DEVELOPPEMENT: Vers la création d'un bureau de l'ONU pour suivre les nations les plus pauvres

NATIONS UNIES, 27 nov (IPS) – Le secrétaire général des Nations unies, Kofi Annan, est en train de créer un nouveau poste de haute responsabilité qui aurait, entre autres fonctions, le contrôle du sort des 49 Pays les moins avancés (PMA), les plus pauvres parmi les pauvres du monde.

La proposition de création du nouveau poste de Haut représentant des Nations unies avait précédemment été soumis lundi à l'approbation de l'Assemblée générale composée de 189 membres. Ceci est considéré comme une formalité puisque la conférence des Nations unies sur les PMA, tenue à Bruxelles en mai dernier, avait recommandé la création de ce poste.

En plus des PMA, le Haut représentant suivra également les pays en développement du monde n'ayant pas accès à la mer et les petits Etats insulaires en développement. Il y a certains points communs entre les trois catégories de pays.

Le porte-parole des Nations Unies Fred Eckhard a indiqué aux journalistes lundi que le Haut représentant occuperait le rang de sous- secrétaire général, une position en dessous de celui de secrétaire général adjoint dans la hiérarchie de l'ONU.

Le bureau du Haut représentant sera situé au siège des Nations unies à New York.

Actuellement, toutes les questions liées aux PMA entrent dans les attributions de la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (CNUCED) à Genève.

Le premier Haut représentant viendra très probablement de l'un des PMA bien que plusieurs pays occidentaux aient postulé pour la fonction, qui arrive avec un salaire annuel de plus de 151.000 dollars.

Annan, dans un rapport à l'Assemblée générale, a indiqué que le Haut représentant serait responsable seulement de la coordination et du rapport ainsi que du plaidoyer et de la collecte de fonds pour mettre en application le plan d'action PMA adopté à la conférence de Bruxelles. Toutes les fonctions de coopération technique et analytique continueraient d'être assumées par d'autres organisations dans le système des Nations unies, y compris la CNUCED, conformément à leurs mandats.

"La communauté internationale a la responsabilité d'adopter les mesures de soutien nécessaire pour inverser la marginalisation des Etats les moins avancés, enclavés et des petits Etats insulaires en développement et de promouvoir leur intégration rapide dans l'économie mondiale", a déclaré Annan.

Dans un rapport publié en avril dernier, la CNUCED affirme que les nations les plus riches du monde continuent de manquer à leurs promesses consistant à apporter une aide au développement accrue et un allègement de dette aux PMA.

Dans son "Rapport sur le commerce et le développement en 2001", la CNUCED a dit que l'aide publique au développement (APD) aux PMA s'élevait seulement à 0,05 pour cent du Produit national brut (PNB) de 1997 à 1999 – de très loin inférieur au ratio cible de 0,15 pour cent fixé à la seconde conférence des Nations unies sur les PMA à Paris en 1990.

"C'est également seulement la moitié de ce que c'était au début des années 90, malgré les engagements pris par les donateurs d'accroître l'aide aux PMA", a indiqué la CNUCED.

Parmi les membres de l'Organisation pour la coopération économique et le développement (OCDE) qui s'étaient engagés à accroître l'aide, seulement cinq ont atteint l'objectif de 0,15 pour cent en 1999 : le Danemark (0,32 pour cent), le Luxembourg (0,16 pour cent), les Pays-Bas (0,16 pour cent), la Norvège (0,30 pour cent) et la Suède (0,17 pour cent).

Le programme d'action adopté à Bruxelles a plaidé pour "une inversion des tendances déclinantes dans les flux de l'APD et la réalisation rapide des objectifs de l'APD fixés pour les PMA au plus tard en 2005, et l'amélioration de l'efficacité de l'aide aux PMA à travers, entre autres, le déblocage de l'aide".

La conférence a également lancé un appel pour une résolution de la crise de la dette "par l'apport d'un allègement de dette étendu et immédiat à tous les PMA, y compris à travers l'annulation totale de la dette".

En outre, elle a demandé la fourniture de "l'accès sûr et prévisible au marché à travers l'accès libre, sans quotas et sans taxe, pour tous les produits pendant une période spécifiée, qui permettrait de participer effectivement à l'économie mondiale".

La conférence de Bruxelles était la troisième dans la série. Les deux premières séries de discussions s'étaient tenues à Paris, en 1981 et en 19990.

Dans son introduction, le Programme d'action de Bruxelles indiquait que "à cause de l'APD en baisse, du poids élevé de la dette et des marchés de matières premières en effondrement, le développement économique des PMA n'a pas été pour le mieux, et la mise en oeuvre du programme d'action pour les années 90 était loin d'être satisfaisante, avec plusieurs buts et objectifs non réalisés".

Selon la CNUCED, les PMA sont les principales "poches de pauvreté" dans l'économie mondiale. Puisque les économies locales dans ces pays sont insuffisantes pour atteindre un rythme de développement plus rapide, ils continuent de dépendre de la finance externe, et notamment des flux de capitaux publics, pour le financement de leur développement.

Depuis 1971, où l'Assemblée générale a, pour la première fois, désigné 24 nations en qualité de PMA, le nombre n'a cessé de croître, atteignant 49 en avril dernier.

Sur les 49 PMA, 34 sont en Afrique. Ces pays vont de l'Angola au Mozambique, en passant par l'Ouganda et la Zambie. Parmi les 15 PMA restants, il y a neuf pays d'Asie, cinq du Pacifique et un des Caraïbes.

Jusqu'ici, un seul pays, le Botswana, est passé du rang de PMA à la catégorie de pays en développement réel.

Les seuils pour l'inclusion dans la liste des PMA incluent : une population de moins de 75 millions, un Produit intérieur brut par tête d'habitant (PIB) de 799 dollars ou moins et un Indice de qualité physique de vie améliorée (combinant la santé, la nutrition et l'éducation) de 47 ou moins. Un pays doit remplir tous ces critères pour être désigné comme un PMA.