POPULATION-LIBERIA: Les Réfugiés Libériens Sont Sommés De Rentrer Au Bercail

ACCRA, 24 mars (IPS) – Les réfugiés libériens éparpillés dans
les pays
d'Afrique de l'Ouest ont jusqu'à la fin de l'année pour
retourner dans leur
pays, car le Haut Commissaire des Nations Unies pour les
Réfugiés s'apprête
à leur couper toute aide.

Selon Alga Tetteh, le représentant local du HCR au Ghana, "à
partir de la
fin de l'année en cours, le HCR n'accordera plus d'aide aux
réfugiés
libériens . . . plus rien ne leur sera accordé".
Il y a deux ans, le HCR a initié un programme de rapatriement
pour aider les
Libériens à retourner dans leur pays, à la fin de la guerre
civile qui a
duré sept ans.
Le 2 août 1997, Charles Taylor, un ancien chef de guerre
responsable de
l'insurrection déclenchée en 1989, a accédé à la magistrature
suprême dans
son pays. Taylor a gagné les élections de juillet 1997 avec 70
pour cent des
voix.
Cependant, les Libériens déplacés par la guerre tardent à
retourner dans
leur pays natal.
La guerre civile libérienne a pris fin au début de l'année 1997,
après avoir
fait plus de 250.000 morts. Elle a laissé le pays dans un Etat
de ruine
économique et physique.
Le 26 juillet 1997, le Liberia a célébré le 150ème anniversaire
de son
indépendance. Cette plus vieille République africaine n'a jamais
été dirigée
par une puissance étrangère.
D'après les estimations des Nations Unies, plus de 450.000
réfugiés
libériens sont encore en Guinée et en Côte d'Ivoire, les voisins
immédiats
du Liberia. Environ 12.000 réfugiés demeurent au Ghana.
L'année dernière, la Commission des Réfugiés du Ghana, un organe
gouvernemental chargé de la régulation des affaires des réfugiés
dans le
pays, a adressé aux Libériens un ultimatum les sommant de
quitter le camp
des réfugiés de Buduburam à la fin de 1998. Ce camp est situé à
35
kilomètres à l'Ouest d'Accra.
Cependant, à la suite d'une intervention du Président ghanéen,
Jerry
Rawlings, les réfugiés ont été autorisés à rester au-delà de la
date limite.
Mais, Tetteh déclare que cette fois-ci, la décision est finale.
La décision d'arrêter l'aide aux réfugiés libériens à partir du
31 décembre
1999 a été prise en février lors d'une réunion régionale des
responsables du
HCR en Afrique de l'Ouest, rapporte Tetteh.
Vers la fin du mois de mars, le HCR aura parachevé l'opération
finale
d'enregistrement des Libériens désireux d'être rapatriés dans
leur pays
avant la fin de l'année. Ensuite, le rapatriement commencera en
avril,
ajoute Tetteh.
"L'opération de rapatriement se poursuivra jusqu'à la fin de
l'année
lorsque tous les services sociaux et d'autres avantages
actuellement
accordés aux réfugiés seront suspendus".
Un responsable du HCR au Ghana indique que son organisation a
pris cette
décision finale parce qu'en dehors du manque de fonds, le HCR et
d'autres
agences humanitaires doivent désormais faire face aux problèmes
des réfugiés
dans les zones de conflit comme la Sierra Leone, la République
démocratique
dgo et le Soudan.
Plus de 1000 Libériens vivant au Ghana ont demandé à ne pas être
rapatriés
dans leur pays pour des raisons politiques et sécuritaires.
Les responsables du HCR promettent d'examiner conjointement avec
le
gouvernement ghanéen les demandes des réfugiés pour choisir les
personnes
devant être autorisées à rester au Ghana.
Actuellement, les Libériens bénéficient en général d'un "statut
temporaire
de réfugiés" au Ghana. Mais, cet arrangement ne leur fournit
pas de
documents leur permettant de justifier au-delà des frontières
ghanéennes
qu'ils sont résidents au Ghana.