COMMONWEALTH: La pauvreté et le changement climatique sous le feu des projecteurs

KAMPALA, 26 nov (IPS) – La Réunion des chefs d'Etat et de gouvernement du Commonwealth (CHOGM), s'est ouverte sur des appels pour que la question de l'écart entre les pays riches et pauvres au sein du regroupement des 53 membres, soit abordé.

"L'actuelle transformation partielle du Commonwealth n'est pas assez bonne pour les pays pris individuellement; elle n'est bonne non plus pour le Commonwealth en général, ni pour le monde plus large", a déclaré le président Yoweri Museveni d'Ouganda, pays qui a abrité l'événement du 23 au 25 novembre. "Il y a des (mesures) qui doivent être appliquées à une économie dans le but de lui permettre de croître de façon durable, et par conséquent permettre à une société de se métamorphoser en passant de la société préindustrielle à une industrielle; de la société féodale, paysanne à la société de classe moyenne qualifiée. L'une des mesures les plus importantes, a ajouté Museveni, est d'aider les nations pauvres à quitter l'étape de produire et d'exporter seulement des matières premières. Au contraire, on devrait les aider à ajouter de la valeur aux matières premières — comme les grains de café cultivés en Ouganda. "Le prix actuel du grain de café est d'un dollar par kilogramme. Quand Nestlé achète cette matière première, la grille et l'écrase à l'extérieur, elle gagne 20 dollars par kilogramme pour le même café que l'Ouganda vend à un dollar. Ceci veut dire que dans chaque kilogramme de café l'Ouganda donne 19 dollars au monde extérieur". Toutefois, les Etats en développement devaient partager la responsabilité dans la transformation de leurs économies. Dans nombre de ces Etats, on devait s'occuper des infrastructures. Selon Museveni, des routes et des réseaux ferroviaires efficaces diminuent le coût des affaires. Actuellement, la majorité des pays en développement — particulièrement en Afrique — disposent de réseaux de transport pauvres et de systèmes d'énergie inefficaces, entraînant des coûts de production élevés qui empêchent leurs biens de faire concurrence avec ceux des autres pays. Des appels ont également retenti à Kampala pour que des nations riches assurent un commerce équitable. Au début de la semaine dernière, pendant qu'il s'adressait à un atelier de journalistes d'Afrique et des Caraïbes, Don Mckinnon, le secrétaire général sortant du Commonwealth, a réitéré que des nations riches devaient supprimer les subventions agricoles qui causent de dégâts considérables aux pays en développement. Le thème de la CHOGM de cette année est 'Transformer les sociétés du Commonwealth pour réaliser un développement politique, économique et humain'. La reine Elisabeth II a pris part également à la réunion à Kampala, la capitale de l'Ouganda, laquelle a été dominée par la suspension du Pakistan du Commonwealth à cause de la "restauration en suspens de la démocratie et de l'Etat de droit", selon les termes de Mckinnon.

Elle est à la tête du Commonwealth, un regroupement composé principalement des anciennes colonies britanniques, qui couvre environ deux milliards de personnes. La CHOGM est un événement biennal.

Le changement climatique est une autre question de préoccupation pour le regroupement, avec Mckinnon exhortant les dirigeants à y accorder une attention plus grande. "Le changement climatique est tout autour de nous maintenant. Les chefs de gouvernement du Commonwealth devraient réagir sur la question ici à Kampala". De la même manière, Lawrence Gonzi, Premier ministre de Malte, a parlé de la responsabilité partagée de parer aux effets du changement climatique, lequel est supposé affecter plus sévèrement ceux du monde en développement. "Il y a parmi nous certains des plus grands émetteurs du monde et certains des plus petits", a-t-il déclaré, se référant aux émissions de gaz à effet de serre reconnues généralement pour être la cause du réchauffement mondial. "Nous sentirons une large variété d'impacts à partir de la fusion des glaciers à la sécheresse, des tempêtes tropicales à la montée du niveau de la mer. Les défis du changement climatique exigent un front uni".

Aux termes du Protocole de Kyoto de 1997 à la Convention cadre des Nations Unies sur le changement climatique, plusieurs nations industrialisées sont tenues de réduire leurs émissions combinées de gaz à effet de serre à cinq pour cent au-dessous des niveaux de 1990 d'ici à 2012.

Un sommet mondial sur le changement climatique, qui se tiendra le mois prochain à Bali, cherchera à mettre sur pied un accord de réduction de l'émission pour la période post-2012.