DROITS-DEVELOPPEMENT: Le prochain accord de Lomé doit tenir compte du genre

BRUXELLES, 12 juill. (IPS) – Le défi des 71 pays du Groupe
Afrique, Caraïbes, Pacifique (ACP) et de leurs partenaires de
l'Union européenne (UE) consiste à centrer les politiques de
développement et de commerce sur les femmes, les jeunes et les
pauvres, ont convenu des groupes de la société civile à Bruxelles
samedi.

Dans le cadre des négociations sur l'accord devant remplacer Lomé
IV, la convention commerciale et d'aide entre l'UE et les
anciennes colonies européennes, une réunion a été organisée à
Bruxelles du 8 au 10 juillet sur le thème “la convention de Lomé
et la société civile”. La question du genre était l'un des sujets
abordés pendant la réunion.
Les organisations non gouvernementales (ONG) de l'UE et des ACP
ont reconnu que “le développement socio-économique ne peut pas
être durablement garanti sans l'entière participation des femmes”.
Brita Bastogi d'Eurostep Network, un réseau d'ONG européennes, a
signalé que le “mandat des ACP ne comporte aucun mécanisme
d'application des mesures relatives au genre”.
Dans leurs documents, les négociateurs des ACP ont mis ensemble le
“genre” et la “jeunesse”, mais les participants ont indiqué que
“les principaux décideurs de l'UE et des ACP ne connaissent pas la
définition du mot genre”.
“L'absence d'un cadre d'analyse des questions du genre lors des
négociations de la Convention de Lomé fait que l'égalité des sexes
n'est pas respectée dans les domaines politique et socio-
économique du prochain accord”, signalent les participants à un
groupe de travail sur le genre.
Les recommandations élaborées par les groupes de travail de la
société civile seront soumises aux négociateurs de l'UE et des
ACP, avant la prochaine réunion ministérielle qui se tiendra à
Bruxelles du 29 au 30 juillet.
L'actuelle Convention de Lomé expirera le 1er février 2000, et
l'accord qui la remplacera, c'est-à-dire l'accord en cours de
négociation, aura pour objectif fondamental l'éradication de la
pauvreté.
Les directives de l'UE fixent trois principes directeurs “à
appliquer systématiquement dans tous les domaines de coopération”.
Parmi ces principes, il y a “l'égalité et l'application du critère
du genre”.
Cependant, le texte du prochain accord n'indique pas une approche
de politique cohérente basée sur l'habilitation des femmes,
signalent les participants à la réunion.
Les militants de la société civile et les représentants des ONG
ont également souligné la nécessité d'une plus grande inclusion et
de la participation des femmes à l'application du prochain accord.