WINDHOE, 30 juin (IPS) – Le président français Jacques Chirac et
une
puissante délégation d'hommes d'affaires ont récemment fait une
visite
éclair dans la capitale namibienne et ont laissé au pays
l'impression que
les Français sont sur le point d'établir leur présence en Afrique
australe.
La France s'est engagée à entreprendre plusieurs projets
nationaux et
régionaux d'un montant de 150 millions de dollars dont le quart
sera financé
par la France et le reste par l'Union Européenne.
Le jeudi 25 juin, au cours de sa visite, le président Chirac a
émis l'espoir
que les entreprises françaises et les ingénieurs français seraient
impliqués
dans de nombreux projets en Namibie ainsi que dans la communauté
de
développement de la région de l'Afrique australe (SADC).
En ce qui concerne la Namibie, le dirigeant français a mentionné
les
potentialités existant dans le domaine de l'élevage, de la pêche,
du secteur
agro-alimentaire, de l'énergie et des transports. Les Français, a-
t-il
ajouté, souhaiteraient coopérer avec la SADC dans le domaine du
réseau
ferroviaire qui reliera bientôt la Namibie et l'Afrique du sud à
l'Angola,
et éventuellement à l'Afrique centrale. Il y aura également la
construction
des barrages, le traitement de l'eau et la consolidation du
système des
télécommunications.
La compagnie française Cegelec fait partie d'un consortium qui a
récemment
obtenu un contrat de 366 millions de dollars namibiens (67
millions de
dollars américains) pour construire un système de transmission du
courant
électrique de haute tension entre la Namibie et l'Afrique du sud.
"J'espère que les efforts des entreprises françaises seront
bientôt
couronnés de succès dans plusieurs autres domaines tels que le
dessalement
de l'eau de mer, la construction des stations hydroélectriques et
thermales
ou l'installation d'une industrie agro-alimentaire namibienne
moderne et
efficace capable de faire face aux énormes besoins nutritionnels
de
l'Afrique et du monde", a-t-il ajouté.
Cependant, le plus grand "rêve du dirigeant français" est la
participation
de la France à la construction d'un pont sur le fleuve Zambèze. Ce
pont sera
semblable à un nouveau pont géant conçu par les ingénieurs
français et
construit par les entreprises françaises sur le Tagus à Lisbonne.
"Pourquoi
ne referions-nous pas ensemble, à l'extrémité de la bande de
Caprivi, ce que
nous avons fait sur le Tagus", a-t-il demandé.
Chirac et le président namibien Sam Nujoma, ont signé plusieurs
accords de
coopération sur la promotion et la protection des investissements.
C'est un
pas destiné à encourager les initiatives commerciales françaises
en Namibie.
Les exportations françaises vers la Namibie ont atteint 112
millions de
francs (environ 22 millions de dollars américains) en 1997. Ces
chiffres ne
représentent que 0,01 pour cent du montant total des exportations
françaises.
Selon l'ambassade de la France à Windhoek, la Namibie est un
"marché
prometteur" pour les entreprises françaises dans les domaines du
développement des grandes infrastructures et de la vente des
équipements.
Les 40 chefs d'entreprises, qui ont accompagné Chirac, ont
présenté près de
15 projets d'infrastructure lors de leur escale. Certaines des
grandes
entreprises représentées comprennent Alcatel, Cartier
International, Crédit
agricole, Dassault Aviation et Total.
Le secrétaire exécutif de la SADC, Kaire Mbuende, et le ministre
français de
la Coopération et de la Francophonie, Charles Josselin, ont signé
un accord
de coopération entre la France et la SADC.
La France fournira des experts aux équipes techniques de la SADC
travaillant
dans le secteur de l'eau, à Maseru (Lesotho), dans les pêcheries
marines à
la cellule technique de Windhoek. Elle (la France) fournira
également des
experts dans le domaine de l'agriculture, de la statistique et du
traitement
des données à Gaborone (Botswana), au siège de la SADC.
Le dirigeant français et sa suite ont aussi visité l'Afrique du
sud, le
Mozambique et l'Angola avant de retourner en France.

