POLITIQUE-RDC: Un Accord De Cessez-le-feu Incertain, Sans Les Rebelles.

HARARE, 9 sept. (IPS) – Sept dirigeants africains cherchant à
mettre fin aux
combats en République démocratique du Congo (RDC), sont tombés
d'accord sur
un cessez-le-feu, mais les rebelles congolais disent que cet
accord ne les
engage pas.

Après avoir été empêchés de prendre part aux négociations tenues
dans la
ville touristique zimbabwéenne de Victoria Falls sur le conflit en
RDC, les
responsables du rassemblement rebelle congolais pour la démocratie
(RCD) ont
très tôt quitté la réunion mardi dernier.
"Cet accord ne nous engage pas parce que le seul Congolais
présent à la
réunion était Laurent Kabila, celui qui tue son propre peuple", a
déclaré
Bizima Karaha, le chef des rebelles, à son départ de l'hôtel
Elephant Hills,
où les négociations ont eu lieu.
Karaha avait été l'ancien ministre des Affaires étrangères de
Kabila avant
de faire défection pour rejoindre le RCD. IL a dit que puisque sa
délégation
a été empêchée de prendre part aux négociations relatives au
cessez-le-feu,
l'accord de désarmement ne concernerait que ceux qui l'ont signé.
Le président de la RDC a carrément refusé d'être dans la même
salle que les
rebelles. Cette position a amené le président du sommet, le
président
zambien Frederick Chiluba, à faire la navette entre les salles de
conférence
pendant les deux jours de rencontre qui ont commencé lundi
dernier.
Après avoir été accusés par la RDC de supporter les rebelles,
l'Ouganda et
le Rwanda ont, cependant, accepté la cessation des hostilités. Une
réunion
des ministres de la défense des sept pays est prévue pour le jeudi
10
septembre à Addis Abeba, en Ethiopie, pour adopter les mécanismes
du
cessez-le-feu.
Le sommet de cette semaine tenu à Victoria Falls a rassemblé les
dirigeants
de l'Angola, de la Namibie, de la RDC, du Rwanda, de l'Ouganda, du
Zimbabwe
et de la Namibie. Il avait pour objectif de mettre fin aux combats
en RDC,
et il s'est poursuivi de façon inespérée jusqu'à mardi parce que
le Rwanda a
refusé de reconnaître son rôle militaire dans la crise.
Le Rwanda, qui a été représenté par le président Pasteur
Bizimungu, a nié
toute présence de ses troupes au Congo. L'Ouganda, qui a été
représenté au
sommet par le président Yoweri Museveni, a reconnu avoir envoyé
seulement 50
officiers. Il a expliqué que les autres soldats y avaient été
déployés bien
avant la guerre grâce à un accord bilatéral signé entre les
gouvernements de
Kampala et de Kinshasa.
Tout récemment, les forces alliées de l'Afrique australe, luttant
aux côtés
de la RDC, ont déclaré qu'elles ont tué, blessé et capturé plus de
4000
soldats ougandais et ruandais.
Le sommet de deux jours fait suite à une réunion des sept
dirigeants à
Durban (Afrique du sud), la semaine dernière, lors du 12ème sommet
des
non-alignés. Le Zimbabwe, l'Angola et la Namibie, connus comme
les forces
alliées, se sont engagés dans le conflit congolais, qui a commencé
en août,
pour aider Kabila, qui a accusé le Rwanda et l'Ouganda d'invasion.
Le
secrétaire général de l'Organisation de l'unité africaine (OUA),
Salim Ahmed
Salim, a également pris part aux négociations de Victoria Falls.
Après avoir essayé de parler à l'un des rebelles à Victoria Falls,
une
source a déclaré que "ce que les rebelles veulent, ce sont des
négociations
directes avec Kabila lui-même pour régler cette situation
interne".
"Ils n'ont aucun problème avec le cessez-le-feu, mais ils
craignent que
Kabila ne fasse ce qu'il veut sans les consulter, alors c'est
pourquoi une
réunion du peuple congolais est importante", a-t-il dit.
Il y a encore des craintes, car nul ne sait si le cessez-le-feu
sera
respecté par les deux parties.
Au début, le gouvernement de la RDC avait déclaré qu'il n'y aura
pas de
cessez-le-feu tant que les troupes ougandaises et ruandaises ne
quitteront
pas le pays. D'autre part, les rebelles avaient annoncé qu'ils ne
déposeraient pas les armes avant le départ des forces alliées de
la RDC.