MAPUTO, 23 jan (IPS) – Les niveaux d'alerte des inondations passent à l’orange dans certaines parties du Mozambique pendant que les services de gestion des calamités se mobilisent pour faire face à des inondations potentiellement aussi graves que la catastrophe de 2000.
Des pluies torrentielles gonflent sans cesse les fleuves de ce pays d'Afrique australe, tandis que les autorités observent d'un œil attentif les indicateurs du niveau des eaux dans les pays en amont. Certaines personnes vivant dans le bassin du fleuve Limpopo, dans le sud du pays, ont commencé à se déplacer sur des terrains plus sûrs après des alertes indiquant que quelque 7.000 personnes pourraient être touchées si le fleuve atteint les deux mètres au-dessus des niveaux d'alerte prévus. “S'il continue à pleuvoir, le Mozambique sera inondé par les eaux”, a déclaré à IPS, Dulce Chilundo, directeur du 'Mozambique's National Emergency Operational Centre' (Centre national des opérations de secours du Mozambique – CENOE), admettant que les niveaux des inondations atteindront “probablement” les mêmes proportions que la catastrophe de 2000, qui a tué environ 700 personnes et causé des dégâts évalués à 419 millions de dollars. Six ans plus tard, le CENOE a été créé pour rationaliser la réponse des autorités au cours des 72 premières heures d'une catastrophe, avec 3,7 millions de dollars immédiatement disponibles. Cette saison, environ une douzaine de personnes sont mortes dans des orages jusque-là, mais aucun des décès n’est directement causé par les inondations, a indiqué Chilundo. “Il est trop tôt de demander” si les inondations à l'échelle nationale affecteront toutes les personnes exposées, estimées à 1,3 million, selon João Ribeiro, secrétaire général de l'Institut national de gestion des catastrophes (INGC). “La saison des pluies n’a pas changé. Elle s’intensifiera en février”. La combinaison des pluies locales et des eaux des fleuves des pays voisins pourrait être un problème. Le barrage de Cahora Bassa, au Mozambique, est maintenant plein à 60 pour cent, mais le fleuve Zambèze qui l’alimente charrie les eaux de cinq autres pays sur ses 2.700 kilomètres de long. Lorsque le barrage de Kariba, loin en amont, à la frontière Zambie-Zimbabwe, ouvrira ses écluses le 29 février, l'augmentation du débit pourrait rapidement obliger les opérateurs du barrage du Mozambique à faire de même. Par anticipation, l'INGC a déplacé 24.000 familles dans le bassin du Zambèze au cours des quatre dernières années sur des terrains plus élevés. Le programme déplace les maisons des gens sur des terres plus élevées, mais leurs fermes dans des zones fertiles de faible altitude seront toujours vulnérables. “Le niveau du fleuve a déjà atteint 6,2 mètres [1,2 mètre au-dessus des niveaux d'alerte], mais aucune intervention n'était nécessaire parce que toutes les familles sont déjà sur des terres plus élevées”, a déclaré Ribeiro. Des précautions ont réduit la vulnérabilité du Mozambique en cas d'inondation, et les agents de gestion des catastrophes, vêtus de leurs gilets de couleur orange vif, sont calmes pour le moment. “Les différentes sections sont prêtes à relever le défi”, affirme Chilundo. “Jusqu'à présent, il n'y a aucune alarme”.

