WINDHOEK, 8 sep (IPS) – Un changement climatique provoquera des changements de comportement à travers l’Afrique australe. Et quand il s’agit de l’adaptation, l’agriculteur swazi Bongani Phakathi est un homme frustré, un peu plus en avance sur ses voisins.
Traditionnellement, le bétail au Swaziland paît dans les champs pendant l’hiver, mangeant les restes des récoltes de maïs et d’autres cultures. Mais Phakathi pratique l’agriculture de conservation sur sa petite ferme à quelques kilomètres à la sortie de la capitale Mbabane.
“Je ne permets pas que le bétail broute dans mon champ parce qu’il dégrade le sol – non seulement en mangeant toutes les tiges de maïs et en laissant le sol vide, mais également en frappant le sol des pattes”, a déclaré Phakathi à IPS.
Pour ses propres vaches, Phakathi coupe une partie du maïs et des herbes et les met de côté. Mais il transforme le reste en paillis pour aider à préserver à la fois l’humidité et la fertilité du sol sur son lopin de terre.
Ses voisins sont très surpris de trouver son champ plein de fourrage alléchant, clôturé, et n’hésitent pas à laisser leur bétail y pénétrer pour paître.
“Je les guette toujours pour qu’ils n’entrent pas dans mon champ”, a déclaré Phakathi.
Le système de pâturage dans le champ est tout à fait problématique au Swaziland, selon Dr Roland Dlamini, directeur des services vétérinaires au ministère de l’Agriculture du Swaziland. Il confirme le point de vue de Phakathi' selon lequel laisser le bétail dans les champs n’endommage pas seulement le sol; et il ajoute que le bétail broute également à l’excès, mangeant tout le fourrage disponible en peu de temps.
“Nous sommes en train de dire maintenant aux agriculteurs de faire de foins et de nourrir leur bétail avec méthode pour avoir suffisamment de nourriture pouvant durer plus longtemps”, a déclaré Dlamini.
“Ceux qui sont dans le bas veld où ils n’ont pas eu une bonne pluie depuis plus de 10 ans, ont maintenant l’habitude de faire du foin parce qu’ils n’ont pas des champs de maïs”.
Un défi pour ceux qui ont adopté la pratique de faire du foin vient des feux de brousse qui brûlent l’herbe avec laquelle les agriculteurs sont censés faire du foin pour leur bétail.
“Ceci est un grave problème dans le pays; les gens brûlent encore la brousse comme ils veulent”, a déclaré Dlamini. “En outre, les feux sauvages finissent par détruire les maisons et les champs, ils entraînent également le manque d’herbe pour le bétail”.
Dlamini a déclaré qu’il faut une politique claire d’utilisation de la terre si des solutions doivent être trouvées pour les questions de pâturage, parce que de précieux pâturages sont en train de se perdre au profit des logements. “Actuellement, nous sommes en train de manquer de terre de pâturage parce que des gens sont en train de construire des maisons dans les zones réservées auparavant au bétail”.
Des modèles, sur la façon de gérer la prairie dans des conditions sèches, viennent d’autres parties de la région, comme la Namibie. Les meilleurs exemples là-bas contrôlent soigneusement le nombre total de bétail et déplacent les troupeaux des environs pour éviter la dégradation du sol ou la destruction de l’herbe disponible.
Mais le conseiller zimbabwéen en agriculture, Dr Tobias Takavarasha, a déclaré qu’il est important de reconnaître que les différents systèmes de pâturage à travers la région traduisent les différentes conditions.
Il a souligné que les éleveurs namibiens ont généralement beaucoup plus d’espace pour la pratique durable de pâturage à l’herbe seule, par exemple, et que les troupeaux du Swaziland ne sont pas guidés strictement par des intérêts commerciaux; les agriculteurs sont réticents à vendre les animaux qui représentent un prestige plutôt qu’un fonds de commerce.
Mais il a déclaré qu’il y a des méthodes adaptées à chaque situation.
“Là où il n’y a pas assez d’herbe, un agriculteur peut nourrir le bétail avec des haricots et du maïs biologiques”, a déclaré Takavarasha.
Bongani Phakathi espère que le message parvienne bientôt à ses voisins pour non seulement le bien de son lopin de terre clôturé, mais également celui de tous.

