NIGERIA: Le Parti Du Général Obasanjo Remporte Les Elections Locales

LAGOS, 8 déc. (IPS) – En réalisant un bon score aux élections
locales du 5
Décembre dernier,le parti de l'ancien chef d'Etat nigérian, le
Général
Olusegun Obasanjo, a considérablement augmenté ses chances pour
les
présidentielles de Février 1999.

Dans une déclaration parvenue à Inter Press Service le 7
Décembre, le
Général Obasanjo indique que les résultats l'encouragent à
participer à la
course aux prochaines élections présidentielles.
Le Général a notamment déclaré: "Les résultats obtenus par mon
parti
m'encouragent à solliciter le suffrage de mon peuple afin de
servir mon pays
comme prochain président élu du Nigéria. Je ne me fais pas
d'illusion, je
sais que ce ne sera pas facile, mais les difficultés à venir
constituent un
passage obligé".
Les résultats proclamés Lundi 7 Décembre et provenant de 774
circonscriptions électorales, montrent que le Parti Démocratique
du Peuple
(PDP) a remporté la majorité des suffrages dans toutes les
régions du pays,
à l'exception du Sud-Ouest, fief de l'ethnie Yoruba à laquelle
appartient le
Général.
Obasanjo a dirigé le Nigeria de 1976 à 1979. Il est le seul Chef
d'Etat
militaire à avoir volontairement remis le pouvoir à un Président
civil élu.
Plus de 2000 observateurs étrangers et locaux ont participé à la
supervision
du scrutin du 5 Décembre. En gros, le vote s'est déroulé dans un
climat de
paix, à l'exception de l'incident survenu dans la région
pétrolifère du
Delta du Niger, au cours duquel six personnes ont trouvé la
mort, suite aux
violents affrontements entre supporters rivaux.
Dans un message radiotélévisé diffusé à la veille du scrutin,
l'actuel Chef
d'Etat, le Général Abdulsalaam Abubakar, a mis en garde les
saboteurs
éventuels du programme national de démocratisation. "Notre
ouverture
d'esprit n'est pas synonyme de renoncement à maintenir l'ordre
public et à
faire respecter la loi”, a notamment déclaré le Général
Abubakar.
Il a exhorté les électeurs à voter pour des dirigeants capables
de relever
les défis que pose la chute des cours mondiaux du pétrole, chute
qui réduit
considérablement les recettes d'exportation du pays. "Il nous
faut des
dirigeants conscients de ces défis et prêts à faire face à nos
problèmes
socio-économiques", a indiqué Abubakar.
Pour le Chef d'Etat nigérian, le scrutin du 5 Décembre devrait
servir de
rampe de lancement aux présidentielles de Février 1999. Le
calendrier
prévoit notamment la tenue d'élections législatives et
présidentielles
respectivement les 22 et 29 Février. Après quoi, le 29 Mai, les
militaires
remettront le pouvoir au Président civil élu.
Sur la base des scores réalisés le 5 Décembre, seuls trois
partis – le PDP,
l'Alliance pour la Démocratie (AD) et le Parti de Tout le Peuple
(APP) –
pourront prendre part aux prochaines élections. En effet, la
Commission
Electorale Nationale Indépendante (INEC) exige qu'un parti qui
souhaite
participer au scrutin présidentiel, remporte au moins cinq pour
cent des
suffrages exprimés dans 24 des 36 Etats de la Fédération.
"C'est un test décisif, nous commettrons certainement des
erreurs, mais
nous avons fait de notre mieux pour mettre en place un système
viable; il
appartient maintenant aux Nigérians de le faire fonctionner", a
déclaré le
Général Abubakar.
Malgré l'optimisme ambiant, le scrutin du 5 Décembre a été
boycotté par le
Comité d'Action Conjointe du Nigéria (JACON), dirigé par le
bouillant avocat
Gani Fawehinmi. "JACON est convaincu que la transition a échoué
depuis le
début. De la même façon, toutes les élections organisées pendant
la période
transitoire sont vouées à l'échec", a annoncé Fawehinmi dans un
communiqué
parvenu à IPS en fin de semaine.
Gani Fawehinmi a précisé que la décision de boycotter les
élections provient
d'une résolution votée à l'unanimité par le Comité en Juillet
dernier. JACON
rejette en bloc le programme de transition du Général.
"Abubakar doit mettre fin au jeu dangereux de la prétendue
transition, car
le Nigéria pourrait sombrer dans la désintégration, le chaos,
l'instabilité
et une catastrophe sans précédent dans toute l'histoire du
Nigeria", a-t-il
prévenu.
JACON préconise la tenue d'une 'conférence nationale souveraine'
par un
gouvernement d'union nationale, avant que des élections
crédibles ne soient
organisées.