NATIONS UNIE, 16 sept. (IPS) – Lors d'un examen des succès et des
échecs
des Nations Unies, le secrétaire général, Kofi Annan, a déclaré
qu'il est
très préoccupé par le manque de progrès dans la résolution de
plusieurs
conflits actuels en Asie, en Europe, en Afrique et au Moyen-
Orient.
Le monde a été 'heureusement' débarrassé des grands conflits
régionaux au
cours de ces 12 derniers mois, mais plusieurs guerres locales ont
continué
tandis que de nouvelles ont éclaté, signale-t-il. Ces nouvelles
guerres
incluent une guerre territoriale entre l'Ethiopie et l'Erythrée,
deux Etats
voisins.
"Bien que la communauté internationale ait eu d'importants
succès,
notamment le rétablissement du gouvernement démocratiquement élu
de la
Sierra Leone, la paix demeure précaire dans de nombreuses régions
du monde,
déclare Annan dans son rapport annuel présenté aux 185 membres de
l'Assemblée générale des Nations Unies.
Le rapport de 32 pages sera présenté à la 53ème session de
l'Assemblée
générale qui commence le 21 septembre. Dans ce rapport, Annan
signale que le
processus de paix dans plusieurs régions, y compris les régions
dans
lesquelles les Nations Unies ont dépensé des ressources
considérables
pendant une longue période, "montre une tendance affligeante de
désagrégation'.
Annan avoue qu'il est particulièrement préoccupé par l'impasse du
processus
de paix au Moyen-Orient, les troubles en Afghanistan, l'escalade
de la
violence au Kosovo, la guerre civile au Soudan, la constante
instabilité et
la violence en République démocratique du Congo ainsi que le
retour de la
guerre civile en Angola.
Les efforts de paix en Angola ont reçu un grave coup lorsque le
représentant
spécial de l'ONU, Alioune Blondin Beye, a été tué dans un accident
d'avion
en juin.
"La montée de la tension entre l'Inde et le Pakistan à propos du
Kashmir et
d'autres questions, est une cause majeure de préoccupation, ainsi
que
l'impasse du processus de paix chypriote", souligne-t-il.
Bien que les missions de paix des Nations Unies aient connu des
succès
notoires, il fait remarquer qu'il y a des conflits "où
l'hostilité est si
intense et la méfiance si répandue que l'habileté de n'importe
quelle
diplomatie ne fera aucune percée".
Tout en soutenant que le conflit afghan est l'un des plus
complexes au
monde, Annan estime que ce conflit a défié une solution malgré
plusieurs
réunions tenues à New York par un groupe de huit pays concernés et
les
efforts louables déployés par le représentant spécial des Nations
Unies en
Afghanistan.
"Les factions afghanes en guerre ont continué à privilégier
l'option
militaire au prix d'un grand sacrifice humanitaire", révèle
Annan. "Elles
ont également refusé de participer à tout important dialogue. En
cela, elles
ont été malheureusement aidées et encouragées par les puissances
étrangères".
Cependant, "les initiatives diplomatiques les plus sensibles et
les plus
difficiles" entreprises l'année dernière, concernaient les foyers
de
tension en Afrique : il s'agit de la région des grands lacs de
l'Afrique
cent qui comprend le Burundi, le Rwanda, l'Ouganda, la Tanzanie et
la
République démocratique du Congo.
Annan affirme que le rôle de la diplomatie est si central dans
presque
toutes les activités des Nations Unies que sa contribution
spécifique est
parfois ignorée. "Cela est particulièrement vrai dans le cas de
la
diplomatie préventive", martèle-t-il.
Annan explique que les projecteurs de la publicité ne sont souvent
allumés
que lorsque le conflit s'enracine. "Mais, en soi, cela rend le
compromis
plus difficile car les dirigeants craignent que les concessions
faites en
public soient interprétées comme des faiblesses par les opposants
ou comme
une trahison par les supporters".
Toutefois, il ajoute que l'on n'a pas toujours le choix". Annan
raconte son
voyage à Bagdad, en février, où il a convaincu le président
irakien, Saddam
Hussein, de permettre aux inspecteurs d'armes des Nations Unies
d'avoir
accès à ses palais présidentiels.
Etant donné que les causes de la plupart des conflits sont
d'habitude
régionales ou locales, Annan croit que les organisations
régionales sont
particulièrement bien indiquées pour jouer un rôle important dans
les
avertissements initiaux et la diplomatie préventive.
Par conséquent, dans l'esprit de la charte des Nations Unies, il
déclare
vouloir créer un réel partenariat avec une division du travail
plus
rationnelle et plus efficace entre ces organisations et les
Nations Unies.
Au début de cette année-ci, tout en poursuivant leur objectif, les
Nations
Unies ont établi un bureau de liaison au siège de l'Organisation
de l'unité
africaine (OUA) en Ethiopie.
Les Nations Unies sont aussi entrain de consolider les liens avec
l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe. Selon
Annan, la
collaboration des Nations Unies avec les organisations régionales
et sous
régionales illustre également le lien entre le renforcement de la
paix, le
développement et le désarmement.
Bien que les catégories de prévention, de rétablissement de la
paix, du
maintien de la paix et du renforcement de la paix à l'issue des
conflits,
demeurent utiles, il précise qu'il est couramment reconnu que la
plupart des
opérations combinent des activités dans plus d'une catégorie.
A Chypre et en Géorgie, les Nations Unies sont activement
impliquées dans le
maintien et le rétablissement de la paix. En outre, en Sierra
Leone et au
Tajikistan, le plan de renforcement de la paix a commencé pendant
les
opérations de maintien de la paix.
A son avis, ces diverses combinaisons "reflètent une
compréhension des
complexités des situations particulières et le besoin de
coordonner une
gamme variée des activités de promotion de la sécurité".

