SANTE-ZIMBABWE: Des groupes accueillent favorablement la déclaration deguerre au SIDA

HARARE, 31 mai (IPS) – Des groupes de soutien ont accueilli favorablement la décision du gouvernement de décréter une période d'état d'urgence de six mois pour combattre le VIH/SIDA responsable de 2.000 morts par semaine au Zimbabwe.

"Nous apprécions l'action, même si elle s'est fait attendre depuis longtemps. Il est temps maintenant que nous œuvrions ensemble pour nous assurer que les médicaments et autres fonds sont donnés aux personnes qui les méritent. Il nous faut également travailler ensemble dans la lutte contre le VIH/SIDA parce qu'en tant qu'individus, nous savons que nous avons échoué", déclare Tendayi Chimusoro, coordonnateur du Family AIDS Caring Trust (FACT).

Le FACT est une organisation non gouvernementale (ONG) basée à Masvingo, une ville située à environ 293 kilomètres au sud-est de la capitale du Zimbabwe, Hararé.

Fanuel Simon, un enseignant résidant à Hararé, a également bien accueilli la décision. "C'est une mesure que le gouvernement aurait dû prendre bien avant", indique-t-il.

"C'est une mesure positive de la part du gouvernement. Toutes les personnes infectées par le virus ont maintenant de l'espoir", affirme un résident de Hararé vivant avec le virus depuis trois ans.

Entre 20 et 25 pour cent des 13 millions d'habitants du pays sont infectés par le virus, selon le Programme national de contrôle du SIDA du Zimbabwe (NACP). Des reportages récents des médias ont affirmé que 3.500 jeunes étaient infectés chaque jour par le virus au Zimbabwe.

"Les gens doivent également changer leurs comportements et aller pour des conseils et des tests gratuits afin d'empêcher une propagation continue de la maladie", ajoute le résident de Hararé qui a requis l'anonymat.

La déclaration de lundi arrive tout juste 24 heures après que le gouvernement a été sommé de jeter un "regard critique sur la pandémie du VIH/SIDA".

'The Daily News', un journal indépendant, a cité le leader de la jeunesse, Nelson Chamisa, du parti de l'opposition, le Mouvement pour le changement démocratique (MDC), pour qui le gouvernement n'a pas fait preuve d'autorité dans sa manière d'attaquer la pandémie comme on l'aurait espéré d'une administration responsable.

Pour contenir la propagation du virus, le Zimbabwe offre de la Nevirapine, un médicament dont on sait qu'il réduit le risque de la transmission mère-enfant de 50 pour cent. Une firme allemande, Boehringer Ingelherm, fournit les médicaments qui sont distribués gratuitement dans 35 centres à travers ce pays d'Afrique australe.

Selon le Fonds de développement des Nations Unies pour la femme (UNIFEM), on estime qu'un tiers de la totalité des femmes du Zimbabwe sont porteuses du virus qui cause le SIDA.

La déclaration permettra aussi au gouvernement et à d'autres agents autorisés d'importer des médicaments génériques qui serviront dans la gestion des maladies opportunistes liées au SIDA.

Les médicaments génériques servent à arrêter la multiplication du virus VIH, aidant ainsi à améliorer la condition des personnes vivant avec le VIH/SIDA.

Selon le ministère de la Santé et de la Protection de l'Enfant, la déclaration d'état d'urgence est conforme à l'accord sur les Droits de propriété intellectuelle liés au commerce (TRIPS) qui, jusqu'ici empêchaient le pays d'utiliser certains médicaments.

Le TRIPS est un cadre juridique international qui donne aux firmes pharmaceutiques multinationales le droit de contrôle commercial sur les médicaments essentiels utilisés dans le traitement et le suivi des maladies telles que le paludisme, la tuberculose (TB) et le VIH/SIDA.

Le VIH/SIDA est la cause principale de décès en Afrique subsaharienne, selon le Programme conjoint des Nations Unies sur le VIH/SIDA (ONUSIDA).

L'organisme estime que 2,3 millions de personnes sont mortes en Afrique des maladies liées au SIDA en 2001.