AFRIQUE DU SUD: La Nouvelle Présidente du MNA Fait Face A Ses Défis Majeurs.

JOHANNESBURG, 30 sept. (IPS) – La fureur qui a accompagné le 12ème
sommet du
mouvement des pays non-alignés (MNA), tenu dans la ville sud-
africaine de
Durban au début du mois de septembre, a diminué actuellement et la
nouvelle
présidente (l'Afrique du sud) se prépare pour relever des défis
majeurs.

Dans son nouveau rôle, l'Afrique du sud préside une organisation
soutenant
la cause de 113 nations en développement qui continuent d'être
marginalisés
par les forces dominantes des nations industrialisées.
Lors du sommet de Durban, le président Nelson Mandela a assuré que
"pendant
son mandat", l'Afrique du sud cherchera à renforcer le mouvement
et à
contribuer à son renouvellement afin qu'il puisse assumer son
mandat
historique au cours du prochain siècle".
Né en pleine guerre froide, en 1961, pour unir les pays qui ne
voulaient
être alliés ni au bloc occidental dirigé par les Etats-Unis, ni au
bloc de
l'Est dominé par l'Union soviétique, le mouvement rassemble
désormais son
énergie pour combattre la pauvreté dans les pays en développement.
Depuis le début, le mouvement n'a pas pu organiser une conférence
internationale sur la dette, alors que la crise de l'endettement
s'accentue.
Les organisations non gouvernementales, ayant fait pression sur le
sommet de
Durban, affirment que le plan des pays pauvres lourdement endettés
est
inadéquat. Les pays concernés par ce plan sont définis par les
pays riches
du Nord et ce programme soulagera au plus six pays d'ici à l'an
2000.
La société civile sud-africaine mène une campagne pour annuler la
dette,
notamment la dette contractée par le régime de l'apartheid, car
ceux qui ont
souffert sous ce système sont ceux qui rembourseront cette dette.
Depuis qu'il a accédé à la présidence, Pretoria a apparemment
abandonné sa
politique de la période post-apartheid qui prône la non-ingérence
dans les
affaires intérieures des autres pays. En effet, il a envoyé des
troupes au
Lesotho voisin pour soutenir le gouvernement assiégé du Premier
ministre
Pakalitha Mosisili.
"Pour l'Afrique du sud, la tentation est certainement forte,
étant donné sa
population multiraciale, d'extrapoler le passé et de se mettre à
cheval sur
les deux mondes de l'Afrique et du Nord", déclare Adebayo
Adedeji, ancien
secrétaire général de la Commission économique africaine (CEA)
d'Addis-Abeba.
Selon lui, la majorité des Blancs sud-africains qui représentent
15 pour
cent de la population du pays, se tournent vers le "Nord pour
obtenir un
soutien matériel, financier et politique".
Par contre, leurs compatriotes noirs obtiennent leur soutien des
Etats
indépendants d'Afrique.
La disparité se complique car les Blancs sud-africains, qui
représentent la
majorité des 5 pour cent de la population détenant 88 pour cent de
la
richesse du pays, dominent également la Fonction publique sud-
africaine.
C'est compte tenu de ce contexte que l'Afrique du sud s'est
engagée dans une
politique étrangère prudente et hésitante vis-à-vis du reste du
continent.
"Vous vous rendrez compte que les Sud-africains sont prudents
quant à
l'idée de leur implication dans le continent", a écrit Kader
Asmal,
ministre sud-africain de l'Eau, dans une récente édition de la
revue du
centre africain pour le développement et les études stratégiques.
"Nous soutenons fermement que l'intégrité de tous les Etats est
inviolable
et toutes les actions de notre gouvernement tendront à assurer
cela. En
conséquence, il n'y aura plus d'agression à partir du sol sud-
africain",
promet-il.
L'Afrique du sud était l'agresseur des pays africains de la
région, avant la
fin de l'apartheid en 1994 ; elle faisait des frappes militaires
au-delà de
ses frontières et, d'après les estimations, ces frappes ont
entraîné des
pertes de 60 milliards de dollars américains.
L'Afrique du sud a également le devoir moral de poursuivre le
désarmement
nucléaire, l'une des principales priorités du mouvement des non-
alignés ; en
effet, elle a détruit ses six armes nucléaires avant le règne de
la majorité
en 1994.
Le mouvement exhorte la Conférence sur le désarmement à créer un
comité pour
négocier un programme progressif pour l'élimination complète des
armes
nucléaires.
Le mouvement préconise également un accord multilatéral universel
et légal
qui oblige tous les Etats à procéder à l'élimination des armes
nucléaires.