DEVELOPMENT: Le Sommet du Millénaire va-t-il réduire la pauvreté et créer de nouveaux emplois ?

NATIONS UNIES, Sep 8 (IPS) – L'ouverture, mercredi, d'un sommet
aux Nations
Unies, décrit comme le plus grand rassemblement des chefs d'Etat
du monde, a
été dominée par une litanie de plaintes venant des nations les
plus pauvres.

L'un après l'autre, les intervenants ont exprimé leur
préoccupation sur
l'élargissement du fossé entre les riches et les pauvres, la
marginalisation
de l'Afrique et l'incapacité de la communauté internationale à
faire face à
ses engagements vis-à-vis des nations les plus pauvres.
Annonçant la couleur politique du sommet, le Président guyanais
Bharrat
Jagdeo, a déclaré que lorsqu'il retournera dans son pays, ses
populations
lui demanderont : "Que nous a apporté ce sommet ?" Servira-t-il
à combler
les lacunes du développement et des progrès technologiques ?"
"J'aimerais pouvoir répondre positivement à ces préoccupations et
leur
assurer que le nouveau millénaire leur apportera la paix et la
prospérité",
a-t-il déclaré devant plus de 150 chefs d'Etat et de gouvernement
présents à
l'ouverture du Sommet du Millénaire.
Mais Jagdeo ne nourrissait aucune illusion de rédemption
instantanée. "Je
sais, toutefois, que les espoirs et les promesses de cet évènement
ne seront
réalisés que s'il y a une détermination forte et partagée par tous
les
Etats, pour créer un nouvel ordre mondial humain libéré de la peur
et du
besoin", a-t-il ajouté.
Le sommet de trois jours, prend fin ce vendredi, avec l'adoption
d'une
Déclaration historique du Millénaire qui projette une vision
mondiale pour
le 21ème siècle.
Le président Sam Nujoma de la Namibie a déclaré que "la
disparité
fragrante entre le Nord et le Sud est la question la plus brûlante
de
l'heure". Les Nations Unies, dit-il, ont un rôle critique à jouer
dans la
réduction de cette disparité. "C'est la question fondamentale que
le Sommet
du Millénaire doit aborder, a-t-il indiqué.
Lester Bird, Premier Ministre d'Antigua et Barbuda, a critiqué la
Banque
Mondiale, le Fonds Monétaire International (FMI) et les nations
industrialisées du monde pour les injustices économiques infligées
aux pauvres.
"N'est-ce n'est pas affligeant que, bien que 25 pays aient été
identifiés
par le FMI et la Banque Mondiale pour bénéficier d'ici la fin de
cette année
de l'Initiative des Pays Pauvres Très Endettés (PPTE)- une
initiative très
vantée – aucun de ces pays n'a encore bénéficié de cet avantage en
espèces"
dit-t-il.
Le programme économique et politique du monde est maintenant conçu
par une
poignée de puissants gouvernements, a-t-il fait remarquer. Le
Groupe des
Sept – les Etats unis, la Grande Bretagne, la France, l'Allemagne,
l'Italie,
le Canada, le Japon – s'est arrogé à lui seul, non seulement le
rôle de
décideur politique du monde, mais aussi celui de gendarme du
monde", a-t-il
ajouté.
"Et, il apparaît qu'en s'arrogeant ce rôle, les membres du Groupe
des Sept
a été motivé par les petits intérêts politiques nationaux au
détriment des
plus grands intérêts de la croissance économique mondiale et de la
stabilité
politique internationale", a déclaré Bird.
Même les Nations Unies, "le siège des plus hautes aspirations de
l'humanité" est marginalisé par les diktats de quelques-uns
uns", a-t-il
ajouté.
Le président colombien Andres Pastrana a déclaré que dans un monde
qui se
globalise de plus en plus, le commerce et les finances ne peuvent
pas se
permettre de perdre de vue l'Homme et ses besoins. "En Amérique
latine et
aux Caraïbes, il y a plus de 200 millions de pauvres qui espèrent
partager
les bénéfices du progrès. Et nous ne pouvons pas les laisser en
arrière",
dit-il.
"Ce que nous cherchons, c'est la croissance et l'équité sociale.
Pour cela,
nous avons besoin de la coopération pour financer les réseaux de
protection
sociale et d'investissement dans l'infrastructure et le capital
humain",
a-t-il ajouté.
"Nous devons accroître le flux du commerce international, et
mettre fin aux
mesures protectionnistes des pays les plus riches et les plus
développés ..
Nous avons besoin d'une solution juste et durable au problème de
la dette
étrangère dans nos économies", a-t-il indiqué.
Le Président chinois Jian Zemin a déclaré que le fossé entre le
Nord et le
Sud, et entre le riche et le pauvre, s'élargit davantage. Les pays
développés, indique-t-il, possèdent 6 pour cent du Produit
Intérieur Brut
(PIB) et représentent 82 pour cent des marchés d'exportation
mondial, tandis
que les nations en voie de développement, qui représentent la
majorité
écrasante de la population mondiale, ne possèdent que 14 pour cent
du PIB et
18 pour cent des marchés d'exportations.
S'il n'y a pas un changement fondamental dans une telle situation,
avertit-il, il serait difficile d'empêcher la turbulence dans la
communauté
internationale, de promouvoir le développement économique pour
tous les pays
ou atteindre la prospérité dans le monde entier.
Déplaçant le centre d'intérêt vers l'Afrique, le Président Kenyan
Daniel
Arap Moi s'est plaint du fait que les quelques premiers mois du
nouveau
millénaire n'ont pas été cléments pour l'Afrique. "Nous avons
souffert de
conditions climatiques sévères et hostiles. Dans mon pays, nous
avons d û
faire face à la plus grave sécheresse depuis l'indépendance", a-t-
il déclaré.
Le continent africain est également confronté à des catastrophes
qui sont
l'uvre de l'homme : les guerres civiles et les conflits
interminables qui
ont détruit des années de développement acquis difficilement. ,
dit-il.
"Mais la réaction internationale générale est inévitablement une
confiance
entamée en Afrique. Et, cela conduit en retour à une diminution de
l'investissement étranger qui est déjà à des niveaux extrêmement
bas",
a-t-il ajouté.
Le plus grand plaidoyer pour l'Afrique a été fait non par un chef
d'Etat
africain mais par le Premier Ministre Britannique, Tony Blair.
"Il y a un triste record d'échec en Afrique de la part du monde
développé,
qui choque et fait honte à notre civilisation", a-t-il ajouté.
Vingt et un des 44 pays en Afrique Subsaharienne sont touchés par
un conflit
qui sape les efforts au développement, a-t-il dit. Mais pire
encore, le
nombre de personnes mortes des suites du SIDA est 10 fois plus
élevé que le
nombre de personnes tuées dans toutes les guerres combinées du
continent.
"Nulle autre part au monde, il n'y a des gens qui meurent
inutilement de
famine, de maladie, de conflit. Les décès causés non par les
agissements de
destin, mais par des agissements de l'homme. Par la mauvaise
gouvernance,
des rivalités entre les factions, le vol et la corruption
parrainée par
l'Etat", a-t-il ajouté.
Toutefois, il y a 30 ans, la même analyse dépressive aurait pu
être faite
sur les parties de l'Asie et de l'Amérique latine, a indiqué
Blair. "Il
peut y avoir un changement. Il peut y avoir de l'espoir pour
l'Afrique. Il y
a le leadership politique, les opportunités d'affaires et au-
dessus de tout,
la volonté au nom des populations d'un meilleur futur pour
l'Afrique. Nous
devons être partenaires dans la quête du changement et de
l'espoir", a-t-il
ajouté.
"Nous devrions utiliser ce sommet unique pour un but concret :
commencer à
nous mettre d'accord sur une voie de sortie pour l'Afrique", a
ajouté
Blair. (Fin/IPS/DV/IP/td/da/mt/nrn/00)
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