FREETOW, 05 août (IPS) – Les 4,8 millions d'habitants de la
Sierra Leone vont bientôt recueillir les fruits de la conférence
de la semaine dernière tenue au siège des Nations Unies à New
York. Cette conférence avait pour but de mobiliser des fonds pour
réhabiliter ce pays de l'Afrique de l'Ouest ravagé par la guerre.
Les pourparlers auxquels ont pris part une trentaine de
représentants d'Organisations Non Gouvernementales (ONG), se sont
soldés par une série d'engagements économiques vis-à-vis de la
Sierra Leone.
La Grande Bretagne qui a colonisé la Sierra Leone jusqu'en 1961, a
octroyé 1,5 millions de livres sterling (soit 2,43 millions de
dollars américains) pour le programme de Désarmement, de
Démobilisation et de Réintégration (DDR) et a de nouveau consenti
1,5 millions de livres sterling (soit 2,43 millions de dollars
américains) pour l'assistance logistique à la force Ouest-
africaine de maintien de la paix (ECOMOG).
L'ECOMOG a rétabli le Président Ahmed Tejan Kabbah au pouvoir en
mars dernier, un an après qu'il a éte renversé par la junte
militaire.
Au cours de la conférence, les Etats Unis ont alloué au total près
de 55 millions de dollars, dont 11,2 millions de dollars sont
destinés au programme DDR, 3,9 millions à l'ECOMOG et 33 millions
aux besoins humanitaires.
La Chine et le Japon ont aussi alloué des fonds dont le montant
n'a pas été révélé. L'Allemagne a mis 20 véhicules à la
disposition de la police sierra léonaise et a renoué les liens
diplomatiques qui ont été interrompus à cause d'une rupture des
relations entre les deux pays au début des années 1990.
Le gouvernement de la nouvelle Zélande a pour sa part octroyé
100.000 dollars de la nouvelle Zélande (soit 57.857 dollars
américains)pour un programme de protection sociale à être
coordonné par le Fonds des Nations Unies pour l'Enfance (UNICEF),
et le Canada pense déployer cinq experts militaires en plus de son
soutien à la police.
Au cours de la conférence d'une journée, l'envoyé spécial du
secrétaire général de l'ONU, Francis Otello, a exhorté la
communauté internationale à traduire leurs promesses de
financements en actions concrètes en vue d'aider la Sierra Leone à
consolider son processus démocratique.
En dehors des aides financières, les participants ont examiné la
situation sécuritaire en Sierra Leone, par rapport au climat
d'activités des rebelles dans le Nord et dans l'Est du pays.
Les rebelles du Front Révolutionnaire Uni (RUF) avaient soutenu
les militaires du Conseil des Forces Armées Révolutionnaires(AFRC)
qui ont été renversés en février dernier. Le gouvernement civil
élu en Sierra Leone est retourné au pouvoir en mars dernier.
Les anciens rebelles de l'AFRC et du RUF continuent de mener les
combats dans les zones rurales où ils commettent des atrocités sur
les civils.
Le président Kabbah a révélé lors de la conférence de l'ONU que
son gouvernement a proposé aux forces rebelles un ultimatum de
deux semaines, prolongé jusqu'au 8 août, pour se rendre à
l'ECOMOG, contre une amnistie.
"Mon gouvernement, dans un esprit de réconciliation nationale, a
prolongé de deux semaines, sa proposition d'accueillir les membres
de la junte et les rebelles qui sont prêts à déposer leurs armes
et se rendre à l'ECOMOG", a-t-il déclaré.
Bien que le président soit rentré dimanche dernier pour s'informer
de la reprise des atrocités par la junte dans le Nord, les Sierra
léonais sont généralement satisfaits des résultats de la
conférence de New York.
Dans son éditorial 'de félicitations au président', le journal
indépendant 'Vision' a révélé mardi dernier que "l'attention que
la communauté internationale accorde à la sierra Leone est telle
que le président Kabbah mérite d'être félicité. Le président a
démontré qu'il est véritablement engagé vers l'instauration du
développement et de la paix dans ce pays ravagé par la guerre".
Le 'Daily Mail' a approuvé cette déclaration. "Le succès de la
visite du président (aux Nations Unies en passant par New York)
est immense, cela a été un succès formidable".
Puisqu'une bonne partie des fonds alloués seront consentis au
programme DDR, la mission d'observateur de l'ONU en Sierra Leone
(UNMSRI), a mis en branle le processus de démobilisation.
Le mois dernier, le conseil de sécurité de l'ONU a unanimement
voté pour la création d'une petite opération de maintien de la
paix en Sierra Leone. Une équipe de 70 experts militaires sera
envoyée pour aider à désarmer les
miliciens.

