VILLE DE MEXICO, 31 août (IPS) – Bureau Mondial) Une agence d'aide
humanitaire se préoccupe de l'éducation de 10.000 enfants réfugiés
libériens
qui vivent actuellement en Guinée.
Le flux de l'aide internationale qui a permis, en partie,
d'assurer
l'éducation aux enfants réfugiés dans cette nation africaine est
sur le
point de tarir, indique 'Réfugiés International' (RI), une ONG
basée aux
Etats Unis.
"A moins que la communauté internationale ne fournisse les fonds
pour
intégrer les Libériens dans le système scolaire guinéen, plus de
10.000
enfants et adolescents libériens n'auront aucune chance d'être
éduqués",
indique RI.
Pour les militants des droits à l'éducation, l'état critique des
enfants
libériens est le dernier exemple d'une crise qui a affecté
beaucoup d'autres
enfants vivant dans des camps de réfugiés ou dans des camps pour
personnes
déplacées — qui se voient privés de l'accès à une éducation
permanente et
de qualité à cause des rentrées irrégulières de fonds.
Il y a toujours un manque d'engagement pour s'assurer que les
enfants
réfugiés reçoivent une bonne éducation, observe Kazi Rafiqul Alam,
Directeur
Exécutif de la Mission Dhaka Ahsania, une organisation non
gouvernementale
très influente au Bangladesh.
"Des ressources supplémentaires devraient être mise à la
disposition soit
des gouvernements (qui s'occupent des enfants réfugiés), soit du
HCR (Haut
Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés)", ajoute Alam.
Selon Berewa Jommo, Directeur régional du Réseau d'Education pour
la
Communauté Africaine, basé à Nairobi au Kenya, la situation qui
prévaut
actuellement est source d'inquiétude. "La situation
éducationnelle des
réfugiés, des enfants et des jeunes personnes déplacées en Afrique
au sud du
Sahara, par exemple, est catastrophique".
Pour Jommo et Alam, cette situation remet en question les récentes
promesses
faites par la communauté internationale d'assurer une éducation de
qualité
aux enfants vivant dans des situations difficiles.
En avril 2000, par exemple, les responsables nationaux de
l'éducation de 181
pays ont pris l'engagement au Forum Mondial sur l'Education à
Dakar, au
Sénégal, de s'assurer que les enfants touchés par les conflits
reçoivent une
éducation de base de qualité.
Le Cadre d'Action de Dakar, qui a été approuvé par ces dirigeants
nationaux,
comptait au nombre de ses engagements la promesse suivante :
"s'assurer que
d'ici à l'an 2005, tous les enfants, en particulier les filles et
les
enfants en situation difficile, accèdent et finissent l'éducation
primaire
obligatoire et gratuite, de bonne qualité".
Et pour atteindre un tel objectif, la déclaration de Dakar a
demandé aux
gouvernements, aux organisations internationales, aux agences, et
groupes
représentés au Forum de "répondre aux besoins des systèmes
éducatifs soumis
aux contrecoups de situations de conflit et d'instabilité".
Selon l'Evaluation de L'Education Pour Tous (EPT 2000), un rapport
mondial
sur l'état de l'éducation publié pendant la réunion de Dakar, les
besoins en
éducation des enfants affectés par les conflits ne peuvent pas
être négligés
contrairement à qui s'est passé en 1990, pendant la Conférence sur
l'Education Pour Tous à Jomtien, en Thaïlande.
"On a très peu mentionné l'éducation en cas d'urgence, juste une
référence
à l'Article 3 de la Déclaration de Jomtien pour supprimer
l'éducation pour
les groupes moins servis, y compris les réfugiés, ceux qui sont
déplac és par
la guerre, et les peuples sous occupation", a indiqué EPT 2000.
Ce qui a conduit au changement suivant, selon le rapport EPT 2000,
a été la
recrudescence des conflits durant la période qui a suivi. "La
guerre et
autres calamités ont malheureusement assailli le monde dans les
années 90".
Parmi ces calamités, il y a la Guerre du Golfe, le génocide au
Rwanda, les
conflits dans l'ex-Union Soviétique, l'Afghanistan, la Colombie,
le Liberia,
la Sierra Leone, la Somalie, le Burundi et l'Angola.
En conséquence, les auteurs du rapport EPT 2000 ont indiqué que,
"Aucune
revue de l'Education Pour Tous ne peut maintenant ignorer la
destruction des
systèmes éducatifs, des programmes et de l'infrastructure qui
accompagnent
de tels désastres, ni les effets traumatisants de la violence et
du
déplacement sur les enseignants, les enfants et leurs familles".
Selon le HCR, il y a près de 650.000 enfants réfugiés inscrits
actuellement
dans des programmes éducatifs pour enfants gérés par le HCR. Parmi
eux
figurent 165.000 enfants en Iran, 79.000 en Tanzanie, 78.000 au
Pakistan,
53.000 en Ouganda et 38.000 au Kenya.
Une telle assistance, toutefois, est relativement insignifiante
lorsqu'on la
compare à la situation globale des victimes de la guerre. "A
travers le
monde, 20 millions de réfugiés et 30 millions de personnes
déplacées vivent
dans des conditions précaires, et au moins 60 pour cent de ce
nombre est
constitué par des enfants", affirme 'Education International',
une ONG
basée à Bruxelles.
Kacem Bensalah, Directeur de l'Unité d'Aide d'Urgence en Education
auprè s de
l'UNESCO, ajoute que "l'Afrique est une région du monde qui
présente les
chiffres les plus inquiétants".
Pour les militants du droit à l'éducation, les efforts pour aider
de tels
enfants requièrent également "des programmes spéciaux", étant
donné les
circonstances dans lesquelles ils se trouvent.
EPT 2000, en fait, soutient que de tels programmes devraient être
intégrés.
"Les principes qui sous-tendent l'éducation pour les réfugiés
incluent la
satisfaction des besoins psychologiques des enfants et adolescents
réfugi és,
et l'édification d'un système de connaissance, d'aptitudes,
d'attitudes et
de valeurs pouvant aider à l'obtention d'une situation durable".
Par ailleurs, EPT 2000 ajoute que les initiatives éducationnelles
devraient
être adaptées "afin de bâtir pour le long terme, et pas seulement
pour
l'enfant mais pour sa communauté et sa nation"
Mais comme l'indique 'Réfugiés International', sans la rentrée
régulière
d'argent, on ne peut pas faire grand chose. Et dans la plupart des
camps qui
abritent les réfugiés libériens, il se révèle que "l'appel fort
lancé à la
communauté internationale n'était pas destiné à collecter des
vivres ni pour
procurer des soins médicaux, mais pour l'éducation de leurs
enfants".

