LUSAKA, 9 jan (IPS) – Les téléphones cellulaires sont rapidement devenus un moyen de communication populaire et efficace en Zambie, mais leur utilisation a été concentrée dans les zones urbaines. Le gouvernement et les ONG tentent maintenant d'étendre ces services aux populations rurales.
L'Autorité des communications de Zambie (CAZ) affirme que seulement quatre personnes, sur les 12 millions que compte le pays, sont capables d'utiliser des téléphones cellulaires, avec une grande partie de la population rurale non desservie par les trois fournisseurs commerciaux de services de téléphonie mobile.
Le réseau des communications de la Zambie est confronté à plusieurs obstacles pour son développement, notamment des niveaux élevés d'analphabétisme dans les communautés rurales, une infrastructure de téléphone fixe obsolète, et le manque d'investissement dans les zones rurales où le secteur privé voit peu de chance de profits provenant des collectivités locales, majoritairement pauvres.
Les trois fournisseurs commerciaux de téléphonie mobile dépendent tous de la passerelle de connexion internationale détenue par le gouvernement, qui ne peut être utilisée que là où il y a des tours de relais et des boosters d'antenne.
Mais une initiative sur les technologies de l'information et de la communication (TIC) est en train de promouvoir l'utilisation des cabines téléphoniques publiques à énergie solaire dans les zones non couvertes par le réseau national des télécommunications, utilisant des antennes satellites pour capter un signal de téléphone.
'Connect Africa' mène un projet pilote dans les districts de Mumbwa et de Kaoma dans la Province occidentale, donnant aux populations, dans ces deux communautés rurales, l'accès aux téléphones publics relativement bon marché.
“Nous avons encore beaucoup de gens dans ce pays qui n'ont aucun accès aux moyens de communication moins coûteux et abordables, notamment dans les zones rurales. Cela ne devrait pas être le cas dans à cette époque, où les TIC sont presque partout”, explique Dean Mulozi, coordinateur national pour 'Connect Africa'.
“Il y a une forte demande pour ces services. Nous voulons élargir le programme afin de couvrir l'ensemble du pays et satisfaire tous les districts ruraux. Tous les districts non connectés (au réseau de téléphonie mobile) doivent être atteints”, ajoute Mulozi.
Dans les deux districts où le projet est en cours d'exécution, la demande pour le service de téléphone a déjà dépassé l'offre, avec des milliers de gens qui marchent jusqu'à 10 kilomètres pour effectuer des appels.
A Kaoma, il y a seulement six combinés qui desservent environ 4.000 personnes par téléphone. Lubinda Sitenge, un fermier de 40 ans à Kaoma, utilise le téléphone pour se renseigner sur l'arrivée des produits agricoles au dépôt le plus proche et vérifier les prix pour sa récolte qui vient.
Il était habituellement obligé de parcourir plus de 20 kilomètres à pied pour obtenir ces informations fondamentales; de nos jours, si les produits n'ont pas été livrés, si le prix du gouvernement pour sa récolte n'a pas encore été fixé, ou s’il n'est pas content de ce que le marché est en train d'offrir, il attend tout simplement à la maison.
“Parfois, à cause de la distance, nous écrivions une lettre et demandions à quelqu'un qui va près du dépôt ou du bureau de l’agent agricole du district de remettre cela pour nous”, déclare Sitenge.
“Mais nous n’étions pas en mesure d'obtenir une réponse de là-bas et puis, puisque l’agent disait qu'il communiquerait par l'intermédiaire du chef. Alors, nous continuions d’attendre pendant des semaines et parfois des mois avant que nous n’obtenions le message. Mais avec les téléphones maintenant, nous sommes en mesure d'obtenir une réponse immédiatement”.
Le gouvernement de la Zambie reconnaît la faim pour les télécommunications dans les zones rurales. La politique nationale des technologies de l'information et de la communication (NTIC) vise à améliorer cet accès.
Le professeur Godfrey Lungwangwa, ministre des Communications et des Transports, affirme que le gouvernement a engagé tous les acteurs, y compris le secteur privé, dans la recherche et la mise en œuvre des solutions pour donner aux zones rurales l’accès aux moyens de communication dont bénéficient les centres urbains.
“Les technologies de l'information et de la communication sont aujourd'hui plus au centre du développement qu'à aucun autre moment dans l'histoire. Sans les moyens de communication, il est pratiquement impossible pour le monde d'être ce qu'il est aujourd'hui, en termes de politique, de commerce et des échanges, de travail social en réseau ou de bien-être personnel”, souligne Lungwangwa.
Dans le cadre de sa stratégie, le gouvernement envisage d'ouvrir des centres téléphoniques ruraux qui offriront l’accès au téléphone ainsi qu’à l’Internet haut débit. Les NTIC visent particulièrement à intégrer les TIC dans la réforme et l’appui du secteur agricole; et les informations sur les prix, la disponibilité des choses comme les semences ou l’engrais, ou les prévisions météorologiques, seront un élément important du processus.

