SANTE-MALI: Un nouveau vaccin contre la méningite suscite de l’espoir

BAMAKO, 22 sep (IPS) – Situé sur la ceinture de la méningite, en Afrique de l’ouest, le Mali a lancé le 13 septembre dernier une vaste campagne de vaccination contre la méningite. Cette campagne n’a pas encore couvert tout le pays, mais l’arrivée du MenAfriVac, un nouveau vaccin, suscite déjà de l’espoir.

«Je n’étais pas au courant de l’existence d’un nouveau vaccin contre la méningite, mais je ne vais pas rater l’occasion de vacciner mes enfants», a dit à IPS Nana Diallo, 45 ans, vendeuse de condiments au marché de Bozola, à Bamako, la capitale malienne. «C’est une des maladies que je crains le plus, car à défaut de tuer la personne infectée, elle lui laisse un défaut, la rendant aveugle ou muet par exemple.» Cette mère de famille n’a pas encore eu la chance de faire vacciner ses enfants lors de la première phase de cette campagne de vaccination contre la méningite qui a pris fin le 20 septembre.

La campagne concernait deux districts sanitaires, Dioïla et Fana, situés au sud du pays où les personnes âgées de 1 à 29 ans ont été vaccinées. Le choix de ces deux districts sanitaires s’explique par le fait que la dose de vaccin disponible en ce moment correspond au nombre de personnes qui y ont besoin d’être vaccinées, a expliqué à IPS Dr Zangoura Coulibaly, médecin au Centre national d’immunisation.

Le Mali a reçu 419.200 doses de vaccin MenAfriVac, produit par le Serum Institute of India (SII), le 24 août 2010 pour cette phase de la campagne. La deuxième démarrera en décembre prochain, mais ce nouveau vaccin conjugué ne doit pas être administré à des enfants de moins d’un an et aux personnes âgées de plus de 29 ans, encore moins aux malades grabataires.

En attendant, les responsables sanitaires du Mali ne cachent pas leur intérêt pour ce nouveau vaccin obtenu grâce à la collaboration entre des institutions de recherche d’Afrique et leurs partenaires de l’Inde et des États-Unis.

«Le nouveau vaccin contre la méningite est très important pour nous en raison de ses avantages. Sa durée d’immunisation est de 10 ans et il a été testé avec succès dans plusieurs pays africains situés sur la ceinture de la méningite», a indiqué à IPS Dr Kandioura Touré, médecin à la cellule de surveillance épidémiologique de la direction nationale de la santé du Mali.

En plus de la réponse immunitaire plus élevée et plus persistante dans le temps, le nouveau vaccin a la possibilité de protéger à long terme les personnes vaccinées. Un autre avantage du vaccin est une importante immunité de groupe, grâce à la diminution de la transmission de la bactérie. Il y a également la possibilité de protection des enfants de moins de deux ans habituellement plus vulnérables et l’accessibilité, le coût du vaccin étant plus abordable avec moins d’un demi-dollar la dose.

Pourtant, avant l’arrivée de ce vaccin, le centre national d’immunisation menait des campagnes de vaccination contre la méningite. «Il y a deux types de vaccin contre la méningite: le vaccin conjugué A qui est actuellement utilisé dans le cadre de [cette dernière] campagne de vaccination. L’autre, qu’on utilisait avant, est le vaccin saccharidé dont la durée d’immunisation est de trois ans», a ajouté Dr Colibaly. La méningite est une maladie redoutable qui reste endémique dans bien des pays africains. La zone habituellement appelée «la ceinture de la méningite» va du Sénégal à l’Ethiopie, en passant par des pays comme le Mali, le Burkina Faso et le Niger. Quant au Mali, il a enregistré régulièrement des flambées de méningite responsables d’un taux de morbidité et de mortalité préoccupant. Les statistiques du ministère de la santé soulignent que l’épidémie de 1997 a provoqué 1.126 décès sur 11.228 cas enregistrés dans les différents districts sanitaires du pays. Pour prévenir les épidémies, les pouvoirs publics ont initié des stratégies comme la surveillance épidémiologique, des campagnes de vaccination et la mise en place de kits de prise en charge dans les centres de santé en cas de crise.

«Le Mali dépense chaque année plus de deux milliards de francs CFA (environ quatre millions de dollars) pour le pré positionnement du vaccin méningococcique A+C, les produits de prise en charge et les activités de diagnostic, afin de contenir ces épidémies», a déclaré Oumar Ibrahim Touré, le ministre malien de la santé, lors de la cérémonie de lancement de la campagne.

Le Mali qui organise régulièrement des campagnes contre la méningite, doit beaucoup à l’Organisation mondiale de la santé. Cette organisation a notamment mis en place le projet des vaccins contre la méningite avec des centres de recherche qui ont produits le nouveau vaccin. Dans le cadre de cette collaboration, le nouveau vaccin conjugué à méningocoque a été testé en Inde et en Afrique avec la collaboration de chercheurs de Gambie, du Sénégal, du Ghana et du Mali.