ENVIRONNEMENT: Le sommet mondial fournira des aliments organiques aux délégués

JOHANNESBURG, 28 mai (IPS) – Les aliments organiques – plantes et viande produites sans engrais artificiels ou les Organismes génétiquement modifiés (OGM) – seront au menu pour les quelque 60.000 délégués qui prendront part au Sommet mondial pour le développement durable (SMDD) en Afrique du Sud, en août.

"Notre but est de donner l'occasion aux délégués de manger des aliments organiques au cours de grands sommets et d'expliquer les avantages d'une telle chose — pour notre corps et pour notre planète", indique l'Association des planteurs (de produits) organiques, Jeremy Burnham.

Les chiffres sont vagues à ce stade, mais l'association pense qu'elle pourrait avoir à fournir entre 5.000 et 15.000 repas organiques par jour, durant le sommet.

Bien qu'on dise qu'août et septembre sont les pires mois de l'année pour produire les légumes organiques en Afrique du Sud, ils envisagent de fournir les salades, les potages, le pain, la viande, le thé, le café, les produits laitiers et même le sucre, aux délégués.

Toutefois, il n'y aura pas que de la nourriture organique au SMDD, diverses associations vont également entrer en compétition avec d'autres traiteurs pour obtenir le soutien des délégués.

Le projet d'alimentation organique fait partie de l'initiative "Verdir le SMDD" – qui vise à s'assurer que le sommet est organisé d'une manière favorable à l'environnement – et que l'entrée de plus de 60.000 délégués dans Johannesburg n'abîmera pas les ressources naturelles de la ville.

L'initiative "verdir le SMDD" a été officiellement lancée à Johannesburg le 23 mai.

"Ce qui est aujourd'hui appelé aliment 'ordinaire' contient une variété d'additifs qui sont au moins suspects pour la santé et peuvent être tout à fait toxiques. Et la manière dont les aliments 'ordinaires' sont produits directement, attaque les systèmes naturels, d'abord dans le sol, ensuite dans nos rivières et l'eau souterraine, et finalement dans nos océans", explique Burnham.

Il fait remarquer que les engrais artificiels pourraient permettre aux fruits et légumes de pousser plus rapidement, d'être plus gros et plus verts qu'ils ne le seraient naturellement – et de durer plus longtemps sur les rayons des magasins. Mais, la capacité de ces fruits et légumes à absorber les oligo-éléments est considérablement réduite, avec pour conséquence un produit d'une valeur nutritive sensiblement moins élevée.

Et, tandis que les herbicides et pesticides sont supposés faire pousser les fruits et légumes avant le temps de la récolte, il a été démontré qu'une exposition prolongée à ces herbicides et pesticides a des effets considérables sur la santé des populations, selon certaines études, affirme Burham.

La viande "ordinaire" provient des animaux qui mangent du fourrage cultivé avec les mêmes engrais artificiels et s'ils sont produits dans une unité d'alimentation ou un système en batterie – comme le sont les 80 pour cent de toute la viande sud-africaine – ils sont systématiquement nourris avec un cocktail d'hormones et d'antibiotiques.

Ces additifs – qui sont supposés passer à travers leurs systèmes avant que leur viande n'arrive dans nos plats, ne le font pas – et se concentrent en fait dans le tissu gras, explique Burnham.

Les additifs abîment également les organismes vivants complexes qui soutiennent le sol du monde, le laissant si déprécié qu'il requiert plus d'engrais chimiques que jamais pour faire pousser les plantes. Les voies navigables et les aquifères ont été pollués avec l'eau provenant de ces produits chimiques, empoisonnant les rivières et les océans, avertit-il.

L'Afrique du sud est l'un des rares pays au monde où le gouvernement supporte l'utilisation des OGM pour accroître la qualité et la quantité des cultures alimentaires.

Le Département national d'agriculture (NDA) soutient que l'Afrique du sud est loin d'être un pays idéal pour la production des cultures. Moins de 15 pour cent de sa terre est arable et il y a de sérieuses contraintes climatiques – telles que les sécheresses périodiques. Malgré ces conditions, la productivité de la terre doit augmenter pour assurer la sécurité alimentaire à sa population sans cesse croissante, indique le NDA.

Le Département croit que les plantes peuvent être modifiées pour accroître leur résistance aux maladies et aux insectes qui sont capables de détruire ou de d'abîmer sérieusement les cultures. Ceci accroît non seulement le rendement de ces plantes, mais réduit également le besoin en pesticides.

L'utilisation réduite de pesticides implique la diminution de la pollution et l'augmentation de la sécurité pour les travailleurs des fermes et les riverains, ainsi que la réduction des nuisances à la vie animale, fait remarquer le NDA.

Les plantes peuvent également être modifiées pour améliorer leur goût et leurs qualités nutritionnelles, qui peuvent jouer un rôle important dans la lutte contre les maladies de carence chez des millions de personnes. Pour s'assurer qu'elles sont égales ou meilleures sur tous les plans au produit conventionnel, des laboratoires indépendants analysent soigneusement tous les aliments génétiquement modifiés, selon le département.

Mais, pour Burnham qui n'est pas convaincu par ces promesses, le SMDD offre une occasion idéale de promouvoir les aliments organiques qui ne contiennent aucun additif.

"Déjà, un réseau d'organisation et de communications a été mis en place pour fournir et commercialiser les aliments organiques à l'occasion d'événements majeurs. Cette organisation soumissionnera pour de pareils événements à l'avenir, à condition que les choses se passent raisonnablement bien à ce sommet", ajoute Burnham.