MBABANE, 16 fév (IPS) – Jabulile Dlamini* est une jeune fille de seize ans. Elle n'a jamais été embrassée et ne s'attend pas à être embrassée de si tôt ou même à recevoir un quelconque cadeau le jour de la Saint-Valentin.
Tandis que la plupart des filles de sa classe s’emballent à l’idée de recevoir des cadeaux de leurs petits amis le 14 février, Dlamini – qui est séropositive – ne pense pas qu'elle en aura un.
Elle est peu disposée à s'engager dans une relation à cause des complications que son statut sérologique y apportera. Mais cette élève du secondaire admet qu'elle n'est pas insensible à l'amour et qu’elle est attirée par quelqu'un avec qui elle va à l'église.
Il y a une lueur dans ses yeux quand elle parle de son béguin, un garçon qui a déclaré son amour pour elle. Cependant, le fait d'avoir à lui révéler son statut l'empêche de déclarer ses vrais sentiments pour lui. “Je m’inquiète en pensant qu'il pourrait m’embarrasser en allant informer les gens sur mon statut”, déclare Dlamini.
“Je pense qu'il est juste que l’on révèle son statut à son petit ami mais je ne suis pas sûre de la façon dont il le prendra”, dit-elle. “Chaque fois qu'il me propose l’amour je lui dis que je ne peux pas gérer l'école et un petit ami à la fois”.
Mais elle reconnaît que cela ne constitue pas la vraie raison, car la plupart des filles de son âge ont déjà eu leur premier baiser.
Selon le Conseil national d'intervention d'urgence sur le VIH/SIDA, environ 15.000 enfants du Swazi vivent avec le VIH/SIDA et la majorité de ces enfants sont nés avec le virus. La surveillance prénatale dans les centres de santé au Swaziland montre une augmentation de la prévalence du VIH parmi les femmes enceintes, de 39,2 pour cent en 2006 à 42 pour cent en 2008.
A l'école, les amis de Dlamini non plus ne sont au courant de son statut car elle est préoccupée par la stigmatisation et la discrimination qui sévissent toujours au Swaziland. Le Swaziland a le taux d’infection le plus élevé au monde. Près de 26 pour cent de la population âgée de 15 à 49 ans sont séropositifs.
Dlamini n’a découvert son statut que six ans après le décès de son père.
“J'avais toujours été une enfant malade et ma mère m’amenait vers les guérisseurs traditionnels, mais ma condition ne s'est pas améliorée”, confie-t-elle. “J'avais des éruptions sur tout le corps et cela a eu une incidence sur mes résultats à l'école parce que j'étais absente la plupart du temps”.
Son père, un mineur, est mort en 2001. Mais la mère de Dlamini croyait que le décès de son mari et la maladie subséquente de sa fille étaient dus à la sorcellerie.
La mère de Dlamini a continué à l’amener chez les guérisseurs traditionnels jusqu'à ce que leurs proches lui conseillent de demander de l'aide médicale.
En 2007, la mère et la fille ont été envoyées à 'Baylor College of Medicine Children's Foundation-Swaziland' (Fondation des enfants de l’Université de médecine Baylor du Swaziland -BCMCFS) pour les conseils sur le VIH et le dépistage.
Dlamini a été déclarée séropositive suite à un test de dépistage et sa mère, une vendeuse de nourriture au marché de Mbabane, a été également déclarée séropositive.
“Lorsque le médecin m'a dit que j'étais infectée par le VIH, j'ai pleuré et demandé à ma mère comment je l'ai eu. Elle m’a répondu que je suis née avec le virus”, raconte Dlamini.
Elle n'avait que 13 ans à l'époque et elle a été immédiatement placée sous la Thérapie anti-rétrovirale (TAR). Grâce aux conseils approfondis, et l’adhésion au Club des adolescents de la BCMCFS (là où elle continue de recevoir gratuitement la TAR), Dlamini a pu accepter que “vivre avec le VIH n'est pas une condamnation à mort”.
Officiellement ouverte en 2006, la BCMCFS offre un refuge sûr pour les enfants et les jeunes adultes vivant avec le VIH. Un total de 1,500 enfants font actuellement partie de la BCMCFS où ils reçoivent des conseils, passent le test de dépistage, s’initient au traitement et se font introduire dans un groupe de soutien. Dès qu’elle a pris conscience qu’une génération d'enfants nés avec le VIH était devenue adolescente, la BCMCFS a démarré le Club des adolescents.
Environ 200 adolescents à travers le pays font partie du Club des adolescents avec deux sites dans les capitales administrative et commerciale du Swaziland. Deux autres sites sont encore à mettre en place dans d'autres régions du pays.
“Plus on amène les enfants à comprendre tôt leur statut, mieux ils font face au VIH/SIDA”, déclare Dr Hailu Sarero, directeur de la BCMCFS.
Mais s’occuper de ces enfants est un grand défi pour la BCMCFS parce que la plupart d'entre eux sont orphelins d’un parent ou des deux. La sécurité alimentaire et le fait de faire face à des parents qui les maltraitent constituent un défi plus grand, affirme Sarero.
“Ces questions ne sont pas faciles et nous travaillons en partenariat avec d'autres organisations”, indique Sarero. “En tant qu'organisation, nous ne pouvons que faire beaucoup”.
Mais pour Dlamini, l'organisation change beaucoup sa vie. Une fois par mois, elle rencontre d'autres adolescents vivant avec le VIH dans le centre. Ici, les adolescents vivant avec le virus se réunissent pour parler de leurs préoccupations.
Le club traite d’un ensemble de sujets, notamment la façon de bien prendre les antirétroviraux (ARV); la pathologie du virus et la façon dont il est transmis; la façon de révéler son statut aux amis et aux pairs ; la nutrition et le VIH; et la façon de rester concentré sur ses rêves.
“J'ai un ami au Club des adolescents à qui je me confie sans gêne, en particulier sur des questions relatives au VIH/SIDA”, dit-elle. She says that being part of the club has also helped her gain a measure of confidence and she no longer shy around people. Although she is not ready for dating, she says that now she relates much better to the opposite sex than she did in the past. Elle affirme que le fait de faire partie du club l’a également aidée à gagner une dose de confiance et qu’elle n'a plus honte parmi les gens. Bien qu’elle ne soit pas prête pour sortir avec quelqu’un, elle affirme qu’elle communique beaucoup mieux maintenant avec le sexe opposé que par le passé.
“L'interaction avec beaucoup d'enfants dans ma situation au club m'a amenée à comprendre que je ne suis pas seule dans cette situation”, confie-t-elle. According to Dr Douglas Blank, the coordinator of Teen Club, HIV-positive children deal with intense issues at a very young age which is a major emotional strain for them. Selon Dr Douglas Blank, le coordinateur du Club des adolescents, les enfants séropositifs font face aux problèmes intenses à un âge très jeune, ce qui est trop stressant pour eux.
“Le Club des adolescents offre un environnement sans stigmatisation pour les aider à s’en sortir”, souligne Blank.
Blank explique que tous les enfants traversent l’étape de l'adolescence volatile, ce qui est une transition complexe de l'enfance à l'âge adulte.
Tandis que les adolescents sont tenus de se débattre avec les changements physiques et émotionnels, ajoute-t-il, les exigences de la culture, du genre, de la mondialisation et de la pauvreté ont poussé des millions d'adolescents à assumer les responsabilités des adultes.
“Ces défis sont aggravés pour les adolescents vivant avec le VIH/SIDA”, indique Blank.
La plupart des membres du club ne reflètent pas leur âge à cause de retard de croissance. La malnutrition est un défi sérieux chez les enfants séropositifs parce que, selon Blank, l'organisme exige une quantité d'énergie accrue pour combattre les maladies constantes fréquentes chez les enfants atteints du VIH.
“En effet, la plupart de ces enfants n’ont pas atteint la puberté à cause du VIH/SIDA”, affirme Blank.
Mais Dlamini se dirige vers elle. Elle a participé à un récent camp de weekend du Club des adolescents au cours duquel des discussions ont eu lieu sur le développement des adolescents.
“Après cette expérience, j'ai noté que je suis comme n'importe quel autre enfant et je traverserai les étapes que tous les enfants traversent – Y compris le fait de sortir avec quelqu’un”, déclare-t-elle avec un sourire malicieux.
*Le nom a été modifié pour protéger l’identité de la mineure.

