NAIROBI, 3 fév. (IPS) – Opérant avec un budget modique, le
Programme des
Nations Unies pour l'Environnement (PNUE) exhorte ses membres à
payer leurs
droits de souscription pour lui permettre de faire face aux
nouveaux défis
émergeants.
Dans le discours programme qu'il a prononcé pendant la séance
d'ouverture du
20ème Conseil d'administration du PNUE à Nairobi, la capitale
kenyane, cette
semaine, le directeur exécutif du PNUE, Klaus Toepfer, a déclaré
que
"l'Organisation est confrontée dans le monde à des défis
environnementaux
croissants qui nécessitent plus de financement qu'elle n'en
obtient
actuellement pour faire face à ses obligations".
Le PNUE évalue ses besoins budgétaires à 119,4 millions de
dollars US pour
les deux prochaines années. Ce montant dépasse le budget
précédent de 60
millions de dollars. "La prévision budgétaire de 119,4 millions
de dollars,
soumise à l'approbation du Conseil, a été faite compte tenu des
immenses
défis et espoirs du PNUE", a déclaré Toepfer aux plus de 600
délégués
lundi dernier.
Après s'être adressé aux délégués, Toepfer a dit aux
journalistes que le
budget requis ne présente qu'une "augmentation modeste dans
l'actuel plan
biennal basé sur les accords signés par les gouvernements en
1997".
"Cette somme est, à mon avis, le seuil financier minimal qui
permettrait au
PNUE de retrouver l'efficacité et un budget de fonctionnement
nécessaire à
l'exécution de son programme de travail", dit-il. "Je ne crois
pas que la
demande d'une somme supplémentaire de 60 millions de dollars US
par an pour
le programme environnemental mondial soit excessive, surtout si
l'on tient
compte des exigences supplémentaires qu'impose à l'Organisation
son mandat
élargi".
Les fonds que le PNUE exhorte ses membres à payer, serviront à
financer une
série d'activités telles que la lutte contre les incendies de
forêt en Asie
ainsi que les inondations dans certaines régions de l'Afrique et
des
Caraïbes. Ces inondations et incendies ont causé des dégâts de
près de 90
milliards de dollars US l'année dernière.
Les incendies considérables et généralisés ayant engouffré
certaines régions
de l'Asie du sud-est en 1997 et en 1998, ont entraîné des
problèmes de santé
chez des dizaines de milliers de personnes exposées pendant des
semaines aux
hauts degrés des gaz qui s'échappaient du feu, selon un nouveau
rapport du
PNUE.
Le rapport, intitulé 'Les incendies de forêt et l'environnement
: une
synthèse globale', signale que les incendies ont surtout ravagé
les forêts
indonésiennes de Kalimantan, Sumatra et Java ; ils ont ravagé
dans une
moindre mesure le Brésil, le Canada, la France et le Mexique.
Dans son message au conseil, le Secrétaire général des Nations
Unies, Koffi
Annan, déclare que la prévention précoce des catastrophes
écologiques
pourrait même permettre d'éviter des conflits dans de nombreux
pays. "Les
capacités du PNUE à évaluer et à prévenir très tôt les
catastrophes peuvent
représenter une contribution indispensable aux efforts que l'ONU
fait pour
construire la paix, car la dégradation de l'environnement et les
problèmes
de ressources naturelles peuvent être des précurseurs de
conflit",
indique-t-il.
Pendant cette rencontre de cinq jours, qui a commencé lundi, les
ministres
de l'Environnement des 58 pays membres de l'organe exécutif de
cette agence
de l'ONU fixeront un nouveau programme environnemental mondial,
au vu des
nouveaux problèmes environnementaux auxquels est confronté
l'organe de
l'ONU.
Une question clé dont discuteront les participants, c'est la
mise au point
d'un système de contrôle et de prévention précoce pour permettre
au PNUE de
prévenir les catastrophes écologiques comme les effets du récent
tremblement
de terre en Colombie et les incendies de forêt observés en
Indonésie en 1998.
Le conseil abordera également les récents chocs économiques et
financiers
intervenus dans l'économie mondiale. Selon le PNUE, ces chocs
augmentent le
risque de crise financière à court terme et annulent les progrès
précédemment effectués au niveau des politiques
environnementales dans la
plupart des pays.
"Les gouvernements sont obligés d'aborder les problèmes de
chômage
croissant et leurs impacts sociaux", dit Toepfer en ajoutant
que "dans un
monde où les frontières disparaissent de plus en plus, nous
devons créer les
frontières mondiales par l'intermédiaire des mécanismes
procéduriers, légaux
et institutionnels pour profiter des forces de la libéralisation
et de la
mondialisation".

