WINDHOEK, 2 août (IPS) – Des structures de cartons et de boîtes délabrées se bousculent pour l'espace sur un affleurement stérile dans la banlieue tentaculaire de Katutura à Windhoek, la capitale de la Namibie. Une odeur putride plane dans l'air de l’après-midi immobile alors que les mouches survolent les débris.
Un enfant joue dans une flaque d'eau stagnante à côté d'un chien bâtard qui pousse un aboiement timide avant de partir dans la poussière brûlée par le soleil. Faites un tour de là à 'Babylone', une habitation informelle ainsi nommée dans cette banlieue. La saleté et la pourriture, le manque d'eau et d'infrastructures sanitaires adéquates à Babylone et dans d'autres habitations informelles en Namibie, constituent une garantie pour un désastre. Avec des autorités ayant fait peu de choses pour régler la situation et avec des gens étant obligés d'acheter de l'eau jusqu'à six dollars namibiens (environ 0,87 dollars US) par litre dans ces habitations, un plan d'action urgent est nécessaire pour éviter une crise. Agnès Shivute, qui vit dans une cabane en carton avec son mari et deux enfants à Babylone, a déclaré que la zone ne convient pas à l'homme pour y habiter, et a imploré les autorités de prendre des mesures.
"Cet endroit est l'enfer. Nous n'avons pas d'eau et des maladies peuvent subvenir à tout moment. C'est une situation triste, réellement, et quelque chose doit être fait pour nous de façon urgente. Il n'y a pas d'électricité et le crime sévit la nuit", a-t-elle indiqué. Des agressions sont devenues fréquentes pendant la nuit.
Un autre résident, James Nangolo, a déclaré que le taux de crime élevé dans les habitations informelles était un motif de préoccupation. "Des gens sont tués ou tabassés la nuit. Ce n'est jamais sans danger pour quelqu'un de se déplacer la nuit dans ces lieux. Venir à six heures du soir et vous avez déjà des problèmes, même pour ceux qui continuent de rentrer du travail. C'est une situation que le gouvernement doit examiner de façon urgente". "Des gens ne peuvent pas continuer de perdre leurs vies", a-t-il ajouté.
Une autre habitante de Babylone, Esther Angula, a indiqué qu'ils ne pouvaient se permettre d'acheter de l'eau tous les jours parce que c'est très coûteux de le faire. "Nous devons acheter de la nourriture et des habits pour nos enfants et vous ne pouvez pas nous demander de trouver de l'argent pour acheter de l'eau tous les jours. Beaucoup de personnes à Babylone ne travaillent pas. Et nous nous attendons à ce que des maladies surviennent à tout moment si quelque chose n'est pas fait. C'est tout simplement inacceptable". L'Agence espagnole pour la coopération internationale, attachée au gouvernement espagnol, a donné des fonds qui ont servi à la construction de 55 maisons l'année dernière à Bethesda et Okahandja Park, au nord de Windhoek, d'un coût de 1,5 million de dollars namibiens (environ 218.000 dollars US).
Ce projet a eu lieu en collaboration avec le Groupe d'action pour le logement de la Namibie, (NHAG) un organisme non-gouvernemental, et son alliée, la Fédération namibienne des habitants de cabane (SDFN). La SDFN est un réseau à l'échelle nationale de plus de 15.000 ménages qui font partie des programmes d'épargne. Les économies ont été utilisées, entre autres, pour acheter des terrains aux personnes afin de construire des habitations permanentes. Mais il reste encore plus de chemin à faire si le rêve de tout Namibien d'avoir un toit décent au-dessus de sa tête doit se réaliser. Le gouverneur de la région de Khomas à Windhoek, Sophia Shaningwa, a déclaré que le développement des logements dans les zones urbaines constituait un défi qui devait être relevé. Selon elle, une grande partie des ménages des zones urbaines n'a pas encore de tenure sécurisante, notamment parce qu'ils ne peuvent pas supporter les frais de construction sur un terrain, pendant que les autorités locales plus petites n'ont pas les fonds ou la capacité de mettre en valeur le terrain. "Tant que la terre avec les services de base ne sera pas accessible et abordable à une si grande portion des citadins, des gens resteront vulnérables, vivant dans des conditions malsaines et demeurant pauvres", a-t-elle souligné, ajoutant que leurs rêves se réaliseraient seulement si on leur offrait des terres abordables et un soutien. "Sans notre soutien, leurs bons efforts seront vains. Nous devons combiner nos efforts pour assurer la sécurisation du régime foncier pour les habitants des cabanes", a indiqué Shaningwa. La SDFN est "occupée à renforcer les capacités des personnes les moins privilégiées en Namibie à gérer l'argent. Ils encouragent des personnes âgées et des malades à effectuer des paiements réguliers bien que ceci ne soit pas une tâche aisée parmi les pauvres. Si les gens remboursent leurs prêts, davantage de gens peuvent bénéficier des fonds", a-t-elle noté. Elle est également encouragée par le soutien que la SDFN a accordé aux pensionnés et aux malades dans son réseau national de groupes d'épargne.

