JOHANNESBUR, 21 sept. (IPS) – La publication du rapport de la
commission
Langa sur la présumée fraude électorale, menace la stabilité du
royaume du
Lesotho qui est au bord de l'éclatement.
Le rapport, publié jeudi dernier, a noté de graves irrégularités
dans les
élections générales de mai, mais il n'a pas préconisé la tenue de
nouvelles
élections, comme l'exigent les partis d'opposition.
"Nous ne pouvons qu'espérer qu'un compromis sera d'une manière ou
d'une
autre trouvé", déclare Shoai Santho, politologue et membre de la
Conférence
nationale du Lesotho chargée de la gestion des conflits. Le pire
scénario
adviendrait lorsque le gouvernement refuserait de céder face à une
opposition qui rejetterait tout compromis".
"L'espérance des citoyens ordinaires est aussi très grande et les
gens
accepteront difficilement autre chose que de nouvelles
élections",
observe-t-il.
Le rapport réalisé par certains membres de la communauté de
développement de
l'Afrique australe (SADC), a été mis à la disposition du
gouvernement, du
roi Tetsie III et des partis politiques, malgré la vive tension
qui règne à
Maseru, la capitale. Selon ce rapport, il n'y a pas eu de preuves
concluantes pour invalider les élections.
La commission Langa, présidée par le juge sud-africain Pius Langa,
a été
créée pour faire des enquêtes sur les allégations des partis
d'opposition
selon lesquels le gouvernement a truqué les élections de mai dont
les
résultats ont conféré 79 sièges, sur les 80 que compte l'Assemblée
nationale, au parti au pouvoir, le Congrès du Lesotho pour la
démocratie (LCD).
Sous l'effet de la rage, les supporters des partis d'opposition
ont demandé
au roi d'annoncer de nouvelles élections.
Les jeunes officiers de l'armée ont aussi organisé une mutinerie
qui s'est
soldée par la l'arrestation de leurs supérieurs et la démission du
chef
d'état major, le lieutenant général Makhule Mosakheng.
Avant la publication du rapport, le ministre des Affaires
étrangères, Tom
Thabane, avait déclaré que le gouvernement était prêt à accepter
les
résultats de l'enquête de la commission et à observer ses
recommandations.
Le chef du Basotholand Congress Party (parti d'opposition), Malapo
Qhobela,
a, cependant, annoncé qu'ils n'accepteraient pas les résultats,
s'ils ne
préconisent pas la tenue d'une nouvelle élection.
L'incapacité de la commission à proposer de nouvelles élections,
crée une
crise de gouvernance dans un pays où la population doute de la
crédibilité
de ses dirigeants.
D'après les sources émanant de la capitale, le gouvernement a
perdu le
contrôle de la situation et l'intervention des forces de la SADC
est
désormais nécessaire.
L'Afrique du sud voisine a mis de côté un bataillon qui
interviendra, au cas
où la situation se détériorerait au Lesotho.
Le Lesotho est le troisième point explosif dans la région de la
SADC. Les
autres points sont l'Angola et la République démocratique du Congo
(RDC) où
les forces rebelles soutenues par l'Ouganda et le Ruanda tentent
de
renverser le gouvernement du président Laurent Kabila.
En Angola, les troubles civils opposant les forces
gouvernementales à
l'Union pour la libération totale de l'Angola (UNITA) de Jonas
Savimbi,
menacent de déchirer le pays.
"La région en a marre des problèmes", estime Dennis Venter,
directeur de
l'institut africain de l'Afrique du sud. "Il y a quelques années,
la région
était considérée comme la seule région ayant une croissance
économique
durable en Afrique".
L'élection de mai a été supervisée par 510 observateurs basothos
et
étrangers qui avaient déclaré unanimement que l'élection "avait
été
organisée d'une façon . . . acceptable selon les normes
internationales".
Les troubles qui ont commencé depuis six semaines, ont fait
plusieurs morts.
La Conférence nationale chargée de la gestion des conflits, qui
regroupe les
organisations de la société civile dans ce royaume montagneux de 2
millions
d'habitants, organisera une conférence de deux jours à la fin de
ce mois
pour essayer d'amener les groupes en conflit à négocier.
(Fin/ips/gm/mn/nrn/98)
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