LUSAKA, 2 mars (IPS) – Environ 1000 étudiants ont marché, lundi,
vers la
State House, pour protester contre les bombardements qui ont
secoué Lusaka,
la capitale zambienne, le week-end dernier.
Les étudiants ont rejeté la responsabilité de ces bombardements
sur le
gouvernement de Chiluba.
Le Président zambien Frederick Chiluba a visité lundi les 14
sites où des
attaques à la bombe ont eu lieu et les sites où les engins
explosifs ont été
découverts.
L'édifice de la haute Cour de Lusaka a été évacué lundi, après
une alerte à
la bombe. La police y a découvert trois bombes, ce qui porte
jusqu'à présent
le nombre total d'engins placés autour de la capitale à 17.
Tout en arborant des pancartes et en scandant des slogans
hostiles aux
efforts déployés par le gouvernement zambien pour trouver une
solution
pacifique à la guerre en République démocratique du Congo (RDC),
les
étudiants ont exhorté Chiluba à prêter attention aux problèmes
nationaux.
"Enlevez la poutre que vous avez dans l'il avant d'enlever la
paille qu'il
y a dans les yeux d'autrui", indiquait une pancarte. "Nous ne
voulons pas
mourir à cause des péchés de quelques personnes . . . ",
affichait une
autre pancarte.
La police a cependant détourné les étudiants qui avaient bloqué
l'autoroute
principale qui conduit à la ville, parce qu'ils n'avaient pas
obtenu
d'autorisation avant de manifester.
Les explosions de dimanche dernier ont interrompu la fourniture
d'électricité et d'eau dans plusieurs zones résidentielles à
Lusaka. Une
personne est morte et une autre blessée lors de l'explosion
survenue à
l'ambassade d'Angola.
Personne n'a revendiqué les explosions, mais le gouvernement a
placé ses
forces armées en état d'alerte maximale.
Le gouvernement a aussi demandé aux Etats-Unis de l'aider à
effectuer des
enquêtes sur les explosions. L'ambassade des Etats-Unis à Lusaka
était
fermée lundi, de peur d'être éventuellement attaquée, selon des
sources
proches des représentations diplomatiques occidentales.
Ces attaques surprise ont pris tout le monde, y compris le
gouvernement, au
dépourvu et personne ne sait au juste où donner de la tête.
Bien que certains Zambiens pensent que c'est peut-être l'Angola
qui se
vengeait contre le gouvernement de Chiluba à cause de son
présumé soutien
militaire au mouvement rebelle – l'Union nationale pour
l'Indépendance
totale de la Zambie (UNITA) – l'ambassade de l'Angola à Lusaka a
connu les
plus lourds dégâts et une seule victime lors de l'attaque de
dimanche dernier.
La sécurité est renforcée à travers Lusaka.
Le ministre zambien de l'Information, Newstead Zimba, a déclaré
dimanche
dans un message radiotélévisé diffusé dans tout le pays que les
explosions
cherchaient à déstabiliser ce pays de l'Afrique australe et à
causer
l'abattement.
"Ces actes de terrorisme seront sévèrement punis. Des ordres
ont été donnés
afin que la sécurité soit au point . . . J'exhorte tous les
Zambiens et les
étrangers à déserter les rues, surtout la nuit . . . et à se
préparer pour
toute éventualité", a déclaré le ministre Zimba.

