FREETOWN, 12 mars (IPS) – Le principal groupe rebelle de la Sierra Leone, le Front révolutionnaire uni (UNI), semble être dans le désarroi et manifestement mal préparé pour les élections générales de mai.
Au début de la semaine dernière, l'ancien président du RUF, Foday Sankoh, a été inculpé de 70 chefs d'accusation de meurtre et accusé par le gouvernement devant le magistrat de Freetown Deen Tarawalli, avec 49 de ses partisans.
Ceci met effectivement Sankoh dans l'incapacité de prendre part aux élections malgré l'insistance des rebelles pour qu'il soit leur candidat à la présidentielle.
Réagissant à cette tournure des évènements, le chargé des Relations publiques du RUF, Eldred Collins, a indiqué à IPS mercredi dernier : "Nous (RUF) espérions que notre chef serait libéré à temps pour prendre part aux élections présidentielles de mai".
"Maintenant, nous avons de grosses difficultés pour organiser une convention nationale et nommer un nouveau candidat présidentiable", a-t-il ajouté.
I y a deux semaines, le président Ahmed Tejan Kabbah a levé l'état d'urgence, qui était en vigueur depuis quatre ans et qui donnait au président de pleins pouvoirs pour ordonner la détention de toute personne ou groupe de personnes qu'on pensait être une menace à l'ordre public et à la tranquillité.
Les règlements de l'état d'urgence ont effectivement limité la possibilité pour l'opposition, y compris le parti du RUF, de battre campagne en direction des électeurs. Par ailleurs, l'ancien mouvement rebelle est à court d'argent et semble incapable de financer sa propre campagne électorale.
Mike Lamin, un haut responsable du RUF, a affirmé que le gouvernement et la communauté internationale les bloquait en leur refusant le fonds spécial proposé pour la transformation du RUF en un parti politique. Un accord de paix, qui a été signé entre le gouvernement et le RUF en mai 1999, prévoit un fonds spécial pour les rebelles, mais il tarde à venir depuis.
Les rebelles disent maintenant qu'ils veulent se rendre à l'extérieur du pays pour solliciter des fonds "auprès de nos amis à l'étranger".
Mais les Nations unies ont interdit les voyages à l'étranger pour les hauts responsables du RUF, depuis qu'ils étaient entrés en conflit contre le chef intérimaire Sesay, et cela a divisé les rebelles en deux camps.
"La situation de leur parti pourrait être mieux défendue dans le monde par Massaquoi qui à beaucoup plus d'autorité et est éloquent", a commenté le politologue Joseph Kamara à Freetown, la capitale sierra-léonaise.
L'avenir n'est manifestement pas rose pour le RUF, une situation qui ne s'est nullement améliorée avec la détention continue de Sankoh qu'on croit être la force unificatrice du mouvement rebelle.
"Pour ce que je vois, le RUF est fini. Il ne pourrait pas avoir un RUF fort sans Sankoh", conclut Kamara.

