OMS: Les décès maternels baissent

NAIROBI, 21 sep (IPS) – Le nombre de femmes qui meurent de causes liées à la grossesse dans le monde est en baisse. L'Afrique subsaharienne demeure l'un des endroits les plus dangereux pour les femmes enceintes, en dépit d'une réduction de 26 pour cent du taux de mortalité maternelle.

Les statistiques présentées dans le rapport sur “Les tendances de la mortalité maternelle”, publié par l'Organisation mondiale de la santé (OMS) le 15 septembre, couvrent la période de 1990 à 2008, indiquant que la mortalité maternelle a chuté, passant de 540.000 décès dans le monde en 1990 à 358.000 en 2008 – soit une baisse de 34 pour cent.

Plusieurs raisons sont évoquées pour expliquer la réduction du nombre de décès maternels, notamment l'amélioration des systèmes de santé visant à aider les femmes enceintes et l'éducation accrue des femmes, en faisant la sensibilisation sur l'importance d’accoucher avec l’aide d’un personnel qualifié.

Partout dans le monde, davantage de sages-femmes sont également formées. La proportion des accouchements assistés par un personnel de santé qualifié est passée de 53 pour cent en 1990 à 63 pour cent en 2008. La proportion de femmes qui ont fréquenté un centre de santé prénatale au moins une fois pendant leur grossesse a également augmenté, passant de 64 pour cent à 80 pour cent.

L'utilisation des contraceptifs par les femmes de 15 à 49 ans a également augmenté: l’Asie de l'est qui a connu la plus forte réduction des décès maternels a un taux de prévalence contraceptive de 86 pour cent. L’Afrique subsaharienne, où les contraceptifs sont utilisés par seulement 22 pour cent des femmes, a enregistré l’une des plus faibles baisses de mortalité maternelle.

L’Afrique subsaharienne et l'Asie du sud enregistrent encore 87 pour cent des décès maternels dans le monde.

Près des deux tiers de tous les décès maternels ont lieu dans seulement 11 pays – l’Afghanistan, le Bangladesh, la République démocratique du Congo, l’Ethiopie, l’Inde, l’Indonésie, le Kenya, le Nigeria, le Pakistan, le Soudan et la Tanzanie.

L’Asie du sud a enregistré un taux global de mortalité maternelle de 280 décès pour 100.000 naissances vivantes. L’Afrique subsaharienne a eu un taux de 640 pour 100.000. L’Afghanistan, le Tchad, la Guinée-Bissau et la Somalie ont tous enregistré des taux de mortalité maternelle de plus de 1.000 pour 100.000 naissances vivantes.

Le taux de progrès enregistrés dans les statistiques des Nations Unies est inférieur à la moitié de ce qu’il faut pour atteindre l'Objectif du millénaire pour le développement (OMD) de réduction de la mortalité maternelle, ce qui se traduit par une diminution annuelle moyenne de 2,3 pour cent depuis 1990. Pour atteindre ce cinquième OMD, il faut une baisse annuelle de 5,5 pour cent.

Réagissant à la publication des chiffres des Nations Unies, Joachim Osur, un expert en santé de la reproduction au Kenya, a dit que cette baisse doit être concentrée ailleurs dans le monde, parce que la situation en Afrique subsaharienne continue d'être mauvaise.

Osur affirme que le manque de financement pour le secteur de la santé, et en particulier la santé de la reproduction, est au cœur du problème.

“La plupart des gouvernements – la quasi-totalité d'entre eux en Afrique – dépendent des bailleurs de fonds internationaux pour le financement de la santé maternelle. Dans le cas du Kenya, nous ne pouvons pas survivre sans l’aide extérieure. Les budgets ne financent pas totalement le secteur de la santé. Si vous voulez de bons services, en particulier en matière de la santé de la reproduction, vous devez en payer le prix”, déclare-t-il.

Osur affirme que l'éducation communautaire fait défaut dans la plupart des zones rurales et soutient que dans le cas du Kenya, la situation était en réalité meilleure dans les années 1990.

“Au début des années 1990, il y avait une augmentation de la sensibilisation sur le planning familial mais cela a baissé dans les années 2000. Le battage médiatique a diminué, les provisions font défaut dans les hôpitaux. La réalité est ici nettement différente de la réduction globale du taux de décès maternels”, explique-t-il.

Dans une déclaration à la presse, le directeur exécutif du Fonds des Nations Unies pour l'enfance, Anthony Lake, a avancé que pour atteindre l'objectif sur l'amélioration de la santé maternelle et sauver la vie des femmes, les initiatives gouvernementales doivent atteindre celles qui sont les plus exposées.

“Cela signifie qu’il faut atteindre les femmes dans les zones rurales et dans les ménages plus pauvres, les femmes issues des minorités ethniques et les groupes autochtones ainsi que les femmes vivant avec le VIH et dans les zones de conflit”, dit-il.

Le rapport des Nations Unies invite les donateurs à aider les gouvernements à mettre en œuvre des plans pour améliorer l'accès aux services de santé de la reproduction.