ABUJA, 4 déc (IPS) – Des discussions entre des organisations de la société civile et le secrétaire général du Commonwealth Don McKinnon étaient prévues mercredi, dans la capitale nigériane Abuja. Les discussions font partie des événements au Forum populaire du Commonwealth, un sommet de la société civile qui se tient parallèlement à la Conférence bi-annuelle des chefs d'Etat et de gouvernement du Commonwealth (CHOGM). La rencontre de McKinnon prévoyait ce qui est poliment appelé un exercice d'écoute et un échange d'idées avec des groupes de la société civile.
Cet échange peut devenir vigoureux : les groupes s'impatientent de plus en plus contre ce qu'ils perçoivent comme leur marginalisation dans les processus du Commonwealth.
"Il y a une quasi-révolte au sein des dirigeants de la société civile", a indiqué une source bien placée qui travaille étroitement avec la Fondation du Commonwealth. "Même la Banque mondiale, le Fonds monétaire international et l'Organisation mondiale du commerce ont de meilleurs systèmes pour les représentations de la société civile".
La source a constaté que les groupes de la société civile étaient obligés de traiter avec la Fondation du Commonwealth. "Cela signifiait qu'en effet, nous sommes formellement coupés de l'accès aux ailes politiques du Commonwealth", a déclaré la source.
La fondation, financée par le Commonwealth, est destinée à renforcer les liens entre la société civile et les Etats membres, ainsi qu'entre les Etats eux-mêmes.
Le mécontentement au sein des organisations non gouvernementales (ONG) augmente de plus en plus chaque jour. "Il y a un grand fossé entre la rhétorique et la réalité", affirme Ezra Mbogori, membre du Comité consultatif de la société civile du Commonwealth.
"Le secrétariat parle d'un désir de nous aider, mais nous n'avons pas encore vu cela. Lorsque nous commençons par débattre vraiment des questions, nous ne les voyons nulle part. Ces préoccupations doivent être exposées aux bureaux du secrétariat", a-t-il ajouté. Cette préoccupation sera exprimée dans des discussions avec McKinnon. "Si les délégués se sentent frustrés et déçus, alors cela ne peut pas être juste un échange de subtilités", a indiqué Mbogori. "Nous avons atteint un point où nous pensons que cette politesse inhérente ne nous amène nulle part".
Selon lui, les membres de la société civile ont besoin d'accéder aux chefs de gouvernement" et d'un développement de mécanismes qui génèrent une plus grande accessibilité aussi bien au secrétariat qu'à la fondation. Après tout, les deux organisations sont financées par des contribuables".
Mbogori travaille pour le MWENGO, un groupe actif en Afrique orientale et australe. L'initiative basée à Harare met l'accent sur les pressions sur les gouvernements au nom des ONG.
Selon Silam Hassan, une activiste syndicaliste de la Malaisie, les travailleurs, le gouvernement et les entreprises doivent se mettre ensemble pour régler ces questions. Il en est de même pour le secrétariat du Commonwealth, la fondation et la société civile.
"Nous n'avons simplement pas assez de voix au chapitre dans ce qui se passe", affirme-t-elle. "Nous travaillons avec les populations, et les gouvernements qui agissent au nom des populations doivent nous écouter".

