ECONOMIE-NAMIBIE: La Hausse Des Taux D'intérêt Etouffe Le Marché De L'immobilier.

WINDHOE, 28 juill. (IPS) – La hausse constante des taux
d'intérêt, observée en Namibie le mois dernier, aura à coup sûr
des conséquences affreuses sur le marché de l'immobilier,
affirment les agents immobiliers.

Plusieurs agents immobiliers affirment que le marché de
l'immobilier sera gravement affecté et qu'ils pourraient être
contraints de fermer leur agence.
La dernière vague des augmentations fait suite aux hausses
régulières des taux préférentiels au cours du mois précédent.
Vers la fin du mois de juin, toutes les grandes banques
namibiennes (notamment la Bank Windhoek, la First national Bank of
Namibia, la Standard Bank of Namibia et la Commercial Bank of
Namibia) ont augmenté les taux des prêts préférentiels et les taux
du crédit immobilier de 1,50 à 2,25 pour cent. A ce stage, le taux
moyen de prêt préférentiel est passé à 21,25 pour
cent et le taux moyen des crédits immobiliers est monté à 20 pour
cent.
Selon Stuart Moir, directeur général de la First National Bank of
Namibia (FNB), l'augmentation est devenue inévitable en raison de
la constante pression dont la liquidité a fait l'objet sur le
marché namibien au cours des toute dernières semaines. Cette
pression est le résultat de la crise monétaire secouant plusieurs
marché en développement.
Bien qu'au même moment, les banquiers aient émis l'espoir que ces
"mesures circonstancielles" seraient de courte durée, on
signalait malheureusement que si la volatilité des marchés
internationaux se poursuivait, ils n'auront d'autres choix que de
rehausser les taux à l'avenir.
Les économistes ont aussi signalé que la hausse des taux d'intérêt
affecterait négativement la liquidité sur le marché local et que
les augmentations des prix des denrées seraient envisageables.
Comme il fallait s'y attendre, le 12 juillet, le gouvernement a
annoncé une augmentation du prix du carburant. L'essence au plomb
a connu une augmentation de quatre pour cent, l'essence sans plomb
a enregistré une hausse de cinq pour cent et le diesel a connu une
envolée de deux pour cent.
Le gouvernement a directement attribué les augmentations à la
dépréciation du rand sud-africain par rapport au dollar américain.
Le rand est lié au dollar namibien.
Bennie Joseph, directeur général de Joseph & Snyman Estate Agent,
a signalé que si la tendance actuelle se poursuivait, elle serait
désastreuse pour le marché de l'immobilier.
"Le marché de l'immobilier se battait déjà de l'aile lorsque le
taux des crédits immobiliers a été fixé à 20 pour cent, mais
actuellement c'est pire. D'un côté, cela va faire baisser les
loyers devenus trop chers à Windhoek, mais de l'autre (côté), cela
va entraîner la saisie de plusieurs maisons comme en Afrique du
sud où cette pratique est très en vogue actuellement".
Joseph a précisé que les affaires de son entreprise ne sont pas
encore affectées, mais que l'effet des hausses du taux d'intérêt
ne se fera sentir que dans deux ou trois mois.
"Cet effet affectera tous les agents immobiliers et j'imagine que
plusieurs maisons seront mises en vente", a prédit Joseph.
Il a décrit la situation actuelle comme étant un "marché serré"
où beaucoup d'acheteurs potentiels de maisons attendent de
constater l'effet des taux d'intérêt. Cependant, ils n'achèteront
certainement pas maintenant et cela aura des conséquences graves
sur le marché de l'immobilier", prévoit Joseph.
Adrie Rabie d'Adri Rabie Properties a indiqué qu'il était encore
trop tôt de voir les augmentations des taux d'intérêt produire des
changements. Elle a annoncé que les prix étaient toujours les
mêmes et que les augmentations n'affecteraient pas la hausse de la
demande des maisons de luxe.
Elle a prévu que les remboursements provoqueraient beaucoup de
difficultés et qu'un nombre supplémentaire de gens louerait des
maisons à l'avenir.
Rabie a aussi prédit une chute des prix sur le marché des biens
industriels, ce qui fera que les propriétaires des locaux
commerciaux auront de plus en plus de difficultés à vendre leurs
biens.
Beverly Ann Saenen, directrice commerciale des crédits
immobiliers de la Standard Namibia Bank, a souligné que les
augmentations des taux d'intérêt entraîneraient la baisse de
l'activité commerciale, ce qui pourrait engendrer un marché des
consommateurs où les prix notoirement élevés des immeubles
baisseraient et seraient à la portée de l'homme de la rue.
Le vice-président de l'institut namibien des agences immobilières,
Annelie Aerle, pense que les petits agents immobiliers
souffriraient au cours des prochains mois et que certains
pourraient être contraints de fermer leurs
agences.
"Les grandes agences immobilières seront toujours là, mais les
plus petits agents, ceux qui tirent leur revenu mensuel de ce
secteur d'activité, seront gênés", a-t-elle fait affirmé.
Aerle a prévu que la crise actuelle aura des retombées positives,
surtout parce que la baisse des prix favoriserait le "marché des
acheteurs" et profiterait particulièrement aux personnes à revenu
intermédiaire.
"Les propriétaires de maison vont souffrir pendant les prochains
mois. Cependant, je leur conseillerais de ne pas vendre leurs
maisons, mais de tenir tête à l'actuel orage, car s'ils les
vendent dans les conditions actuelles, ils ne recevront pas la
valeur réelle de ces maisons", a-t-elle prévenu.