POLITIQUE-AFRIQUE DU SUD: Des querelles intestines entravent le prochainsommet onusien

JOHANNESBURG, 27 mars (IPS) – Des querelles intestines et des divisions politiques au sein des organisateurs continuent d'entraver les préparations du Forum de la société civile du Sommet mondial pour le développement durable (SMDD) prévu en août à Johannesburg, en Afrique du Sud.

Près de 70.000 délégués d'organisations non gouvernementales (ONG) sont attendus au Forum qui se déroulera en même temps que le SMDD.

Le SMDD des Nations unies est un événement gouvernemental officiel où les dirigeants tenteront de parvenir à un accord sur l'amélioration des niveaux de vie des pauvres du monde et de protéger l'environnement mondial – au même moment.

Près de 20.000 délégués et 183 chefs d'Etat ont été invités à prendre part à ce sommet.

Le Forum de la société civile a pour but de donner aux citoyens ordinaires, aux organisations non gouvernementales et aux organisations communautaires, une plate-forme d'où ils peuvent faire leurs suggestions sur la manière dont le développement durable devrait fonctionner. L'objectif est d'élargir le soutien pour les accords, qui pourrait être obtenu au SMDD, au-delà de celui des gouvernements.

Le Forum est en train d'être organisé par un secrétariat de la société civile, qui est chargé de prévoir le transport et l'hébergement des délégués, les salles de réunions, l'enregistrement et l'accréditation pour la rencontre par les représentants des communautés et des organisations, entre autres.

Mais, les préparations pour le Forum de la société civile commencent par accuser beaucoup de retard. Dans une dernière mésaventure, la Coalition d'ONG sud-africaines (SANGOCO) a suspendu le chef du secrétariat exécutif, Jacqui Brown, de son poste.

Les Nations unies avaient demandé à la SANGOCO de mettre en place le secrétariat et un comité de gestion qui superviseraient son travail.

"La SANGOCO va lentement vers le nettoyage de l'organe responsable de l'organisation administrative de la section société civile du prochain SMDD.

La première étape vers ce nettoyage a été la suspension immédiate de Brown, si on considère les conclusions d'un audit légal commandé par l'Agence nationale de développement d'Afrique du Sud (NDA), un important bailleur du secrétariat. Le président du SANGOCO, Zakes Hlatshwayo, agira en qualité de directeur général intérimaire du secrétariat", indique la SANGOCO dans une déclaration.

Brown a été présentée avec une liste d'accusations, y compris plusieurs chefs d'accusation de mauvaise gestion par rapport à son incapacité présumée à suivre les politiques et procédures approuvées relatives à divers paiements venant du budget du SMDD, dont plusieurs ont exposé le secrétariat à des amendes inutiles et autres conséquences sérieuses.

Plus sérieusement, son incapacité à gérer correctement le contrat de donateur avec le NDA, a compromis de futurs financements de tout le processus de la société civile, entraînant le gel de fonds alloués par plusieurs bailleurs au processus de la société civile du SMDD. Le secrétariat a un budget de 450 millions de rands (environ 40 millions de dollars US) pour son travail.

L'action de la SANGOCO est entièrement soutenue par le Forum de la société civile du SMDD récemment constitué de plusieurs partenaires – y compris le Congrès des syndicats sud-africains (COSATU) fort de 1,8 million de membres et les organisations civiques nationales d'Afrique du Sud (SANCO), souligne la déclaration.

Brown a rejeté les accusations, et le Réseau des services de développement rural (RSDN) – une ONG sud-africaine, que Brown a beaucoup approché dans son travail pour le secrétariat – a accusé le gouvernement sud-africain d'utiliser le COSATU et la SANCO pour manigancer son limogeage.

Le RSDN est idéologiquement opposé aux politiques gouvernementales en matière de développement et d'économie. Il a rejeté les plans du gouvernement pour la promotion d'un Nouveau partenariat pour le développement de l'Afrique (NEPAD) – un programme pour relancer le développement économique et réaliser la stabilité politique en Afrique – au SMDD, estimant que c'est une tentative d'exporter les politiques économiques – relativement conservatrices – d'Afrique du Sud vers le reste du continent.

Même si le COSATU est opposé aux politiques économiques du gouvernement, il a traditionnellement été son proche allié politique.

"C'est la seconde suspension de Brown pour des allégations de mauvaise gestion. Le RSDN avait, conjointement avec le SANGOCO en novembre 2001, nommé un enquêteur indépendant qui avait lavé le chef du secrétariat exécutif d'allégations similaires.

"Nous avons remarqué que la suspension est basée sur un audit légal entrepris par l'Agence nationale de développement. Nous comprenons par ailleurs que l'Agence nationale de développement est un organe gouvernemental. La suspension du chef du secrétariat exécutif est alors suspecte, étant donné l'implication directe des organes gouvernementaux à tous les niveaux des affaires de la société civile", affirme le directeur du RSDN, Edward Cottle.

Mais, bien que le gouvernement sud-africain ait indiqué qu'il était préoccupé par la lenteur dans les préparations du Forum de la société civile, il a pris grand soin de rester en dehors de ce qu'il considère comme une lutte des ONG.

Le COSATU et la SANGOCO ont indiqué que même s'ils peuvent coopérer avec le gouvernement en vue d'accélérer les préparations logistiques du forum, ils s'assureront que la rencontre de la société civile reste indépendante.