ENVIRONNEMENT-NAMIBIE: Des villageois aux prises avec les piresinondations en 21 ans

BANDE DE CAPRIVI, Namibie, 22 mai (IPS) – Des villageois de la Bande de Caprivi, en Namibie, sont aux prises avec les pires inondations en 21 ans, après que le fleuve Zambèze a rompu ses digues, submergeant 30 villages, tuant deux personnes et menaçant 25.000 autres.

La Bande de Caprivi, avec une population de 90.000 habitants, est située à quelque 1.400 kilomètres au nord-est de Windhoek, la capitale de la Namibie.

La semaine dernière, le président Sam Nujoma a visité la région pour évaluer les dégâts causés par les inondations.

Immédiatement après son retour, le gouvernement a lancé un appel au soutien des donateurs, tout en décaissant 5 millions de rands (695.000 dollars US) pour les personnes déplacées par les crues.

L'Organisation mondiale de la santé (OMS) distribue également des moustiquaires aux déplacés.

"Au début de mai, seuls 20 villages étaient inondés et au cours des deux derniers jours, le nombre a atteint 30. Nous croyons que plus de villages sont actuellement submergés ou encerclés puisque les eaux de crue se déplacent très rapidement, nous faisant ainsi perdre le fil des chiffres", affirme Patrick Simataa, un haut responsable de la Croix-Rouge à Windhoek.

La Croix-Rouge a commencé par distribuer des couvertures à ceux qui ont été installés dans des zones accessibles. Mais certains habitants, souligne Simataa, sont réticents à quitter leurs villages. La plupart d'entre eux disent qu'ils ne partiraient que si les eaux atteignaient leurs villages, indique-t-il.

Les animaux ont également des difficultés pour paître. Ceci est dû au fait que le bétail partage de petites zones de terres plus élevées avec les êtres humains, affirme Simataa. La Croix-Rouge a suggéré que tous les moyens possibles soient utilisés pour s'assurer de l'évacuation de la zone inondée dès que possible afin d'empêcher une perte supplémentaire en vies humaines et en bétail.

Un autre grand problème, auquel sont confrontés les habitants, est le manque d'accessibilité aux écoles et aux centres de santé, puisque la plupart des routes conduisant à ces infrastructures ont été inondées..

Certaines salles de classe et des pensionnats pour élèves et enseignants ont été également inondés.

Le gouverneur de Caprivi, Bernard Sibalatani, a lancé un appel au gouvernement central à Windhoek pour qu'il fasse fonctionner des dispensaires mobiles sur des bateaux en vue de s'assurer que des soins de santé sont donnés aux malades.

Les responsables du ministère de l'Eau disent que le niveau du fleuve Zambèze est actuellement à plus de six mètres et qu'il devrait continuer de monter. Selon le technicien en chef pour les problèmes d'eau dans la Bande de Caprivi, Vincent Simana, le niveau du fleuve Zambèze a atteint son plus haut niveau depuis plus de 20 ans, tandis que la plupart de ses affluents sont pleins et débordent.

"Cette crise aurait pu être évitée si seulement les gens avaient pris en compte l'appel qui leur avait été lancé de déménager sur des terres plus élevée dès mars. Nous avons envoyé très tôt des avertissements aux personnes vivant dans les zones inondables, mais elles les ont ignorés, et par conséquent, la plupart sont maintenant coincées dans des zones d'où elles ne peuvent pas être évacuées puisqu'elles sont entourées par de fortes eaux de crue", affirme-t-il Des responsables sanitaires dans la région craignent également une éruption du paludisme, qui est courant dans le nord-est de la Namibie, surtout pendant la saison pluvieuse, entre octobre et avril, et l'inondation, entre février et mai.

Les inondations sont venues à un moment où la Namibie lutte contre la sécheresse qui a affecté plus de 345.000 personnes. Les inondations ont empêché la distribution de l'aide alimentaire aux bénéficiaires. Et les cultures, qui ont survécu à la sécheresse, ont été détruites par les inondations, laissant les habitants sans nourriture.

A cause de sa nature marécageuse, la Bande de Caprivi est sujette à de fortes inondations, notamment dans les parties est et sud-ouest.

Depuis des temps immémoriaux, les habitants des plaines inondables, connus sous le nom de la tribu Masubia, qui sont principalement des pêcheurs, se sont habitués à l'inondation et déménagent sur des terres plus élevées lorsque la zone est inondée, puis retournent chez eux lorsque les eaux se retirent.

Les inondations les plus mémorables, qui ont causé la dévastation, ont eu lieu en 1958 et 1978. En 1958, certains Namibiens ont été forcés de s'installer dans le district de Chobe, au Botswana, où ils étaient logés jusqu'à la décrue de la marée haute.

C'est un phénomène courant lorsqu'il y a inondation à Caprivi que des dispensaires et des écoles obtiennent leurs ravitaillements par bateaux ou hélicoptères, tandis que les salaires des enseignants et des infirmiers sont également payés de la même manière. Mais les inondations de cette année ont laissé les autorités namibiennes dans l'embarras pour trouver de solutions immédiates.