LIBREVILLE, 9 avr. (IPS) – Les promoteurs d'un projet de zone
franche à
Port-Gentil, la capitale économique du Gabon, cherchent des
investisseurs
étrangers intéressés à implanter des sociétés de service, de
logistique et
de transformation.
Le projet qui est à sa dernière phase qui consiste à délimiter
le domaine
foncier devant abriter les activités de la zone franche, est
géré par des
promoteurs gabonais et sud-africains.
Annoncé depuis 1996, il a connu un grand retard en raison des
difficultés
financières.
Les autorités gabonaises ont initié un projet de loi qui est
prêt et qui
précise les avantages fiscaux, douaniers et stratégiques
accordés par l'Etat
gabonais aux opérateurs économiques, a indiqué Emile Doumba, le
porte-parole
du Groupe de réflexion du projet.
La zone franche sera établie à l'île Mandji, située aux portes
de Port-Gentil.
" Elle se consacrera aux activités du bois, de services
offshores, aux
activités de réparations navales, au stockage de produits finis,
destinés à
l'ensemble du Gabon et aux pays du Golfe de Guinée", a précisé
Emile Doumba
qui est également directeur général de la Banque internationale
pour le
Commerce et l'Industrie du Gabon (BICIG).
Les promoteurs insistent sur les avantages qu'offre Port-Gentil
dans la
réalisation de la zone franche.
"Port-Gentil dispose d'une importante main-d'uvre qualifiée,
entre autres,
dans l'industrie pétrolière et la chaudronnerie. Ce sont des
signes qui
militent dans le sens de la création d'un parc industriel", a
dit Charles
Tchen, directeur général délégué de la filiale pétrolière
anglaise Shell au
Gabon.
Ville cosmopolite de 80.000 habitants, Port Gentil est dotée
d'un port en
eau profonde, d'une infrastructure de services développée par la
présence
d'importantes sociétés pétrolières (Shell Gabon, Elf Gabon
etc.).
Parmi les sociétés installées à Port-Gentil, on note la Société
gabonaise de
raffinage (SOGARA) dont l'imposant terminal pétrolier, situé en
eaux
profondes (-15m) dans la baie du Cap Lopez, voit transiter 64%
de la
production pétrolière du Gabon, soit environ 11,7 millions de
tonnes en 1998.
"Nous entendons faire de cette zone franche le début d'un
redéploiement
industriel et des services dans notre pays", a ajouté Doumba.
Willem Steenkamp, dirigeant du partenaire sud-africain du
projet, la Western
African Development Corporation (WADCO), a salué l'importante
initiative de
création sur l'île Mandji d'une zone franche qui est d'un
intérêt primordial
pour l'Afrique.
Steenkamp qui est l'ancien ambassadeur sud-africain au Gabon, a
également
relevé que l'activité de la zone franche pourrait rayonner sur
tout le Golfe
de Guinée, une zone saturée de ports et où se poursuivent
d'importantes
découvertes de gisements pétroliers.
"D'autres infrastructures indispensables à l'exploitation de la
zone
franche viendront s'ajouter la construction de logements, le
développement de la communication, l'enlèvement et le traitement
des
ordures, la création d'une zone de stockage pour les
hydrocarbures,
l'évacuation des eaux usées et le réaménagement du port", a
dit Idd
Soleman, un autre promoteur de la zone franche.
Il est également prévu le développement des activités de sport
et de loisirs
dans la zone franche.
La création de la zone franche de l'île Mandji, large de 200 km2
environ,
est un vaste projet gouvernemental dont le coût global n'a pas
été révélé.
La ville de Port-Gentil regroupe de nombreuses sociétés,
spécialisées
surtout dans le bois et le pétrole. Les autorités comptent
développer en
outre les secteurs de l'industrie, de la pêche et de la
transformation du
poisson, du
tourisme, grâce à la proximité de nombreuses réserves
naturelles.
Une route reste toutefois à construire pour désenclaver la
péninsule.
"D'importants aménagements seront également prévus dans les
domaines
hôtelier et immobilier, a déclaré un haut fonctionnaire du
ministère des
Finances.
Le fonctionnaire a soutenu que la zone franche permettra de
"valoriser
tout ce que le pays comporte comme potentiel" en induisant un
certain
nombre d'activités de type industriel et toute une gamme de
services publics et
de maintenance.

