compétitifs les ports africains, les problèmes de sécurité ont été examinés, à l'occasion des réunions semestrielles des comités techniques, par une cinquantaine de délégués venus de 14 pays, du 28 au 25 juin.
L'un des principaux problèmes évoqués à Libreville est la question de la sécurité qui prend des proportions différentes selon les pays car les ports abritent une grande diversité d'acteurs.
Le secrétaire exécutif de l'AGPAOC, Fernand J. Gauze, a expliqué à IPS que "Les ports abritent des entreprises publiques et des opérateurs privés que sont les transitaires, des sociétés d'acconage, de manutention, de gardiennage et les chargeurs. Tout ceci attire du monde".
Interrogé sur les mesures urgentes à prendre, Gauze a déclaré : "Il faut gérer l'environnement portuaire, limiter les risques d'incendies de même qu'il faut assurer la prévention des accidents qui pourraient mettre en péril les personnes et les biens".
"Aujourd'hui, sont apparues de nouvelles formes d'insécurité dans les ports avec des actes de piraterie en mer ou en rade, qui exigent qu'une nouvelle approche concertée soit mise en œuvre pour éradiquer ces phénomènes", estime Gauze.
"Dans le contexte d'économie mondialisée où les transports maritimes internationaux en général et les ports en particulier occuperont une place de plus en plus incontournable dans les échanges de biens et de services entre les peuples et les nations, le développement de la solidarité portuaire jouera un rôle d'intégration économique dans la sous-région et à l'échelle du continent africain tout entier", affirme-t-il.
Selon Gauze, la modernisation des ports africains, cadres privilégiés des échanges Sous-régionaux et mondiaux, conditionne le regain d'activités des opérateurs économiques.
Avec l'appui technique de l'Organisation maritime internationale, une agence spécialisée des Nations Unies, les experts africains en sécurité maritime ont échangé leurs expériences en matière de lutte contre le terrorisme de mer, les trafics de stupéfiants, la gestion des passagers clandestins embarqués dans les navires, etc.
Parmi les mesures prises à la rencontre de Libreville, figure la protection de l'environnement et de l'exploitation des ports. Par exemple, la Côte d'Ivoire utilise la modélisation numérique et mathématique dans la conception des ouvrages portuaires et le Togo a fait profiter de son expérience de la maintenance assistée par ordinateur.
Les participants ont également décidé de coordonner la lutte contre le trafic des stupéfiants, le terrorisme en haute mer et la gestion des passagers clandestins embarqués sur les navires. Pour conforter la sécurité, de nouvelles normes internationales de formation vont être introduites dans les écoles nationales de la marine marchande. Les délégués ont en outre adopté "une stratégie sous-tendue par des objectifs d'efficacité et de rentabilité nécessaires pour toute activité économique" et visant à assurer le bon accès des navires dans les ports, condition préalable au développement des activités portuaires. La lutte contre la pollution du littoral sera également renforcée.
Pour le chargé des projets de l'AGPAOC, Théodore Ngatchou, "nul n'ignore que les problèmes de sécurité dans et autour de nos ports sont importants.
Les échanges d'expériences et d'informations ont laissé apparaître que les moyens mobilisés par les différents Etats étaient limités au regard des défis qui s'imposent, d'autant que les problèmes de sécurité sont multiples".
En France, par exemple, après une hausse des moyens d'engagement de plus de 60 pour cent en 2001, les crédits de paiement en faveur de la sécurité maritime augmenteront de 23 pour cent en 2002, pour atteindre 14,5 millions d'euros.
"Mais la formation est aussi un gage de sécurité et d'efficacité. Pour atteindre cet objectif, les pays africains ont convenu de renforcer et de développer le service public de l'éducation maritime afin de préparer et de conforter la sécurité maritime de demain", a souligné le ministre gabonais de la Marine marchande, Félix Sybi.
Il a insisté sur les nouvelles formes d'insécurité dans les ports, avec des actes de piraterie en mer ou en rade, pratiqués au Gabon et au Nigeria ainsi que sur les nouvelles nuisances liées à l'activité industrielle en zone portuaire. Sybi a appelé aussi à une "nouvelle approche concertée' pour éradiquer ces menaces.
Avec l'accélération de la modernisation des ports, le trafic portuaire attire différents corps de métiers car il est créateur d'activités et d'emplois.
Une réunion similaire s'est tenue à Douala, au Cameroun, en avril dernier pour harmoniser les procédures de sécurité dans les ports de la sous-région.
L'AGPAOC est dotée d'un budget de 250 millions de francs CFA (environ 357.143 dollars US). Elle a été créée en octobre 1972 sous l'égide de la Commission économique des Nations Unies pour l'Afrique (CEA) et se compose aujourd'hui de 23 autorités portuaires réparties sur 20 pays côtiers africains allant de la Mauritanie à l'Angola.

