POLITIQUE-ZAMBIE: Des Explosions Secouent La Capitale Zambienne

LUSAKA, 1er mars (IPS) – Quatorze explosions de bombe ont
secoué Lusaka, la
capitale zambienne, dimanche, provoquant la panique. Le
gouvernement exhorte
les Nations Unies à l'aider dans les investigations.

L'une des explosions s'est produite à l'ambassade de l'Angola et
a tué un
agent de sécurité. Une autre personne a été blessée.
Les explosions ont commencé dimanche avant l'aube et pris fin
près de douze
heures plus tard. Jusqu'à présent, personne ne les a
revendiquées.
Ce lundi, la sécurité est renforcée à Lusaka et les forces
armées du pays
sont placées en état d'alerte maximale.
Le ministre zambien de l'Information et le principal porte-
parole du
gouvernement, Newstead Zimba, a accusé dans un message
radiotélévisé diffusé
dans tout le pays dimanche soir ceux qu'il a appelés les
"marchands de
morts" de vouloir déstabiliser ce pays de l'Afrique australe.
Il a qualifié les attaques à la bombe d'actes d'agression et
signalé que
"les forces armées et de sécurité sont placées en état d'alerte
pour sévir
contre tous actes de terrorisme perpétrés par des Zambiens ou
des étrangers".
"Nous voulons continuer à être une île de paix et des
constructeurs de paix
au sein de la Communauté de Développement de l'Afrique australe
(SADC). Nous
ne voulons pas être des marchands de mort", précise Zimba.
L'intention des explosions était, selon le ministre de
l'Information, de
déstabiliser le pays et de causer le découragement.
Les bombes ont détruit les pylônes électriques, et la principale
source
d'alimentation en eau a explosé. Il y a eu de graves coupures
d'électricité
et de pénuries d'eau. Dimanche, à minuit, la plupart des zones
résidentielles étaient toujours sans eau ni électricité.
"Ces actes de terrorisme seront sévèrement punis. Des ordres
ont été donnés
afin que la sécurité soit au point . . . J'exhorte tous les
Zambiens et les
étrangers à déserter les rues, surtout la nuit . . . et à se
préparer pour
toute éventualité", a déclaré Zimba sans donner plus de
détails.
Le porte-parole du gouvernement n'a pas non plus déclaré l'état
d'urgence.
Selon ce dernier, la Zambie a demandé aux experts américains de
venir
déterminer le type d'explosives utilisé.
Les tentatives d'investigation préliminaires effectuées par les
artificiers
de la police zambienne ont révélé que les bombes sont du même
type.
Alex Chilufya, un porte-parole de la police, annonce que plus de
cinq autres
bombes ont été désamorcées. Il ajoute que les explosions ont
occasionné des
dégâts matériels sur toute l'étendue de la ville, de l'Est à
l'Ouest et du
Nord au Sud.
Bien que le gouvernement zambien n'ait encore accusé personne,
les groupes
d'opposition nationaux ont vite fait de demander au Mouvement
pour la
Démocratie multipartite (MMD) de démissionner.
Parmi les opposants qui ont réclamé la démission de l'actuel
gouvernement,
il y a surtout l'ancien Président zambien Kenneth Kaunda, le
président de la
Coalition nationale des Citoyens, Nervers Mumba, et le président
de "Agenda
for Zambia", Akashambatwa Mbikusita Lewanika.
"Nous ne pouvons pas attendre jusqu'à l'an 2001 pour organiser
les
prochaines élections", ont-ils dit dans un communiqué conjoint.
La Zambie est au cur des conflits régionaux prévalant en Angola
voisin et
en République démocratique du Congo (RDC).
L'Angola et le gouvernement du Président Frederick Chiluba sont
en
désaccord depuis que la Zambie a été accusée de fournir un
soutien
militaire et logistique aux rebelles de l'Union pour
l'indépendance totale
de l'Angola (UNITA).
Les autorités zambiennes nient l'allégation.
Le Président Chiluba fait aussi la navette dans la région pour
régler le
conflit en RDC. Mais, il n'a pas encore amené les pays impliqués
dans la
guerre à trouver une solution durable.
Après sa récente visite au Rwanda, un des pays que le
gouvernement congolais
de Laurent Kabila qualifie "d'envahisseurs", Chiluba a
convoqué une
réunion d'urgence de ses ministres.
"Aucune solution militaire n'est possible en RDC", aurait-il
dit pendant
la réunion.