NIAMEY, 10 avr. (IPS) – L'armée nigérienne s'est emparée du
pouvoir après
l'assassinat vendredi du Président Ibrahim Baré Mainassara qui
rentrait
d'un pèlerinage à la Mecque, en Arabie Saoudite.
Dans un communiqué diffusé à la radio nigérienne vendredi, le
Premier
ministre Ibrahim Assane Maiyake a confirmé que " le président
est mort ce
matin au cours d'un malheureux accident".
Il a ajouté que le Parlement, ainsi que toutes les activités
politiques du
pays sont suspendus et a promis la formation d'un
gouvernement d'union
nationale dans les tout prochains jours.
Maiyake a demandé au peuple nigérien et à la communauté
internationale de
soutenir le pays durant ces moments difficiles.
Certaines sources rapportent que Mainassara a été assassiné
par les
auteurs du coup d'Etat, immédiatement après qu'il a été arrêté
dans une
base militaire à Niamey, vendredi autour de 10h 30 du matin.
Des témoins présents à l'aéroport de Niamey vendredi matin, ont
affirmé
avoir entendu une dizaine de coups de feu tirés d'une base
militaire située
à quelques mètres environ de l'accès public de l'aéroport.
" Nous avons appris que l'un des garde-corps de Mainassara
a été
sérieusement blessé lors de la fusillade", indique une source
proche du
gouvernement à Niamey. Le bilan de la fusillade reste inconnu.
D'autres sources à Niamey indiquent qu'un contingent de la
garde
présidentielle a déployé des blindés militaires autour de la
Présidence, du
ministère de l'Intérieur et de la radio nationale. Les
militaires occupent
également l'aéroport de Niamey.
Les liaisons téléphoniques et aériennes sont coupées avec le
reste du monde
depuis vendredi.
Le coup d'Etat n'a pas encore été revendiqué. Cependant, les
éléments de la
garde présidentielle ont été les premiers à sortir dans les
rues de Niamey
ce samedi, pendant que les populations se terraient chez
elles.
Le coup d'Etat a eu lieu juste un jour après que l'Opposition
nigérienne a
demandé la démission du Président Mainassara qu'elle accuse
d'avoir
provoqué des incidents après l'annulation des résultats des
élections
locales du 7 février dernier.
La Court Suprême, qui avait publié les résultats, avait plus
tard ordonné
la reprise des élections marquées par le vandalisme et la
fraude.
Mainassara, 50 ans, est arrivé au Pouvoir par un coup d'Etat
en janvier
1996. Six mois plus tard, il avait organisé des élections
multipartites
auxquelles il était candidat.
Mais trois heures avant la fermeture des bureaux de vote, la
Commission
nationale électorale avait été dissoute. Les forces de sécurité
avaient
emporté les urnes.
L'opposition et les syndicats avaient manifesté leur
indignation, mais la
Cour Suprême avait finalement validé les résultats consacrant
la victoire à
Mainassara avec 52, 2 pour cent des suffrages exprimés. Tous les
autres
candidats avaient dénoncé la fraude massive.
Depuis les élections du 7 février, le Niger, avec une
population de 10
millions d'habitants, est troublé par des manifestations
quotidiennes des
travailleurs et étudiants à Niamey.
Mais le régime de Mainassara a été caractérisé par des
protestations
diverses. Depuis 1996, le Niger, l'un des pays les plus pauvres
du monde, a
connu deux mutineries pour des soldes impayées.

