COOPERATION-HAITI: Près de 600 Cubains sont impliqués dans des projets de coopération bilatérale

PORT-AU-PRINCE, 18 août (IPS) – Près de 600 Cubains,
professionnels de la
santé, éducateurs, ingénieurs, spécialistes de la pêche, sont
impliqués
depuis deux ans dans des projets de coopération avec Haïti.

Cuba et Haïti, deux pays des Caraïbes, ont renforcé leur
coopératio n
bilatérale, à travers l'exécution de nombreux projets de
développeme nt au
bénéfice de Haïti.
"La coopération cubaine avec Haïti a un sens. C'est une dette que
nous
avons vis-à-vis d'Haïti. Il y a plus d'un siècle depuis que les
Haïtiens
sont arrivés à Cuba. Ils ont contribué à notre économie par leur
labeur dans
les champs de canne et la récolte du café", déclare Dienosio
Molina, un
diplomate attaché à la représentation cubaine à Port-au-Prince.
" Neuf pour cent des 11,2 millions de personnes qui forment la
population
cubaine sont des Haïtiens, ou leurs descendants. Nous avons
beaucoup de
choses en commun", précise-t-il.
Le Gouvernement cubain a choisi d'aider son homologue haïtien dans
les
domaines de la santé, de la pêche, de l'agriculture, de
l'alphabétisation et
du sport.
Une brigade médicale composée de 450 professionnels de la santé, y
compris
des spécialistes en neurologie, est à pied d'uvre à Port-au-
Prince depuis
décembre 1998. Les professionnels cubains sont répartis dans
différent s
centres de santé à travers le pays, et prêtent leurs appuis à
leurs
homologues haïtiens.
Selon les termes de l'accord de coopération, les médecins cubains
reçoivent
mensuellement du Gouvernement haïtien en monnaie locale,
l'équivalent de 100
dollars américains. L'hébergement de ces professionnels est à la
charge du
Gouvernement haïtien. Les autorités cubaines ont couvert leurs
frais de
transport, et continuent d'assurer le paiement de leurs salaires.
Le Gouvernement cubain s'est lui, engagé à assurer la formation
jusqu' à l'an
2010, de 600 médecins haïtiens qui devront prendre la relève des
coopérants
cubains actuellement déployés dans le pays. Un premier groupe de
120
étudiants, pour la plupart sélectionnés dans les zones les plus
reculées de
Haïti, doivent avoir terminé leurs études en 2005.
Ces nouveaux médecins devront prêter leurs services aux hôpitaux
haïtiens –
particulièrement ceux qui sont situés dans les zones marginales,
où les
besoins sont plus urgents – à leur retour de Cuba, selon un accord
passé
avec le Gouvernement haïtien. Celui-ci n'assure dans ce cas que
les frais de
transport aérien des étudiants, et leur accorde un viatique
mensuel de 100
dollars. Les frais d'hébergement et de formation sont pris en
charge par le
Gouvernement de La Havane.
Les Cubains prêtent également leur assistance au secteur de la
construction,
avec 60 coopérants. Quarante techniciens sont affectés à un
programme
d'appui à la pêche et aux programmes d'appui en agriculture et
médecin e
vétérinaire. Cette coopération vise essentiellement à renforcer
les
capacités techniques des pêcheurs et agriculteurs haïtiens. Deux
bateaux-écoles sont affectés depuis 1999 à ce projet par les
autorit és cubaines.
Une quarantaine de techniciens cubains travaillent actuellement à
la remise
en service d'une usine sucrière dans la localité de Darbonne,
située à une
vingtaine de kilomètres au Sud-Ouest de la capitale. Cuba prête
aussi son
assistance à la mise en place d'un plan national
d'alphabétisation.
Le domaine sportif est également pris en compte dans cette
coopération, qui
dépasse le cadre du secteur public pour s'étendre aux
organisations non
gouvernementales, et même à des entreprises privées. Cette
semaine, par
exemple, un événement sportif a attiré plus d'attention que
l'annonce
officielle de la tenue des élections présidentielles prévues pour
le 26
novembre prochain.
La traversée à la nage, en début de semaine, d'Haiti à Cuba par le
canal du
Vent (80 kilomètres de long) par le nageur cubain Alberto Morejon,
a ét é
l'un des points dominants de l'actualité locale. Alberto, 34 ans,
marié et
père d'une fille, a réaffirmé peu avant son départ que cette
activité
sportive a le mérite de rapprocher les deux peuples
"Je pense que ce sera bénéfique pour les deux pays. Cet exploit
attirera
l'attention sur les pays de la Caraïbe, et les présentera comme
une
destination unique. Si je suis là, c'est que je suis prêt. Je ne
pense pas
que ce soit une folie. Ma folie, ce serait de m'asseoir et de
boire une
bouteille de vin", a-t-il déclaré aux journalistes.