ABUJA, 3 déc (IPS) – Des représentants de la société civile ont envoyé une requête urgente aux dirigeants des gouvernements pour avoir des discussions avec eux jeudi, en prélude à l'ouverture officielle de la Conférence des chefs d'Etat et de gouvernement du Commonwealth (CHOGM) dans la capitale nigériane, Abuja.
Dans une lettre signée et transmise le lundi (1er décembre), les 12 activistes, qui représentent une large variété de groupes, ont présenté une accusation à peine voilée de deux poids, deux mesures contre les chefs de gouvernement, lorsqu'ils ont évoqué la rencontre prévue entre ces dirigeants et les représentants des entreprises sous les auspices du Conseil des affaires du Commonwealth.
"Nous trouvons bizarre qu'un tel privilège soit étendu à la communauté des affaires, mais pas à la société civile", a déclaré Martin Simes du Conseil écossais pour l'organisation bénévole. En ce moment, Abuja abrite également un forum populaire du Commonwealth – un sommet de la société civile qui se tient parallèlement à la CHOGM.
Des sources indiquent que le gouvernement nigérian tient à ce qu'un tel dialogue ait lieu, mais que d'autres dirigeants du Commonwealth hésitent sur la rencontre. Toutefois, le Comité consultatif de la société civile souligne que de telles discussions seraient en accord avec les plans du Commonwealth visant à se remodeler pour le 21ème siècle.
La lettre de la société civile cite un passage de la Déclaration de Coolum, qui a été signée à la CHOGM qui s'est tenue en Australie en 2002. "Nous sommes persuadés de la nécessité de liens plus solides et d'une meilleure communication dans les deux sens ainsi que de la coordination entre le Commonwealth officiel et le Commonwealth non-gouvernemental, et au sein des ONG du Commonwealth", affirme la déclaration.
Le comité consultatif réclame une rencontre de deux heures jeudi avec un petit groupe de six chefs d'Etat et un nombre limité de représentants de la société civile, pour discuter de l'éradication de la pauvreté, du commerce mondial et des partenariats entre gouvernement et société civile. Ils ont également demandé que la présidente de la Fondation du Commonwealth, Graca Machel, dirige la réunion.
Faisant remarquer que le Commonwealth a toujours appelé les groupes sociaux "des partenaires", Simes a déclaré : "Nous ne nous sentons pas comme des partenaires en ce moment".
Depuis la dernière CHOGM qui a eu lieu il y a deux ans, la société civile est devenue plus organisée et s'est développée de façon exponentielle, indique Simes, ajoutant que le secteur prend de plus en plus de responsabilité pour la fourniture de services.
Mais depuis la rencontre de Coolum, peu de choses ont été faites pour concrétiser les promesses et les engagements sur le partenariat.
"Actuellement, il (le Commonwealth) est en retard sur d'autres institutions internationales comme les Nations Unies et les institutions de Bretton Woods, qui ont institué des liens directs avec des organisations de la société civile", indique la lettre.
Elle ajoute : "Alors que les conférences du Commonwealth sont appréciées et considérées comme des endroits où des pays se rencontrent dans des conditions plus égales que dans d'autres forums internationaux, dans le même temps, la société civile a moins d'occasion de s'y engager que dans d'autres forums".

