DEVELOPPEMENT: Le Zimbabwe importe du maïs d'Asie et d'Amérique latine

HARARE, 29 avr (IPS) – Le Zimbabwe, autrefois exportateur de céréales, importe actuellement du maïs d'Asie et d'Amérique latine comme la pénurie alimentaire – provoquée par des pluies irrégulières et la confiscation des fermes par des milices pro-gouvernementales – s'aggrave.

Le maïs jaune que le gouvernement a été obligé d'importer viendra de Chine, du Brésil, de l'Argentine, du Kenya et d'Afrique du Sud.

"La diminution des stocks de maïs en Afrique du Sud d'où le Zimbabwe importait du maïs blanc", a rendu "inévitable" au pays "l'importation du maïs jaune", a indiqué l'Office de commercialisation des grains appartenant à l'Etat, dans une déclaration rendue publique la semaine dernière.

Le maïs jaune – utilisé dans le temps pour nourrir le bétail – viendra comme une aide alimentaire à 600.000 villageois affamés.

"Nous n'aimons peut-être pas le maïs jaune, mais nous n'avons pas d'autre alternative. Il vaut mieux avoir du maïs jaune que de mourir de faim", déclare un homme qui faisait la queue pour l'huile de cuisine devant un supermarché de la capitale Hararé.

Devant les supermarchés, à travers le Zimbabwe, de longues queues tortueuses pour les denrées de première nécessité – telles que le sucre, la farine de maïs et l'huile de cuisine – se forment tôt le matin jusqu'au soir. La majorité des clients rentre souvent à la maison les mains vides.

Dans une atmosphère de pénurie, des gens très perspicaces en matière de commerce, font de bonnes affaires, doublant les prix des supermarchés.

Le manque de denrées essentielles a été en partie déclenché par la décision du gouvernement, l'année dernière, d'imposer des contrôles de prix et de se lancer dans un programme controversé de réforme agraire.

Le programme, aux termes duquel le gouvernement saisit les terres des fermiers commerciaux blancs et les donne aux Noirs sans terre, a "interrompu" les activités agricoles.

Les Blancs, qui constituent moins d'un pour cent des 14 millions de Zimbabwéens, possédaient plus de 70 pour cent des meilleures terres arables, avant le démarrage du programme de la réforme agraire il y a deux ans.

Le gouvernement promet de récupérer plus de 90 pour cent des terres appartenant aux fermiers blancs pour y établir des Zimbabwéens noirs.

Dans sa dernière prévision actualisée, le Réseau du système d'alerte à la famine (FEWSNET), basé aux Etats-Unis, a indiqué que le Zimbabwe serait confronté à une autre famine l'année prochaine.

"Alors que le Zimbabwe est en train de voir venir la fin de la période sèche actuelle de 2001/2002, on craint que la saison de 2002/2003 soit peut-être déjà une autre sécheresse", souligne-t-il.

Selon le FEWSNET, les chaudes températures de la surface de la mer dans l'Océan Pacifique, habituellement associées à une pluviométrie insuffisante en Afrique australe, commencent à monter.

Bien que les organisations humanitaires nourrissent environ 600.000 villageois affamés, le FEWSNET estime que le nombre de personnes ayant besoin d'aide alimentaire pourrait s'élever à 2,5 millions à partir de juin 2002.

Le Zimbabwe a besoin d'importer jusqu'à 600.000 tonnes de maïs pour compléter la production intérieure qui a chuté de façon aiguë à moins de 1,5 million de tonnes à la saison 2000/2001, contre 2,04 millions précédemment.

Les Nations unies, à travers le Programme alimentaire mondial (PAM), essaient de mobiliser 83 millions de dollars US requis pour l'aide alimentaire au Zimbabwe.

Moins d'un tiers de l'aide a été assuré depuis les Etats-Unis et la Grande-Bretagne qui ont offert à deux une assistance d'une valeur d'au moins 20 millions de dollars US.