COMMUNICATIONS-GABON: Le Marché Du Téléphone Portable Est En Pleine Expansion

LIBREVILLE, 2 avr. (IPS) – Le téléphone portable communément
appelé
"cellulaire ", a pris le pas sur la ligne de téléphone
classique, sans
pour autant résoudre l'épineuse question du coût élevé des
communications au
Gabon.

Les tarifs de communication sur les téléphones portables sont en
général de
2 à 3 fois plus élevés que la communication sur une ligne
téléphonique
classique qui coûte 100 F CFA la minute.
En conséquence, peu de particuliers utilisent ce mode de
communication. Cela
concerne plutôt les professionnels des différents corps de
métiers.
Le téléphone portable a été introduit au Gabon en 1992, par
l'Office des
Postes et télécommunications (OPT) qui compte plus de 9000
abonnés
résidant principalement dans les grandes villes.
Le Gabon a initialement adopté le système American Mobil Phone
System
(AMPS) qui couvre la gamme des fréquences comprises entre 800 et
900
MHZ.
Devant une demande croissante, l'OPT a introduit le 26 mars
dernier, la
norme numérisée Global System for Mobile communication (GSM).
Cette norme
est gérée par Libertis, la filiale de l'OPT qui tire son nom de
la capitale
Libreville.
Le directeur général de l'OPT, Thomas Souah, a déclaré que "le
réseau
GSM permet à l'abonné d'être relié au monde entier grâce à
l'interconnexion du réseau téléphonique".
Pratique et peu encombrant, le cellulaire est en pleine
expansion.
Devant les difficultés d'obtention d'une ligne classique en
raison de la
saturation du réseau ou encore pour les habitants qui logent
dans des zones non
urbanisées, le cellulaire semble être la solution, mais il est
onéreux.
L'achat d'un terminal GSM chez un distributeur agréé coûte 45
000 francs
CFA toutes taxes comprises (TTC). La mise en service, seule,
pour les
détenteurs d'un terminal autre que le GSM, revient à 130 000
francs
CFA (TTC).
Le terminal AMPS coûte entre 180.000 et 800.000 francs CFA,
selon les
marques et les options.
Le terminal GSM fonctionne avec une carte qui comporte un crédit
de
consommation de 60 à 120 minutes.
"La carte de 60 mn coûte 16.200 francs CFA, celle de 120 mn
revient à
32.400 francs CFA. Une minute de communication en direction de
l'étranger coûte 270 francs CFA", explique Daniel Jocktane,
directeur
général adjoint de l'OPT.
"Par contre les communications de n'importe quel téléphone fixe
du
Gabon vers un GSM Libertis sont à la charge de l'appelant au
tarif de
270 francs CFA la minute ", a ajouté Jocktane.
La communication d'un GSM vers un autre téléphone sur le
territoire national
revient à 450 francs CFA la minute, soit 4 fois plus cher que
la
communication sur le téléphone classique.
La vente et la distribution du téléphone portable et de ses
accessoires
sont devenues des activités lucratives et depuis deux ans, des
dizaines
de boutiques ont fleuri pour proposer ces art dont les prix ont
chuté d'environ 50%.
L'Office attribue difficilement de nouvelles lignes depuis
quelques mois
car le réseau est saturé. Entre 1996 et 1997, le nombre
d'abonnés au
Gabon a augmenté de 65%.
"La téléphonie est le théâtre d'une concurrence active à
Libreville.
Par rapport à la téléphonie à fréquences, la téléphonie vocale
permet
des appels plus rapides, d'où un gain de temps considérable",
souligne
Philibert Wora, technicien à l'OPT, chargé de configurer les
téléphones portables.
L'Office envisage d'améliorer son réseau qui couvre 80% des
principales
villes gabonaises et de passer de 74 à 90 canaux.
La téléphonie mobile GSM qui couvrira dans une première phase la
région
de l'Estuaire qui comprend Libreville, Owendo et Ntoum, puis les
villes
de Port-Gentil et Franceville, sur une fréquence de 900 MHZ et
une
puissance de 2 watts, concernera 8000 abonnés puis 15000 plus
tard.
"Le réseau GSM a été dimensionné pour 8000 abonnés et son
extension
sera progressive", a précisé Souah
Libertis répondra également au souci constant de créer des
emplois,
dont 200 directs dans un premier temps, indique Souah.
Malgré ses coûts élevés, le téléphone portable est devenu un
"objet de
culte" chez certains usagers.
Les secteurs de la distribution du téléphone portable et de ses
accessoires
au Gabon sont très lucratifs. Ils ont brassé un chiffre
d'affaires de 9
milliards de francs CFA en 1997, soit plus de 2,4% du produit
intérieur brut
(PIB). Ce chiffre représente le taux le plus élevé en Afrique.
En 1998, ce
chiffre a atteint 11 milliards de francs CFA, selon l'OPT.
Les principaux distributeurs sont fortement concurrencés par de
nombreux
fournisseurs qui importent directement leurs matériels des
Etats-Unis et
d'Asie et qui les proposent à des prix défiant toute
concurrence.
La gestion des fréquences est assurée par la Gabonaise des
Télécommunications (GABTEL).
L'OPT, qui avait récemment tenu son conseil d'administration, a
annoncé la hausse de son budget pour 1998, soit 60,74 milliards
de
francs CFA par rapport à 1997 où il avait atteint 51,19
milliards.
Comme la plupart des entreprises d'Etat du Gabon, l'OPT est en
cours de
privatisation.
"La Poste et les Télécommunications gabonaises doivent
s'adapter à la
nouvelle donne si elles veulent survivre", a argumenté
Souah.