NATIONS UNIE, 24 juill. (IPS) – L'ONU affirme que le nombre et
l'ampleur
des catastrophes écologiques à travers le monde augmentent à un
rythme alarmant.
"L'ampleur des catastrophes touche des régions tout entières",
déclare le
secrétaire général Kofi Annan qui milite pour une augmentation de
l'aide
pour faire face à la nouvelle crise croissante.
Dans un rapport sur l'aide humanitaire publié par l'ONU, Annan
affirme que
les récentes catastrophes naturelles incluent les inondations dans
la corne
de l'Afrique et en Europe centrale et orientale, les feux de
brousse en
Indonésie et au Brésil, les éboulements en Amérique Latine et aux
Caraïbes,
la sécheresse en Corée du Nord et les tremblements de terre en
Iran.
Ces catastrophes ont soit déplacé ou rendu sans abri plus de 20
millions de
personnes dans le monde. C'est un "grand défi à relever par la
communauté
internationale", déclare Annan, qui déplore que dans bon nombre
de ces cas,
l'aide humanitaire n'a pas pu répondre aux besoins des gens.
En 1997, L'ONU avait fourni de l'aide à 51 Etats membres pour
compatir à
l'impact dévastateur des 77 cas de catastrophes naturelles et
écologiques.
De septembre à novembre 1997, des régions de Brunei, de
l'Indonésie, de la
Malaisie, des philippines, du Singapour et du Thaïlande étaient
sérieusement
touchées par une brume épaisse occasionnée par des feux de brousse
à grande
intensité en Indonésie. Ces feux étaient, en retour, causés par
l'utilisation des méthodes de brûlis, et aggravés par le phénomène
El-Nino
provoqué par la sécheresse. La zone touchée par le feu faisait
environ 2
millions d'hectares.
Les inondations dans la corne de l'Afrique ont touché près d'un
million de
personnes en Somalie seule, où la mortalité a dépassé 2.000. Les
pluies
torrentielles sur l'Europe centrale et orientale en juillet 1997
ont
occasionné des inondations sans précédent sur les vastes
territoires de la
République Tchèque, en Allemagne, en Pologne, en Roumanie et en
Slovaquie,
touchant directement quelques 5 millions de personnes. En Corée du
Nord, la
sécheresse a entraîné une famine dévastatrice.
Le rapport de l'ONU révèle aussi que l'Amérique Latine et les
Caraïbes ont
enduré les conséquences de "l'inhabituel grand impact du
phénomène El-Nino".
En Equateur, les inondations, les houles et les calomnies ont
affecté la
région côtière depuis septembre 1997. Le dégât enregistré dans le
secteur
des infrastructures est d'environ 300 millions de dollars. Au
Pérou, les
mêmes conditions climatiques inhabituelles ont, depuis la fin de
1997, été à
l'origine des fortes pluies provoquant des inondations et des
éboulements
dans les régions septentrionales, centrales et australes du pays.
Un état
d'urgence a été déclaré dans plus de la moitié du pays.
D'autre part, l'Iran, a connu une série de tremblements de terre
très tôt en
1997, dont un troisième, au Sud Khorasan, était le plus critique.
Plus de
1.500 personnes sont mortes et quelques 50.000 sont sans abri.
"Plusipays ont aussi souffert de graves problèmes écologiques à
cause
du séjour prolongé des réfugiés des pays voisins sur leurs
territoires",
indique le rapport.
Ces problèmes incluent la déforestation, la pollution des eaux, la
perte des
terres cultivables et la pression conséquente de la population
dans les
régions incapables de les aider et "créant ainsi des problèmes
interminables auxquels la communauté internationale accorde peu
d'importance".
En février, l'Organisation des Nations Unies pour l'Alimentation
et
l'Agriculture (FAO) a indiqué que la production agricole dans au
moins six
pays africains – la Somalie, le Kenya, la Tanzanie, l'Ouganda,
l'Ethiopie et
l'Erythrée – a été dévastée par le phénomène climatique El-Nino.
La baisse
de la production alimentaire a provoqué des pénuries alimentaires,
et la FAO
a estimé qu'actuellement quelques 10 millions de personnes
nécessitent une
assistance urgente en Afrique orientale.
Margaret Wahlstrom, de la fédération internationale de la Croix
Rouge et du
Croissant Rouge, a déclaré à la conférence du Conseil Economique
et Social
(ECOSOC) la semaine dernière que l'humanitarisme n'est pas limité
aux
personnes en situations de guerre. "Il implique
l'approvisionnement des
services à tous ceux qui sont entraînés dans les catastrophes".
Wahlstrom a révélé qu'en une année en moyenne, il y avait plus de
65
millions de victimes touchées par les inondations et plus de 59
millions de
victimes touchées par la famine. "Les inondations en Chine cette
année ont
été pires en une génération, affectant les vies de plus de 13
millions de
personnes. De tels désastres devraient davantage préoccuper la
communauté
internationale", a-t-elle indiqué.
Wahlstrom a appelé la communauté internationale à traiter les
catastrophes
naturelles au même titre que les guerres et les crises
économiques.
Ravi Rajan, coordonateur résident de l'ONU en Indonésie, a confié
à l'ECOSOC
que les feux de brousse extensifs dans le pays étaient parmi les
plus grands
problèmes de l'histoire. Les frais économiques peuvent bien
dépasser 4
milliards de dollars, a-t-il déclaré.
"La vulnérabilité d'un tel sinistre augmenterait dans l'avenir",
a-t-il
déclaré, "et donc l'état de préparation était nécessaire".
Dans son rapport, Annan indique qu'à mesure que la situation
s'aggrave, les
contributions des bailleurs de fonds baissent. Sur les besoins de
financement global de 2,8 milliards de dollars en 1994, par
exemple, près de
80% étaient financés par les bailleurs de fonds. En 1997, les
besoins de
financement ont chuté à 1,7 milliards de dollars, mais les
contributions des
bailleurs de fonds ne représentaient que 62% des besoins prévus.
Le Haut Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés (HCR),
l'un des
plus grands organismes de financements de l'aide humanitaire,
s'est aussi
plaint de la baisse des fonds. En mai 1998, le HCR n'a reçu que la
moitié de
son budget annuel qui est de 1,1 milliards de dollars.
"Le HCR dépend presque entièrement des souscriptions volontaires
pour
financer ses activités, mais les ressources à notre disposition
sont
devenues davantage rares et imprévisibles", a indiqué récemment
Sadako
Ogata, responsable du HCR.

