DEVELOPPEMENT: Le nombre d'affamés est en hausse dans le monde

NATIONS UNIES, 15 juill. (IPS) – Les Nations Unies indiquent que
près de trois ans après que le Sommet mondial sur l'alimentation a
promis de réduire de moitié la famine dans le monde, le nombre de
personnes affamées a augmenté d'environ huit millions.

“A l'échelle planétaire, il y a assez de nourriture pour tout le
monde”, explique Jacques Diouf, directeur général de
l'Organisation des Nations Unies pour l'Alimentation et
l'Agriculture (FAO), “mais à notre grande honte, nous vivons dans
un monde où la nourriture pourrit alors que des gens meurent de
faim”.
Dans le rapport annuel (1998) du Programme alimentaire mondial
(PAM), une organisation sour de la FAO dont le siège est à Rome,
Diouf démontre que malgré la réduction significative de la faim et
de la malnutrition dans certaines régions en développement, le
nombre de personnes chroniquement sous-alimentées n'a pas beaucoup
baissé dans le monde.
Le Sommet mondial sur l'alimentation tenu à Rome en 1996 avait
promis de réduire de 826 millions à environ 413 millions le nombre
de personnes sous-alimentées d'ici à l'an 2015. Cependant, loin
de baisser, le nombre de personnes affamées est en hausse, car il
est passé de 826 millions en 1996 à plus de 830
millions en 1999.
Ce sont des habitants des pays en développement qui “continuent de
souffrir quotidiennement d'une déficience alimentaire”, constate
Diouf.
Au début de cette année, l'ambassadeur Francesco Paolo Fulci de
l'Italie, président du Conseil économique et social (ECOSOC) des
Nations Unies, a affirmé que le Sommet mondial sur l'alimentation
est un exemple édifiant qui montre l'écart entre les nombreuses
promesses des Nations Unies et les limites de leur action.
Fulci a signalé que le drame de la plupart des conférences des
Nations Unies est qu'elles n'arrivent pas à atteindre leurs
objectifs ou à
mettre en application leurs plans d'action extrêmement ambitieux.
Près de trois années se sont écoulées depuis que le Sommet mondial
de l'alimentation a annoncé le “principe noble” de réduction de la
famine, a-t-il rappelé. “Mais ce qui s'est passé entre-temps c'est
que le nombre total de personnes chroniquement sous-alimentées
dans
les pays en développement a augmenté, au lieu de baisser”, a-t-il
ajouté. “Nous avons besoin de plus d'action concrète et de moins
de parlote”.
Diouf pense que la famine est une violation de la dignité humaine
et que le risque d'inanition empêche les pauvres de maîtriser les
nouvelles connaissances, d'adopter les nouvelles technologies et
de profiter des opportunités de développement.
“Si nous ne brisons pas le cycle de la faim, la prochaine
génération sera prise au même piège”, ajoute-t-il.