NATIONS UNIES, 5 fév. (IPS) – La résurgence de la violence en
République du
Congo complique une situation déjà triste et pourrait entraîner
une plus
grave détérioration, a signalé un haut responsable de l'ONU
mercredi dernier.
"C'est un événement oublié", dit Martin Griffiths,
coordonnateur des
affaires humanitaires du Haut Commissariat des Nations Unies
pour les
Réfugiés (HCR), à propos des combats à Brazzaville.
Depuis décembre, les supporters de l'ancien Président Pascal
Lissouba,
évincé en 1997 par son prédécesseur militaire, l'actuel
Président Denis
Sassou Nguesso, ont affronté les milices pro-gouvernementales à
Brazzaville,
la capitale. Au cours de ces dernières semaines, les milices
'Ninjas',
fidèles à l'ancien Premier ministre Bernard Kolélas, se sont
joints aux
combats contre les fidèles de Sassou Nguesso.
"Deux principaux districts de la capitale sont vides . . .
après avoir été
extrêmement et effectivement pillés", témoigne Griffiths. Au
milieu des
combats, "nous n'étions plus qu'un tout petit nombre d'agents
internationaux", renchérit-il.
La quantité de l'aide humanitaire demeurera certainement faible,
parce que
d'autres nations croiront que les combats en République du Congo
ne feront
que s'intensifier, une croyance justifiée, selon lui.
D'après les agents d'aide, des centaines de gens ont été
déplacés par les
récents combats. Tout en soutenant Sasou Nguesso et en
maintenant encore
quelque 300 ressortissants à Brazzaville, la France se prépare à
évacuer ses
ressortissants, au cas où cela serait nécessaire.
Les pays voisins ont aussi été affectés par l'aggravation de la
crise au
Congo-Brazzaville. La semaine dernière, certaines bombes sont
parties de
Brazzaville pour atteindre des quartiers de Kinshasa, la
capitale de la
République voisine démocratique du Congo (RDC).
Kolélas, qui réside actuellement aux Etats-Unis, reconnaît que
les Ninjas
ont recommencé à affronter les forces de Sassou Nguesso. Mais il
défend
leurs actions, sous prétexte que la Constitution congolaise
préconise la
"désobéissance civile au cas où elle ne serait pas respectée".
Les forces de Sassou Nguesso continuent de bénéficier du soutien
de l'Angola
qui avait envoyé des troupes à Brazzaville – il y a deux ans –
et en RDC
pour soutenir le gouvernement de Laurent Kabila. Actuellement,
tous ces
trois pays sont confrontés à l'intensification des combats entre
plusieurs
factions. L'Angola est ruiné par une guerre de grande envergure,
et la RDC
fait face à une rébellion dans ses provinces orientales.
Griffiths déclare que la RDC abrite quelque 200.000 réfugiés et
peut-être un
demi-million de personnes déplacées de leurs maisons par les
combats. Une
situation potentiellement pire se prépare en Angola où "nous
pourrions voir
une sorte de défi que nous n'avons pas vu depuis 1992-1993".
Le gouvernement angolais et l'Union nationale rebelle pour
l'Indépendance
totale de l'Angola (UNITA) ont jusqu'à une date récente observé
une trêve
qui a fait baisser les combats depuis 1992-1993 où au moins
300.000 Angolais
ont été tués.
Le Conseil de sécurité des Nations Unies doit décider ce mois
s'il doit
retirer ou non près de 1000 casques bleus, basés en Angola et
rendus
largement inefficaces par la résurgence des combats.
Le Secrétaire général des Nations Unies, Kofi Annan, recommande
le retrait
de la mission et le gouvernement angolais indique qu'il ne veut
plus aucune
mission onusienne dans le pays après le départ des casques
bleus.

