HARARE, 1er avr (IPS) – Le festival international des arts
d'Harare (HIFA)
tant attendu aura lieu à Harare, la capitale, du 20 avril au 2
mai, selon
l'organisateur, Manuel Baguro.
Baguro, le meilleur pianiste zimbabwéen, déclare que ce festival
auquel
assistera un grand nombre d'artistes étrangers aura lieu dans
les Jardins
d'Harare au centre commercial de la ville.
"Nous espérons faire du festival le meilleur concert de l'année
et un
événement qui se répétera annuellement au cours des prochaines
années",
annonce Baguro. "Ce serait merveilleux si les touristes
participaient
annuellement à un tel événement à Harare".
L'organisateur affirme que le spectacle est financé par 22
sponsors parmi
lesquels le Meikles Hotel du Zimbabwe et Dairy Board. L'objectif
du concert
est de promouvoir l'industrie artistique et la culture du pays.
"C'est un grand événement parce que depuis des années, nous
n'avons pas
assisté à un rassemblement de chanteurs, de danseurs et de
différents
artistes culturels", constate Albert Nyati, un grand poète et
chanteur
zimbabwéen.
Un pareil spectacle avait été organisé pendant quatre jours à
Mbare, une
agglomération d'Harare, dans les années 1970.
Le spectacle de cette année rassemblera plus de 500 artistes du
Zimbabwe, et
chacun d'eux percevra moins de 100 dollars zimbabwéens.
Un dollar américain équivaut à 37 dollars zimbabwéens.
Les représentants du Zimbabwe incluront des noms célèbres comme
la Tumbuka
Dance Company, Baroque, Jeanette and Dumi Maraire Piano, le
récital (de
piano) de Mbira et le chanteur Oliver Mtukudzi, un nom très
familier au
Zimbabwe.
Les artistes étrangers incluront la London Community Gospel
Choir (chorale
de la communauté évangélique de Londres), le Swedish State
Theater (le
théâtre de l'Etat suédois) et une chorale de chanteurs
originaires de
plusieurs pays africains.
L'événement attirera des dizaines de milliers de fans, et sera
couvert par
une armée de plus de 20 journalistes dont la plupart viendront
d'outre-mer.
Passionnée par les événements, Georgina Godwin, attachée de
presse et
responsable des relations publiques du spectacle, exhorte le
public à
soutenir le festival.
"Je crois que HIFA sera le festival le plus fabuleux de l'année
à Harare.
Cela aura un très grand succès. Je le sens", prédit-elle.
En faisant allusion au festival de Grahamstown en Afrique du sud
voisine,
les organisateurs espèrent faire des recettes.
L'année dernière, le festival de Grahamstown a permis à
l'économie
sud-africaine de faire des recettes de plus de 25 millions de
rands.
Un dollar américain équivaut à 6,25 rands.
Les entreprises zimbabwéennes auront aussi l'occasion de publier
et
d'exposer leurs produits pendant le festival, révèle Baguro.
Malgré le tapage, d'autres pensent que ce n'est pas le moment de
tenir un
tel événement au Zimbabwe.
John Makamure, le chef économiste de la chambre nationale dmerce
du
Zimbabwe (ZNCC), pense que le concert aurait dû être tenu au
moment où
l'économie du pays se portait bien.
"Cela aurait été un grand succès", commente-t-il. "Je ne sais
pas si cela
peut être un succès maintenant que l'économie est instable".
Cependant, les organisateurs se préparent pour l'occasion, et la
police se
prépare aussi à jouer son rôle.
"Bon nombre de pays africains qui ont organisé ces festivals
ont souvent
déploré de nombreux crimes. Nous jouerons notre rôle pendant cet
événement
en maintenant la paix", promet Steve Mutamba, le commissaire
central chargé
de la criminalité commerciale.
Esther Bere, secrétaire d'une entreprise privée à Harare,
affirme que
"puisque c'est la première fois qu'un tel spectacle se tiendra
au Zimbabwe,
ce sera sage de laisser les spectateurs entrer gratuitement".
"Les gens n'ont pas d'argent à dépenser à cause du marasme
économique
zimbabwéen", explique-t-elle.
Les organisateurs ont l'intention d'imposer un prix d'entrée
d'un montant de
100 dollars zimbabwéens dans ce pays où le salaire minimum est
de 800
dollars par mois.

