PARIS, 25 mars (IPS) – L'Organisation des Nations Unies pour la
Science, la
Culture et l'Education (UNESCO) consacrera cette année plus de
450 Mille
dollars en faveur du pluralisme des médias en Afrique.
Pour l'année 1999, le montant global de l'enveloppe des projets
à financer
par le Programme International pour le Développement de la
Communication
(PIDC) de l'UNESCO est précisément de 452.000 dollars US, soit
près de
239.560.000 francs CFA.
Ces fonds sont destinés à financer des projets prioritaires
concernant la
formation des journalistes de la presse indépendante en
caricature,
photographie et problèmes de l'environnement.
La formation et la recherche sur les autoroutes de
l'information et le
multimédia, la formation et le recyclage pour les
radiotélévisions en
prévision du passage à la technologie numérique font également
partie des
priorités.
Outre ces projets à dimension régionale ou sous-régionale, le
conseil du
PIDC – composé de 39 Etats membres – a approuvé l'octroi d'aides
directes
pour la réalisation de projets propres à un certain nombre de
pays.
Dans ce cadre, le Burundi, par exemple, recevra un appui pour
le
développement de sa "Maison de la Presse" et le Cap Vert pour
son Centre
de Documentation.
La République Centrafricaine, la Côte d'Ivoire et Madagascar
bénéficieront
des fonds pour la restructuration et la modernisation de leurs
Agences de
presse respectives.
D'autres pays comme le Mozambique et la Tanzanie sont également
classés
parmi ceux qui recevront de l'aide pour divers projets liés à
la communication.
D'après Henrikas Yushkiavitshus, représentant du Directeur
général de
l'UNESCO, l'enveloppe allouée pour cette année, va certainement
être
rallongée en fonction des projets encore en étude au bureau du
Conseil du PIDC.
"L'appui du PIDC se justifie parce qu'aujourd'hui, nul ne peut
nier que
toute croissance économique nécessite des infrastructures de
communication
modernes, une presse plurielle et dynamique", estime
Yushkiavitshus.
" Plus les systèmes de communication seront performants et à la
pointe dans
les pays en développement, plus ces derniers connaîtront la
croissance
économique", poursuit-il.
Babakar Fall, directeur de la Division de la Communication à
l'UNESCO,
confirme que " les changements et les innovations
technologiques rapides
auxquelles on assiste tous les jours dans les domaines de
l'information et
de la communication, portent des lueurs d'espoir non
négligeables pour les
pays en voie de développement".
" En accédant massivement à ces technologies, les pays
africains, peuvent
avoir des solutions nouvelles aux problèmes qu'ils affrontent
quotidiennement ", pense-t-il.
Le président de la Haute Autorité de l'Audiovisuel et de la
Communication du
Bénin, René Megniho Dossa, a exprimé sa satisfaction de voir le
PIDC
redoubler d'efforts dans le soutien du Continent.
"L'information a un coût. Tout système de communication
nécessite des
investissements considérables que l'Afrique n'a pas. De plus,
elle
(l'Afrique) manque toujours de chercheurs et souffre d'une
pénurie de
professionnels avertis ", indique Dossa.
Les membres du Conseil du PIDC ont également plaidé pour
l'avènement et
la sauvegarde d'un véritable pluralisme de l'information, ainsi
que la
liberté d'expression de la société civile.
René Megniho Dossa a laissé entendre que la déréglementation et
la
libéralisation qui se cachent derrière la notion de pluralisme,
doivent se
faire dans le respect des spécificités du continent noir.
" En vérité, il s'agit pour les pays africains, de concevoir
et de mettre
en place des systèmes médiatiques tenant compte à la fois de
leurs réalités
socioculturelles, de leur environnement géopolitique, de réelles
capacités
économiques", a-t-il affirmé.
Dossa a invité les Africains à faire un choix des technologies
appropriées,
moins pour l'attrait de la nouveauté que, surtout, pour
l'utilité et
l'accessibilité de ces technologies ainsi que leur capacité à
répondre aux
besoins de leurs publics.
Le Conseil du PIDC a réaffirmé son souci de soutenir les
projets qui
favorisent l'accès du plus grand nombre aux instruments de
communication de
masse ou de proximité ; aux systèmes qui accélèrent les
processus de
démonopolisation des ondes, ainsi qu'aux journaux féminins et
ruraux et à
ceux qui promeuvent la paix et la cohésion sociale.
Créé en 1980 lors de la 21è session de la conférence générale de
l'UNESCO
tenue à Belgrade, le PIDC a pour but d'accroître la coopération
et
du développement des infrastructures de
communication, de réduire l'écart entre pays dans ce domaine et
d'améliorer
la formation professionnelle.

