GENEVE, 12 août (IPS) – Alors que les pays industrialisés sont
prêts pour un nouveau round des négociations commerciales
multilatérales, plusieurs pays en développement constatent plutôt
que les engagements pris lors de l'Uruguay Round sont très peu
respectés.
La décision de tenir de nouvelles négociations fera l'objet d'un
débat lors de la conférence ministérielle de l'Organisation
mondiale du Commerce (OMC), qui se tiendra du 30 novembre au 3
décembre à Seattle aux Etats-Unis.
Le dernier round, au cours duquel la création de l'OMC a été
décidée, a commencé à Punta del Este en Uruguay en septembre 1986,
et pris fin à Marrakech (Maroc) en avril 1994.
Les Etats-Unis et l'Union européenne s'accordent à dire qu'un
nouveau round favoriserait leurs intérêts, mais leurs points de
vue divergent sur le contenu des négociations.
Les déclarations des responsables des deux puissances commerciales
montrent clairement que les Européens envisagent un large
programme qui couvre les aspects controversés comme la
libéralisation totale des investissements et l'interaction entre
les politiques commerciales et concurrentielles.
Par contre, les Etats-Unis souhaitent que les négociations soient
centrées sur des questions spécifiques telles que les secteurs
économiques utilisant des technologies de pointe.
Pour l'instant, les pays en développement préfèrent cependant
ignorer l'éventualité d'un nouveau round de négociations. Ils
cherchent plutôt à déployer des efforts pour amener les pays de
l'OMC à respecter les engagements qu'ils ont pris lors de
l'Uruguay Round.
Selon un document soumis à l'OMC par le Honduras, l'Indonésie, le
Pakistan et la République dominicaine, “tant que ces objectifs ne
seront pas réalisés, tous pourparlers sur de nouveaux rounds
seraient prématurés”.
“Ces objectifs ne sont pas encore atteints”, souligne le document
que les autres pays en développement approuvent également.
Le document indique que plus du tiers des avantages qu'offre l'OMC
proviendraient de la levée des restrictions imposées par les pays
industrialisés aux importations de textiles et de vêtements
produits dans les pays sous-développés du Sud ; en outre, la
libéralisation du commerce des produits agricoles devrait
rapporter un bénéfice supplémentaire de 10 à 30 pour cent.
Le secrétaire général de la Conférence des Nations Unies sur le
Commerce et le Développement (CNUCED), Rubens Ricupero, explique à
IPS que “malgré toutes les promesses relatives à la libéralisation
commerciale, la réalité est très décevante”.
Le document présenté par le Honduras et d'autres Etats souligne
que “les problèmes d'application des deux grands accords sur
l'agriculture et les textiles compromettent énormément la
réalisation des objectifs globaux de l'Accord de Marrakech”.
En accordant seulement la priorité aux problèmes d'application de
l'accord,
“pouvons-nous garantir la rentabilité et l'équité du système
commercial

