MONROVIA, 16 jan (IPS) – La confiance du public dans les banques libériennes semble avoir atteint son niveau le plus bas, avec l'option faite maintenant par plusieurs personnes de garder leur argent ailleurs – certains dans des comptes étrangers.
Le dernier coup dur porté au secteur bancaire est venu avec la liquidation de la 'Liberia Trading and Development Bank' (TRADEVCO, Banque de négoce et de développement), appartenant aux Italiens, qui a réduit à trois le nombre de banques opérant dans le pays.
Au total, 15 banques commerciales ont fermé leurs portes depuis le coup d'Etat militaire de 1980 dans lequel Samuel Doe avait renversé William Tolbert. Ceci a laissé plusieurs millions de dollars US de l'argent des dépositaires bloqué dans leurs comptes.
Des analystes financiers ont attribué l'effondrement des banques à l'inefficacité, à la mauvaise gestion et aux niveaux élevés de corruption.
Des rapports persistants de contrefaçon, de détournements de fonds et d'autres crimes financiers ont été établis sur les institutions bancaires.
Les banques ont été également accusées d'avoir permis que des liens étroits se développent entre les actionnaires, les membres du Conseil d'administration et le personnel de la direction – quelque chose qui a sapé le système des vérifications et des équilibres, qui permet de maîtriser normalement les cadres malhonnêtes.
En outre, la guerre civile – qui a fait rage de façon intermittente depuis 1989 – a sérieusement ébranlé le secteur bancaire. La 'National Housing and Savings Bank' (NHSB, Banque de l'habitat et de l'épargne), créée par le gouvernement pour soutenir le programme de logement public de la nation, est l'une des victimes des combats au Liberia.
La plupart de ceux qui sont affectés par l'effondrement de la NHSB étaient des individus à faibles revenus. "Evidemment, ces groupes de personnes, qui dominent le secteur parallèle et la microéconomie sont maintenant très sceptiques à l'égard des banques", a indiqué, à IPS, un ancien directeur de banque. La Banque agricole, coopérative et de développement, créée en 1978, a également fermé ses portes des suites de la guerre.
La fermeture de la TRADEVCO a affecté les opérations de plusieurs organisations locales et internationales d'aide, comme la banque était largement utilisée par ces groupes – ainsi que par plusieurs agences des Nations Unies.
Cela a également mis davantage de pression sur la Banque libérienne de développement et d'investissement, qui se bat déjà pour trouver assez de liquidité pour payer les Libériens qui reçoivent des fonds de l'étranger via la société 'Western Union' de transfert d'argent.
Tandis que les perspectives d'ouverture de nouvelles entreprises bancaires pourraient ne pas sembler attrayantes à cet égard, la Banque centrale du Liberia reste optimiste.
"Il y a des signaux positifs. Nous avons reçu plusieurs demandes d'autorisations pour créer de nouvelles banques crédibles", a indiqué, à IPS, une source à la banque centrale.
Toutefois, la banque centrale ne semble pas non plus jouir de beaucoup de légitimité au sein des Libériens, avec certains qui affirmaient que des directeurs responsables des problèmes dans les banques commerciales, sont simplement allés vers le trésor.
"Ce sont eux qui sont en train d'être recyclés et travaillent à la Banque centrale du Liberia. Comment peuvent-ils contribuer fortement au redressement économique de la nation lorsque leurs mains sont entachées de corruption?", a demandé un homme d'affaires préoccupé.

