LAGOS, 3 fév. (IPS) – Les nouveaux dirigeants du Congrès des
Travailleurs
nigérians (NLC) demandent au gouvernement de tenir sa promesse
en augmentant
les salaires des travailleurs.
Adams Oshiomhole, le chef du NLC, affirme que son syndicat a le
devoir de
s'assurer que les 50 millions de travailleurs nigérians
obtiennent leurs
droits.
Les négociations ont échoué après que le gouvernement militaire
du général
Abdusalami Abubakar est revenu sur sa promesse d'augmenter
depuis septembre
dernier les salaires de plus de 300 pour cent, compte tenu de la
hausse du
prix du pétrole brut.
Après l'échec des négociations, le gouvernement a proposé un
salaire minimum
de 3000 nairas, mais le Congrès des travailleurs a refusé cette
proposition
et exige 3740 nairas, rapporte un responsable syndical.
Un dollar américain équivaut environ à 85 nairas.
Oshiomhole affirme qu'un grand nombre de travailleurs de la
Fonction
publique se sentent sérieusement lésés et sont, par conséquent,
découragés
par la manière dont le gouvernement fédéral et les gouvernements
des Etats
s'occupent du problème persistant de l'application de
l'augmentation
salariale promise en 1998.
Il dit qu'une approche "urgente" et "concertée" sera adoptée
par la
direction de son syndicat.
Le syndicat s'inquiète aussi, selon Oshiomhole, de
l'augmentation du prix
des produits pétroliers. L'essence coûte actuellement 20 nairas
le litre à
la pompe, alors qu'elle ne coûtait que 11 nairas avant Noël.
"Quelles que soient les données économiques et politiques des
produits
pétroliers, leurs prix doivent être proportionnels au revenu du
Nigérian
moyen travaillant dans le secteur formel ou informel", déclare
Oshiomhole.
Les responsables du gouvernement nient le fait que
l'administration du
général Abubakar traîne les pas sur cette question. "Je peux
vous assurer
que le gouvernement travaille assidûment pour faire baisser le
prix, mais
comme vous le savez, la vente des produits pétroliers est
actuellement
confiée aux commerçants indépendants", rappelle un responsable
du
gouvernement à Lagos, la capitale commerciale.
Ce responsable, qui requiert l'anonymat, annonce que les travaux
sont
presque achevés sur la raffinerie de Kaduna et que l'entretien
de la
raffinerie de Port Harcourt (dotée d'une capacité de 150.000
barils/jour) a
commencé.
Il exhorte les Nigérians à faire confiance au gouvernement du
général
Abubakar qui a succédé au régime du défunt dictateur Sani Abacha
en juin.
"Ce gouvernement tient sa promesse", dit-il.
Godwin Wokey, qui a dirigé le NLC avant les élections de la
semaine
dernière, estime que le gouvernement a créé une situation
obligeant le
travailleur moyen à vivre en dessous du seuil de pauvreté.
Après avoir participé aux précédentes négociations, Wokey accuse
le
"gouvernement d'utiliser toutes les tactiques pour frustrer ou
retarder la
résolution de la question du salaire minimum".
Dans un document de politique générale mis à la disposition de
IPS à Lagos
cette semaine, les nouveaux dirigeants du NLC disent : "Les
défis que nous
imposent les questions déjà identifiées nécessitent la
réorganisation du
Congrès (de 29 syndicats) et la réorientation des dirigeants du
syndicat".
"Nous défendrons les principes fondamentaux d'un mouvement
syndical libre,
indépendant, démocratique et transparent", indique le document
qui cite
huit stratégies incluant la reconstruction des branches du NLC
au niveau des
Etats.
Pour renforcer le mouvement des travailleurs, le ministre
nigérian du
Travail, Emmanuel Udogu, exhorte les dirigeants du NLC "à
prendre plus au
sérieux la comptabilité des dépenses financières du syndicat".
"Nous espérons que la nouvelle ère sera caractérisée par le
consensus et
non la dissension, la compréhension et non le désaccord, la
coopération et
non la confrontation", conclut-il.

